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    Entreprises

    Sidérurgie: Dernière chance de relance!

    Par Safall FALL | Edition N°:4765 Le 04/05/2016 | Partager
    Une nouvelle représentativité pour de nouvelles priorités
    Matière première, énergie et investissements… les synergies impératives à trouver [scald=2119:sdl_editor_representation]
    L’automobile, l’aéronautique et les EnR, les pistes de relance à ne pas rater

    Les sidérurgistes veulent reprendre leur destin en main. Pris en sandwich entre une surcapacité locale et le tsunami chinois sur le marché mondial de l’acier qui malmène les business, les opérateurs croient dur comme fer à la survie du secteur. Les huit acteurs membres de l’Association des sidérurgistes au Maroc (ASM) viennent de renouveler leur représentativité et remettre au goût du jour leurs priorités stratégiques. En tête de liste, figure une intégration améliorée en amont de la chaîne, en valorisant les déchets ferreux. Ce chantier devrait contribuer à régler une vieille problématique d’accès à la matière première, en l’occurrence la ferraille. C’est d’ailleurs l’un des  passages obligés que devra emprunter le secteur pour relever sa compétitivité et les majors semblent en être conscients. Quelques gros projets d’investissement sont en cours de réalisation. C’est le cas par exemple des 500 millions de DH que s’apprête à investir Sonasid, avec un partenaire européen, dans l’activité de démantèlement de navires en fin de vie sur la plateforme de Jorf Lasfar. Le volume attendu est estimé à près de 300.000 tonnes. Ce qui devrait faire du bien à la balance commerciale du Royaume. «C’est sur ce chantier, par exemple, que les synergies opérationnelles entre acteurs se joueront en priorité, ainsi que sur celui de la compétitivité énergétique», explique Amine Louali, président de l’ASM. Sur ce chantier, d’ailleurs, la corporation est déjà en négociation avec la Société de l’investissement énergétique (SIE). L’objectif est d’accélérer le recours aux énergies renouvelables pour gagner en efficacité. Cette transition est incontournable. Ces mêmes impératifs d’efficience opérationnelle s’appliquent aussi à la supply chain, les politiques de distribution, la gestion des stocks dans un marché aux cours fluctuants, etc. Il s’agira, au final, de «développer une meilleure compétitivité des unités sur le plan technologique, énergétique et de rentabilité», résume Louali. Les opérateurs promettent aussi de maintenir l’effort d’investissement, malgré un léger essoufflement observé ces dernières années. Mais l’accent sera désormais mis sur les ressources humaines et la qualité du produit, au détriment des extensions des capacités, qui  dépassent d’ailleurs largement les besoins du marché.  
    L’opportunité stratégique du Plan d’accélération industrielle (PAI) a conduit à la signature de deux contrats de performance entre l’Etat et les acteurs nationaux. L’un rentre dans le cadre des écosystèmes des matériaux de construction et la Fédération des matériaux de construction (FMC). Quant à l’autre, il intègre ceux de la chimie et parachimie. L’industrie mise aussi sur la montée en régime des secteurs de l’automobile et de l’aéronautique, ainsi que les énergies renouvelables (EnR) pour relever le niveau de son business.  Maghreb Steel a déjà intégré le dispositif sourcing de Renault au Maroc, et serait entrée en négociations avec le groupe PSA pour son unité de Kénitra.
    En filigrane, l’Etat essaie d’assurer aux industriels leurs arrières. Il a rempli ses obligations en protégeant, au mieux, le marché, frôlant le protectionnisme. Deux mesures de sauvegarde visent les importations de fil machine et de fer à béton, d’une part, ainsi que des tôles laminées à froid et des tôles plaquées ou revêtues, d’autre part. Les dispositions prises s’appliqueront jusqu’en 2019. Mais ces mesures ont un prix. En les mettant en place, l’Etat met aussi au défi les géants du secteur censés profiter de l’aubaine pour se refaire une santé dans des conditions de marché optimales. Parmi les premiers concernés, Maghreb Steel, qui fait le gros de la production nationale des aciers plats. L’accord tripartite de restructuration de l’entreprise, signé en mai dernier, intégrait en effet la mise en place de cette «protection» qui devait accompagner le retour progressif à l’équilibre opérationnel. Reste à savoir si la combinaison de tous ces facteurs relèvera la compétitivité et l’attractivité du secteur.

    Un marché mondial de l'acier en chamboulement

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    Face aux géants occidentaux du secteur, la Chine profite de l’essoufflement de son activité intérieure du BTP et construction pour inonder le marché de sa production

    En 2015, la production mondiale a été de 1,6 milliard de tonnes. A noter que 6 des 10 plus grandes entreprises mondiales sont chinoises, mais la plus grande est indienne, avec des implantations largement délocalisées. L’année dernière, la production mondiale a légèrement baissé. En 2015, Pékin a été reconnu coupable de dumping sur les tubes d’acier; d’autres enquêtes sont en cours sur différents dérivés d’acier.  On estime, sans en être sûr, que les capacités installées en Chine dépassent la production de 300 à 400 millions de tonnes; autrement dit, Pékin est capable, avec peu d’aménagements et dans des délais assez courts, de fournir les trois quarts de la consommation planétaire d’acier brut. La «surcapacité chinoise (donc la féroce guerre des prix mondiaux) et l’atonie du BTP marocain sont à l’origine de ses contre-performances», dit la Sonasid, contre-performances ayant motivé un profit warning en février dernier. Le total de la production marocaine est de 1,5 million de tonnes, soit un peu moins de un pour mille de la production mondiale. Selon une étude datée de 2013, Bank Al-Maghrib évalue que les capacités installées dans le Royaume sont plus de deux fois supérieures à la production.
    L’association World Steel, regroupant les sidérurgistes mondiaux,  pense que la demande mondiale recommencera à croître en 2017 ou  plus probablement en 2018, mais il faudrait que la Chine démantèle réellement ses surcapacités.

     

    Repères

    Un chiffre d’affaires de près
    de 10 milliards de DH
    Plus de 4.000 emplois directs
    Plus de 12 milliards de DH
    d’investissements cumulés
    Une demande locale de plus
    de 2 millions de tonnes
    58 kg/habitant/an, c’est la consommation
    marocaine de l’acier, contre 122

                                                                

    Elalamy veut "aller plus loin"

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    Ministre du Commerce, de l’Industrie, de l’Investissement et de l’Economie numérique, coiffant aussi un ministère délégué chargé du Commerce extérieur (géré par Abbou Mohamed), Moulay Hafid Elalamy considère que la sidérurgie «mérite d’être accompagnée pour qu’elle soutienne la politique des métiers mondiaux du Maroc et des écosystèmes industriels», même si elle-même ne fait pas partie de ces métiers.  Le ministre annonce que Maghreb Steel, moribonde il y a quelques mois, reprend du poil de la bête en fournissant des tôles à Renault. Il semble qu’elle ait eu un résultat d’exploitation positif pour le premier trimestre de 2016.
    Elalamy souhaite aller plus loin autour des dérivés du métal et favoriser l’investissement d’industriels utilisateurs de ces produits. En guise d’ouverture, il cite le matériel agricole, voire le tracteur lui-même (fortement subventionné et totalement importé) ou encore les vélos et les outils divers.

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