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    Economie

    Changements climatiques
    L’Afrique peine à exploiter ses potentialités

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4762 Le 29/04/2016 | Partager
    Elle abrite 70% des terres cultivables, mais importe 50 milliards de dollars d’aliments
    Pourtant, le continent peut profiter de la croissance verte mieux que les pays développés
    Recrudescence des cycles de sécheresses et d’inondations

    C’est connu, l’Afrique est l’un des continents les plus touchés par les changements climatiques. En effet, «les pays africains concentrent toutes les vulnérabilités», selon Hakima El Haité, ministre de l’Environnement, lors de la 2e édition de la conférence Africa 2025. Dégradation du sol, pénurie d’eau… autant de maux dont souffre le continent. Une situation compliquée par l’évolution préoccupante des catastrophes naturelles. «Après avoir été une exception, ces événements sont devenus la norme», a souligné El Haité, qui a rappelé qu’en 2013-2014, le continent a été victime de 800 catastrophes naturelles. Ce qui s’est traduit par une perte de 4% du PIB africain. Les pays subsahariens font les frais, depuis quelques années, de «cycles de sécheresses et d’inondations», selon Amadou Mahtar Ba, co-président Africa 2025. Il a rappelé les exemples de l’Ethiopie, touchée actuellement de la plus forte sécheresse de son histoire, plus grave que celle des années 80. Idem pour le Mozambique qui a été ravagé, il y a quelques années, par des inondations sans précédent. Globalement, 600.000 personnes ont perdu la vie dans le monde à cause des catastrophes naturelles et des changements climatiques, qui touchent plus de 4 milliards de personnes, a indiqué Amadou Idrissa Bokoye, physicien de l’environnement, basé au Canada.
    Aujourd’hui, les intervenants à cette conférence ont été unanimes sur le lien entre changements climatiques et multiplication des phénomènes extrêmes. «Généralement, quand nous parlons de catastrophes, nous ne faisons pas automatiquement le lien avec le réchauffement planétaire». Et «c’est l’homme qui est le principal responsable de cette situation, notamment à cause des modes d’utilisation de l’énergie ou encore par les modalités d’aménagement de l’urbanisme», a noté pour sa part Mostapha Mellouk, co-président Africa 2025. D’où l’importance de la signature de l’Accord de Paris, qui «traduit, depuis la tenue de la COP21, une prise de conscience des enjeux climatiques et une acceptation de la responsabilité des hommes d’au moins une partie du réchauffement planétaire», selon Wassalké Boukari, ministre de l’Environnement du Niger. C’est surtout l’homme qui fait les frais de ces dérèglements. Actuellement, «la plus grande partie des réfugiés est motivée par des craintes liées aux changements climatiques plutôt que par les guerres», a-t-il ajouté. Un constat confirmé par El Haité qui a précisé que «le flux des migrations liées aux menaces climatiques ou à la pauvreté a atteint des records, avec plus de 48 millions de personnes».
    Cependant, l’Afrique, considérée actuellement comme l’un des principaux gisements de croissance dans le monde, n’arrive pas à exploiter toutes ses potentialités. «Le continent abrite 70% des terres cultivables, qui attirent plusieurs investisseurs étrangers, dont les activités sont surtout destinées à l’export», a indiqué Mahtar Ba. En face, l’Afrique «exporte près de 65% de ses ressources naturelles sans aucune valeur ajoutée, et dépense plus de 50 milliards en termes d’importations de produits alimentaires», a déploré Hakima El Haité. D’où «l’urgence de cerner les opportunités que recèle le changement climatique», selon Mahtar Ba. L’Afrique «peut aujourd’hui faire un choix de développement basé sur la croissance verte. Un virage difficilement négociable dans les Etats développés».

    Des financements à saisir

    Au moment où l’Afrique souffre des effets du changement climatique, elle reste loin de profiter des financements internationaux destinés à l’adaptation. Les dernières années, ce sont l’Inde et la Chine qui ont le plus profité de ces fonds, parce qu’ils ont su bien ficeler leurs dossiers et présenter des projets bancables, a expliqué Mostapha Mellouk. Aujourd’hui, sur les 62 milliards de dollars mobilisés dans le cadre des financements verts, l’Afrique n’a pu décrocher que 188 millions, à cause du manque de savoir-faire en termes de préparation des dossiers, a déploré Hakima El Haité. D’où l’importance de la collaboration avec le Maroc, «prêt à transférer son expertise». Le centre des compétences climatiques à Rabat a été déjà ouvert à cette coopération, «afin de renforcer les capacités des pays africains en termes de négociations et de préparation des projets d’adaptation».

     

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