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Analyse

Boubrik au Club de L’Economiste
Une libéralisation plus poussée pour l’assurance automobile

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:4756 Le 21/04/2016 | Partager
L’individualisation du tarif est inéluctable
La garantie de l’Etat saute pour la réassurance
Un nouveau contrat-programme pour le secteur
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Le secteur des assurances pèse plus de 28 milliards de DH.
Dans l’assurance non-vie l’automobile reste le principal moteur alors que le développement de la vie est attribué à la bancassurance

Le secteur des assurances s’apprête à franchir un nouveau cap. L’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) annonce plusieurs chantiers. La refonte du code des assurances, poursuite de la libéralisation des critères de tarification auto et la révision de la base de la solvabilité des compagnies sont les plus emblématiques. «Nous sommes 2e sur le continent africain et 3e dans la région Mena. Si nous ne faisons pas attention, d’autres vont nous dépasser», prévient Hassan Boubrik, président de l’ACAPS lors du Club de L’Economiste.

■ Nouveau contrat-programme et poursuite de la libéralisation auto
Les travaux sur un nouveau contrat-programme vont bientôt démarrer alors même que plusieurs mesures envisagées dans l’ancien n’ont pas été mises en application. Ce contrat-programme devrait mettre en place des objectifs clairs et réalistes. Le paquet devra être mis sur la formation, l’innovation et l’effort commercial. Des mesures d’accompagnement d’ordre légal ou réglementaire devront être mises en place: elles ne devraient pas constituer le socle de ce programme.
L’Autorité de contrôle n’écarte pas non plus la poursuite de la libéralisation des critères de tarification automobile. «Dix ans après la libéralisation de l’automobile, il est temps d’aller vers plus de libéralisation. Ailleurs, une individualisation même du tarif est en train de se mettre en place, rendue possible par les nouvelles technologies. Le tout est de mettre le bon dosage entre la mutualisation et la personnalisation, laquelle est inéluctable», souligne Boubrik. Ce chantier devrait faire l’objet de beaucoup de précautions et de concertations avec les intermédiaires, les compagnies d’assurances et les assurés. La progressivité et la prudence devraient être la ligne de conduite.
 
■ Le code des assurances sera revu
La refonte du code des assurances est l’un des chantiers auquel l’ACAPS compte s’attaquer durant les prochains mois. Le texte actuel a été préparé à la fin des années 1990, pensé durant la période de l’assainissement et appliqué en 2002. «Le code est très imprégné de la période de l’assainissement. Il ne laisse pas beaucoup de flexibilité et de marges à l’innovation et à l’agilité des acteurs pour que le secteur puisse se développer», indique le patron de l’ACAPS.

■ Le salut de la Bourse dans les nouveaux métiers
Si la baisse de la Bourse perdurait,  cela serait inquiétant pour les compagnies d’assurances. «Nous avons une situation inédite car les taux d’intérêt sont bas et le marché n’est pas performant», souligne Boubrik. L’impact de la baisse de la Bourse s’est fait sentir sur les résultats financiers 2015 du secteur, lesquels ont baissé de 8%.
La situation du marché boursier est plutôt paradoxale: le Maroc est bien noté par les agences, jouit de la confiance des investisseurs et de la stabilité politique… mais la Bourse ne suit pas.  Des chantiers de relance sont en cours dont la  démutualisation. L’injection de papier neuf serait un bon signal via une ou deux opérations y compris d’entreprises publiques.  «Mais la Bourse doit aussi refléter davantage l’économie et son salut se trouve dans les secteurs dynamiques et les nouveaux métiers du Maroc», soutient Boubrik.
 
■ La baisse de la Bourse? Pas déstabilisante!
Les rendements des portefeuilles vie diminuent et les compagnies opèrent les ajustements nécessaires. «Les taux faibles sont liés à une faible inflation. Dans ces conditions, continuer à servir des taux obligataires de 5 et 6% n’a pas de sens. In fine ce qui est servi à l’assuré, c’est un taux réel qui doit tenir compte de l’inflation», explique Boubrik.
Si la situation de la Bourse devait perdurer, les compagnies d’assurances vont ajuster leur position et opérer les provisionnements nécessaires. Ce sont des investisseurs à long terme et la baisse de la Bourse n’est pas jugée déstabilisante.
 
■ Placements dans l’immobilier:  Assouplissement en vue
Les compagnies d’assurances seront beaucoup plus libres dans leur politique de placement une fois le référentiel de solvabilité basé sur le risque en place. En attendant, l’ACAPS estime qu’il est difficile d’aller plus loin avec le même niveau de fonds propres. 40 à 45% des placements sont effectués dans les actions.
Par ailleurs, à l’étranger, les compagnies sont autorisées à effectuer des placements dans la limite de 5% (NDLR: du montant total de l’actif de l’entreprise). Un niveau qui n’est pas atteint. «Cela ne sert à rien d’assouplir si les marges qui sont là ne sont pas utilisées. En revanche, des ajustements sont à faire au niveau de l’immobilier et le fameux privilège dont disposent les assurés leur assurant ainsi plus de sécurité. Car une fois qu’un bien immobilier est dans les réserves, il est hypothéqué», souligne Boubrik. Il faudrait adapter cette approche et l’assouplir pour accorder plus d’agilité aux compagnies. Le tout en mettant en place des garde-fous par rapport aux conflits d’intérêts et la conformité.
 
 

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Hassan Boubrik, président de l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale: «Nous voulons un réassureur fort de ses capacités financières et son expertise»
(Ph. Khalifa)

■ Réassurance: La garantie de l’Etat saute
Avec le démantèlement de la cession légale, la Société centrale de réassurance (SCR)  n’a plus de monopole de fait.  En revanche, elle dispose toujours du privilège de  la garantie de l’Etat et de l’admission des créances  en représentation des réserves. Le privilège d’admission des créances sera supprimé dans quelques mois. Nous voulons un réassureur national fort de ses capacités financières et de son expertise. Il devrait aussi et  nécessairement avoir une dimension régionale et internationale, le marché de la réassurance étant par définition un marché international. Le rôle d’un réassureur n’est pas de faire le courtier ou de prêter son bilan, notamment sur les facultatives, qui sont rétrocédées par la suite en quasi-totalité vers d’autres réassureurs. En revanche, nous sommes favorables à une réglementation qui oblige les compagnies à utiliser de manière appropriée les capacités nationales, y compris en réassurance, avant d’aller sur le marché international.
 

■ Tables de mortalité: Les référentiels seront adaptés
Construire une table de mortalité est un exercice long et coûteux. «C’est un sujet que nous allons aborder avec le secteur. Il est important surtout dans la branche vie», souligne Hassan Boubrik, président de l’ACAPS. Dans le cas par exemple de l’assurance décès liée au crédit logement, la plupart des opérateurs sont passés de la prime unique à la prime annuelle, puisque les tables ne sont plus adaptées. Et les compagnies ne constituent plus les provisions. «Nous allons adapter les référentiels qui existent de manière à ce que les provisions soient constituées sans pénaliser ni les assurés ni les compagnies», indique Boubrik.

■ CIMR: La transformation en mutuelle entamée
La CIMR devra se transformer en société mutuelle. Cette caisse qui a pendant longtemps fonctionné avec le statut d’association dispose de 24 mois pour opérer la mutation. Le processus est aujourd’hui entamé. Avec la nouvelle loi, la CIMR sera sous le contrôle totale de l’ACAPS.   

■ Un compromis pour les fonds de la CNSS à la CDG
Les fonds de la CNSS (30 milliards de DH) gérés par la CDG sont à l’origine de débats depuis plusieurs années. Sur ce dossier, les positions ont évolué. La gestion de ces fonds par la CDG ne serait plus remise en cause. La CNSS demande en revanche que ses fonds soient gérés à travers un portefeuille lui donnant accès à toutes les classes d’actifs et à toutes les opportunités d’investissement, dans le cadre d’une gouvernance adaptée. Ce changement ne concernerait que les flux futurs. «Il faut que les deux institutions discutent entre elles et soumettent leur accord aux autorités publiques», soutient le patron de l’ACAPS.

 

 

 

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