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    Régions

    Diplomatie culinaire: Le pari réussi de Fès

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:4754 Le 19/04/2016 | Partager
    Réflexions, mets et intermèdes musicaux… la recette du succès
    Une académie d’art culinaire vivement sollicitée
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    La diplo-gastronomie réussit bien là où échoue parfois la politique. Le festival initié par Faouzi Skali a créé une jonction entre Fès, Palerme, Montpellier, Istanbul, Séville, Berlin et Beyrouth… six villes méditerranéennes (Ph. YSA)
     

    Pari réussi pour les organisateurs du 1er festival de la diplomatie culinaire qui s’est tenu, du 14 au 17 avril, à Fès. L’événement a permis de rapprocher les cultures tout en revisitant les merveilles de l’art culinaire judéo-marocain, fassi et berbère. Co-présidé par Faouzi Skali et Kamal Lahlou, l’événement a été initié en partenariat avec la commune de Fès et le groupe Eco-Médias. D’emblée, il a réussi à rétablir une certaine paix entre le Maroc et l’ONU, dont un responsable de l’Office de Genève (ONUG) a assisté à tout le festival. Il s’agit de Francesco Pisano, chef de la bibliothèque de l’ONUG, qui est venu en «escapade amoureuse» pour la gastronomie marocaine, mais aussi pour présenter le livre de son directeur, Michael Moller, «Recettes pour la paix, les droits & le bien-être». Comme quoi la gastronomie réussit bien là où échoue la politique, surtout en ces «temps troubles» entre le Maroc et Ban Ki-moon.
    Pour Faouzi Skali, initiateur de l’événement, «ce festival constitue un message de paix et de coexistence pour les peuples des deux rives de la Méditerranée». Cette première édition a invité les différentes cultures méditerranéennes à se mettre «autour d’une table» pour évoquer leurs patrimoines et cultures communes et susciter un dialogue entre les deux rives du bassin méditerranéen. Organisée sur le thème: «Diplomatie culinaire et cultures méditerranéennes au service de la paix», cette manifestation est inscrite désormais dans le calendrier culturel de la ville. D’ailleurs, Driss El Azami El Idrissi, maire de Fès, a promis «de la soutenir à l’infini… puisqu’elle enrichit l’animation culturelle de la capitale idrisside et tend à encourager le

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    Intermèdes musicaux, débats, films et réflexions… autour d’une table. Tel était le programme du 1er festival de la diplomatie culinaire. Un pari réussi pour ses initiateurs qui recommandent la création d’une académie de gastronomie marocaine (Ph. YSA)

    tourisme et la promotion de la destination». Même son de cloche auprès de Abdelhadi El Mernissi, président de l’Association des hôteliers de la ville et également directeur du festival, qui a vivement sollicité la création d’une académie d’art culinaire à Fès, précisément à Borj Sidi Bounafae, fraîchement restauré. L’idée de cette académie est inspirée de sa jumelle Madrid (Espagne). «Elle devrait développer des activités culinaires, mais surtout sauvegarder la gastronomie marocaine et judaïque», propose El Mernissi. D’autres intervenants ont souhaité que les conférences du festival, désormais annuel, soient tenues au sein de cette académie. Celles de cette première édition ont été animées par de grands chefs cuisiniers, auteurs culinaires, historiens et autres experts. Y figurent notamment Meryem Cherkaoui, Inaki Gamba, Maguy Kakon et Fatima Amehzoune. Durant leur débat, une expression originale en écho avec le concept de ce festival «La diplo-gastronomie», une expression du «soft power  sur la scène internationale», alimentait les réflexions sous différents angles.  
    Tel un voyage dans la Méditerranée, de l’historien géographe du 12e siècle, Al Idrissi, né au Maroc, avait dressé l’œuvre cartographique la plus complète de l’époque, en arabe, en mettant l’accent sur les routes commerciales qui furent capitales, et les marchés qui en découlent dans certaines villes. Ce parcours dégustatif a été emprunté par le festival pour revisiter les patrimoines gastronomiques arabo-andalou, amazigh et judaïque de la région Fès-Meknès, mais aussi ceux de Séville, Montpellier, Berlin, Palerme, Istanbul et Beyrouth… en présence des ambassadeurs d’Espagne, de Turquie et bien d’autres convives.

    Une clôture en apothéose

    La province de Sefrou a offert aux «diplomates culinaires», dimanche dernier, un déjeuner berbère sur le site merveilleux de l’hôpital des spécialités respiratoires sur les hauteurs du Moyen-Atlas. «Pour la petite histoire, c’est ici que Lahcen Lyoussi, alors caïd chez les colons, avait reçu SM le Roi Mohammed V et le prince héritier Moulay El Hassan en 1946, pour un déjeuner mémorable», raconte Omar Azizi, fils d’un résistant proche de Lyoussi. En tout cas, à l’occasion du festival, Abdeslam Zougar, gouverneur de la province, a accueilli chaleureusement les 1.000 convives sous les tentes amazighes. Ce fut une clôture en apothéose à côté des cascades, et avec une vue panoramique sur Fès et Sefrou.

    De notre correspondant,
    Younes SAAD ALAMI

     

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