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    Economie

    Réassurance: Des doutes sur le rebond du marché

    Par Ayoub IBNOULFASSIH | Edition N°:4752 Le 15/04/2016 | Partager
    Africa Re se maintient malgré un effet de change
    Le groupe prévoit une croissance très limitée pour 2016
    Axa apporte un soutien «technique» à la société
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    «La reprise de la croissance de l’économie mondiale et la hausse des taux d’intérêt américains sont les deux éléments qui peuvent provoquer un regain de dynamisme du marché de réassurance sur le continent», analyse Corneille Karekezi, directeur général d’Africa Re (Ph. Mofik)

    La réassurance n’échappe pas aux effets indésirables du ralentissement de l’économie mondiale. La situation du secteur reste largement déterminée par l’évolution du taux d’intérêt, la volatilité des marchés et le montant des sinistres à caractère catastrophique.
    Corneille Karekezi, directeur général d’Africa Re, nous éclaire sur les perspectives du secteur en marge du dernier conseil d’administration de la société africaine de réassurance.

    - L’Economiste: Quelles sont les principales résolutions prises lors du conseil d’administration?
    - Corneille Karekezi:
    Le conseil d’avril a été spécialement réuni pour approuver les états financiers de l’exercice 2015. Et le bilan est plutôt mitigé. Bien que les réalisations soient en retrait par rapport à l’an dernier, je peux vous dire que les résultats annuels ont été décents, corrects. Cette baisse intervient pour deux raisons majeures: la première est que nos états financiers sont consolidés en dollars américains. Sachant que, par exemple, près de 22% de notre chiffre d’affaires global émane de l’Afrique du Sud et que celle-ci a vu sa monnaie fortement dévaluée en 2015 face au dollar.
    Puis il y a l’environnement mondial. La conjoncture n’a pas été favorable sur pratiquement tous les marchés. Aux Etats-Unis par exemple, l’indice S&P a fait 1% de croissance en 2015 alors que nous avions prévu 8% dans notre budget. Le marché financier de Nairobi a enregistré également un recul de 24%. Par conséquent, le potentiel du marché nos revenus de placements financiers ont baissé de 47%. Historiquement, cela ne s’est produit qu’une seule fois, en 2008.  Et c’est la raison pour laquelle les résultats sont en baisse de 13%. Néanmoins, notre retour sur investissement en dollars ressort à 13,6%. Pour une société notée A- par les agences de notation, ce rendement n’existe nulle part ailleurs.

    - Quelles sont vos prévisions en termes de chiffre d’affaires pour 2016? Et quelle visibilité sur l’avenir du secteur en 2017?
    - A vrai dire, nous manquons totalement de visibilité. D’ailleurs, nous revoyons nos prévisions chaque mois. Une croissance très limitée, voire une croissance zéro, en dollar, c’est ce que nous avons prévu pour 2016.
    Sur le marché sud-africain qui occupe une part significative du chiffre d’affaires, il y a une probabilité de 60% à ce que le rand, qui se situe au alentour de 14 dollars en ce moment, aille à 16 sur le court-moyen terme. Sachant qu’il y a dix ans, un dollar s’échangeait contre 6 rands. D’autres éléments d’ordre géopolitique auront certainement leur mot à dire et risquent d’affecter de façon mécanique, à la baisse, nos réalisations. Pour 2017, nous prévoyons une croissance continue dans notre plan stratégique, d’au moins 7,5% en dollars. Cela dit, en termes de contrôle, notre marge de manœuvre reste très limitée étant donné que nos résultats sont fortement tributaires du taux de change.

    - Où en êtes-vous des ambitions à l’échelle continentale?
    - Nous aspirons à rester leader du marché de la réassurance devant nos concurrents frontaux européens, Munich Re, Swiss Re, tout en développant l’image de la réassurance en Afrique. Nous avons également pour ambition de renforcer nos liens avec nos partenaires africains. Certains acteurs, européens notamment, préfèrent se retirer progressivement du marché africain quand la situation devient critique, et plus d’un est en train de revoir sa stratégie. Nous, en revanche, nous croyons dans le potentiel à venir du continent, d’autant plus que le conseil d’administration est en majorité composé de représentants d’Etats membres africains.

    - Le contexte international plaide en faveur de la mise en place de nouveaux produits qui intègrent les risques terroristes? Avez-vous intégré cette nouvelle donne dans le portefeuille produits?  
    - Les risques liés au terrorisme font partie d’une couverture que l’on appelle communément dans le jargon le «political violence», et qui comprend, entre autres, le sabotage, les mouvements populaires, les attaques terroristes… Ces risques dits «facultatifs» sont couverts de nos jours au cas par cas. Toutefois, ils restent très peu connus à l’échelle du continent. A cet effet, Africa Re noue des partenariats stratégiques avec des acteurs mondiaux tels qu’Axa, le numéro 1 mondial de l’assurance, ou encore la holding canadienne d’assurances et de réassurance Fairfax. Axa, qui fait partie du tour de table du groupe, nous épaule sur le volet technique dans le but d’enrichir notre portefeuille produits.

    Propos recueillis par
    Ayoub IBNOULFASSIH

     

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