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Economie

Assurance
Le business africain veut saisir le plein potentiel

Par Safall FALL | Edition N°:4752 Le 15/04/2016 | Partager
Le marché a progressé de 2% en quatre ans
Croissance démographique, émergence d’une classe moyenne, projets d’infrastructures…
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La baisse de régime des marchés locomotives du continent, en l’occurrence l’Afrique du Sud, a pesé sur les performances du secteur

Un taux de pénétration qui ne dépasse pas les 3%, une croissance au ralenti et une contribution aux PIB nationaux en baisse (2,8% en 2014)… l’assurance a encore du chemin à faire dans le continent. D’abord, les chiffres: le volume des cotisations émises (vie et non vie) n’a progressé que de 2% de 2010 à 2014, passant de 63,5 milliards à 69 milliards de dollars à fin 2014. La part relative de l’assurance africaine dans le monde baisse légèrement de 1,5% en 2010 à 1,4% en 2014, selon les statistiques les plus actualisées détenues par la Fédération des sociétés d’assurances de droit national africaines (Fanaf). La corporation, qui fédère 140 compagnies pour un chiffre d’affaires cumulé de plus de 1,3 milliard d’euros à fin 2014, est justement parmi les instances qui ont contribué aux travaux des «Rendez-vous de Casablanca de l’assurance». L’événement s’est tenu les mercredi 13 et jeudi 14 derniers à Casablanca.
En dépit de la faiblesse des acquis structurels, les professionnels du secteur s’efforcent de voir le verre à moitié rempli. Parmi eux,  Mehdi Tazi, président de Saham Assurance: «Les arguments soutenant cet optimisme reposent sur les potentiels de croissance dont recèle le continent sur ce segment et sur d’autres secteurs». Plusieurs pistes de relance ont ainsi été défrichées par les assureurs. Les facteurs les plus impactants sur le business porteront notamment sur la forte croissance démographique du continent, l’émergence d’une classe moyenne, de plus en plus épargnante, et la hausse des investissements dans les infrastructures. Ces caractéristiques sont partagées par l’ensemble des marchés les plus dynamiques, localisés pour la plupart dans la zone CIMA (Conférence intrafricaine des marchés d’assurance) et de l’Afrique du Nord (Maroc, Egypte, etc.). «Une bonne partie des grands projets d’infrastructures échappent encore aux assureurs locaux. C’est une aberration qu’il faudra corriger si on veut soutenir les acteurs nationaux», déplore Adama Ndiaye, président de la Fanaf. Pour sa part, le patron de Saham Assurance pense aussi qu’il faudra faire face à plusieurs risques de diverses natures pour valoriser le potentiel du continent. Le risque de change, par exemple, reste l’un des plus pesants sur l’activité. «L’instabilité et le manque d’intégration des marchés et politiques monétaires sur le continent ne facilitent pas la vie aux compagnies nationales», selon les explications de Corneille Karekezi, PDG du réassureur Africa Re. Les risques économiques (dépendant des économies aux exportations de matières premières), opérationnels (réglementation peu sophistiquée)  et de non-disponibilité des devises, doivent aussi être pris en compte. Au-delà de la maîtrise de ces aspects, la croissance du marché devra aussi passer par la généralisation des couvertures médicales et le déploiement de stratégies orientées «Produit», adaptées à un des marchés encore dominés par l’informel. L’évolution de la réglementation vers la multiplication des assurances obligatoires figure aussi parmi les clés du verrou.
En répartition par segments, de grands écarts de dynamique persistent dans le secteur. En 2014, les primes vie en Afrique ont augmenté de 1,6%, contre une hausse de 6% en 2013. La croissance des affaires non vie, quant à elle, a stagné entre 2012 et 2013, pour ensuite ralentir en 2014 (1,8%). L’Afrique du Sud, principal marché du continent avec 87% du volume de primes vie, a vu ses performances ralentir de 0,9% sur ce segment et à 1,6% sur la non-vie.

 

 

 

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