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Economie

Millennium Challenge
Du cash pour améliorer l’employabilité

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:4752 Le 15/04/2016 | Partager
220 sur 450 millions de dollars pour l’éducation et la formation
Appui à la réforme du système de formation professionnelle
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L’évènement est d’une telle importance que Abdelilah Benkirane a différé le Conseil de gouvernement à vendredi au lieu de jeudi. Et pour cause, il s’agit de la signature d’une convention pour un don de 450 millions de dollars, soit 4,5 milliards de DH, accordé par Washington à Rabat au titre du 2ème programme du Millennium Challenge Corporation (MCC). Ce chèque,  encaissable sur 5 ans, ne sera pas injecté dans le budget général de l’Etat. Il est destiné au financement de deux projets stratégiques pour le Maroc: «l’éducation et la formation pour l’employabilité» et la «productivité du foncier». C’est la deuxième fois que le Maroc bénéficie de cette manne américaine. Le Compact I, d’un montant  de 697,5 millions de dollars, a été, pour la première fois, décroché par Driss Jettou alors Premier ministre. L’actuel président de la Cour des comptes avait déployé ses «dons de négociateur expérimenté» pour convaincre les Américains à soutenir les réformes structurelles engagées par le Maroc. Car, ils mettent en balance plusieurs critères d’éligibilité, liés à la stabilité politique, à la démocratisation et aux réformes. D’ailleurs, Driss Jettou a tenu à se joindre à cette cérémonie qui a rassemblé un casting extraordinaire de responsables. Le président du CESE, des ministres et des patrons d’établissements publics ont fait le déplacement.
Dans son intervention, le chef du gouvernement n’a pas manqué de relever la valeur ajoutée du premier programme qui avait nécessité une gouvernance moderne, orientée vers les détails. Une agence de partenariat, créée pour la gestion de ce programme a été  liquidée par la suite. C’est le même schéma de gouvernance qui sera reproduit. Le premier projet de ce programme, doté de 220 millions de dollars, vise à améliorer l’employabilité des jeunes. Cela se fera  à travers la qualité et l’accès à l’enseignement secondaire et à la formation professionnelle. Le but est de répondre aux besoins du secteur privé. Ce projet est composé de deux activités: l’éducation secondaire et le développement de la formation professionnelle et de l’emploi. L’éducation secondaire, conçue en harmonie  avec la nouvelle vision stratégique du système éducatif 2015-2030, sera dotée de 112,6 millions de dollars.
L’objectif est d’édifier «un nouveau modèle d’établissement focalisé sur une gouvernance décentralisée, une autonomie de gestion, une pédagogie innovante et une mobilisation autour du projet scolaire», note un document du programme. Cette approche sera déployée dans près de 100 collèges et lycées, répartis sur trois régions (Tanger-Tétouan, Fès-Meknès et Marrakech-Safi). Le choix de ces régions a été dicté par un ciblage fondé sur les besoins en termes d’éducation, indicateurs de pauvreté et les opportunités économiques et d’emplois. Chaque établissement bénéficiera d’un appui intégré portant sur le renforcement de l’autonomie de gestion administrative et financière, la pédagogie centrée sur l’élève et l’amélioration de l’environnement physique des apprentissages. De même, pour un meilleur pilotage et une coordination de la mise en œuvre de cette activité, les capacités des Académies régionales d’éducation et de formation seront renforcées. L’autre volet porte sur le développement de la formation professionnelle. L’objectif est d’améliorer la qualité du cursus et les liens entre l’offre et la demande en emplois et cela à travers plusieurs composantes. D’abord, une offre de formation tirée par la demande. L’idée est de créer un fonds dédié au financement de projets de création de centres de formation ou de reconversion en partenariat avec le secteur privé. Ensuite, l’appui à l’opérationnalisation de la réforme de la formation professionnelle. Le dispositif prévoit un appui à la mise en place d’un système intégré d’observation du marché du travail.

Un fonds pour de nouvelles zones industrielles

Quant au second projet du programme MCC, doté de 170,5 millions de dollars, il vise à faire croître la productivité du foncier. Deux projets de revitalisation et deux autres de création de zones industrielles seront réalisés. Les sites seront choisis en fonction de plusieurs critères liés notamment à la demande, l’impact économique et la viabilité financière. De même, le programme prévoit de mettre en place un fonds de promotion d’une nouvelle génération de zones industrielles. En outre, le déploiement du foncier rural est une pièce maîtresse. Plus de 327.000 hectares de terres agricoles situées dans des périmètres irrigués ne sont que partiellement valorisées. Pour remédier à ces défaillances, une nouvelle procédure de melkisation des terres collectives situées dans les périmètres irrigués sera lancée. Cette opération pilote portera sur près de 46.000 hectares au niveau de la région du Gharb.

 

 

 

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