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    Economie

    Conserve de poisson
    L’industrie au chômage technique

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:4750 Le 13/04/2016 | Partager
    En cause, la pénurie d’emballage métallique
    Risque de rupture de contrats et de lourdes pénalités
    25.000 employés menacés

    L’inquiétude est au paroxysme chez les conserveurs de poisson. «Le risque d’arrêt technique de la totalité des usines se précise au jour le jour», alerte l’Union nationale des industries des conserves de poisson (Unicop). A moins de deux semaines du démarrage de la campagne de transformation, les professionnels font face à une grave pénurie en emballage métallique. Les rares stocks dont disposaient certaines usines ayant été épuisés. Or, l’entreprise qui fournit le secteur en contenants métalliques, à hauteur de 85%, Crown Packaging en l’occurrence, est à l’arrêt depuis début mars dernier. Comme L’Economiste l’avait annoncé, la raison, un conflit social qui perdure depuis plus d’un mois et que tout porte à croire qu’il ne sera pas résolu de sitôt (voir notre édition du 18 mars 2016).
    Résultat redouté par les industriels, la mise au chômage de 25.000 emplois directs et 100.000 postes indirects dans la pêche, le transport et autres activités annexes. Pour la profession, c’est tout simplement l’effet domino qui se produirait si rien n’est fait dans l’immédiat. C’est d’abord l’impact sur le secteur de la pêche qui lui fournit annuellement 350.000 tonnes de poisson pélagique. Ensuite, la rupture des livraisons à  la clientèle avec toutes les conséquences qui en découlent en termes de pénalités et de perte de parts de marché. Surtout que les professionnels ont toujours en mémoire les  pertes qu’ils ont subies en 2011, en raison de la crise d’approvisionnement en matière première. «Pas moins de 30% du chiffre d’affaires ont été déboursés sous forme de pénalités à la clientèle contractuelle», affirme la profession. L’essentiel des exportations étant, en effet, réalisé sous forme de contrats de vente ferme. Et plusieurs semaines avant le démarrage de la campagne de transformation. Mieux, les commandes spécifiques ou le remplissage sous marques étrangères représentent une part importante des ventes à l’extérieur, soit 40%. Ce créneau est concentré sur les pays d’Europe et d’Amérique du Nord, les Etats-Unis et le Canada. Pour le moment, le recours à l’import de boîtes vides est carrément écarté, soutient l’Unicop. Une telle opération nécessiterait entre 3 et 6 mois selon l’importance de la commande. Et en tout cas, elle ne peut se faire pour les marques de distribution. Les délais d’impression étant assez longs. Au total, les besoins annuels de la trentaine d’usines en service sont estimés à plus de 1,1 milliard de boîtes.   
    L’inquiétude des professionnels ne date pas d’aujourd’hui. Déjà, en 2014, ils avaient tiré la sonnette d’alarme à l’occasion de la fusion-absorption de Crown avec la société Mivisa sur le risque d’une situation de quasi-monopole. Ce qui est effectif actuellement: Crown Packaging assure 85% du marché des emballages métalliques destinés à l’industrie de conserve de poisson. Ce qui rend difficile le recours aux autres fournisseurs compte tenu de leur faible capacité de production installée.

    20% de la balance alimentaire

    L’activité des conserves de poisson est la branche la plus ancienne du secteur agroalimentaire au Maroc. Les premières usines remontent aux années 1940. C’est également la branche qui a le plus diversifié ses marchés. Elle exporte sur 123 pays des quatre continents. Sa part dans la balance commerciale alimentaire est estimée à 20%, soit l’équivalent des tomates et agrumes réunis. La capacité de production installée s’élève à 850.000 tonnes mais utilisée à moins de moitié. La stratégie Halieutis prévoit de la porter à 80% à l’horizon 2020.

     

     

     

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