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    Les faibles taux d’intérêt plombent l’assurance-vie

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4745 Le 06/04/2016 | Partager
    En cas de choc moyen, le risque de défaillance est réel
    24.000 milliards d’actifs internationaux en portefeuille
    Le FMI évalue l’importance systémique du secteur
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     Les engagements des compagnies d’assurance-vie présentant une échéance plus longue que leurs actifs, tout décrochement des taux d’intérêt tend à leur porter préjudice. Selon le FMI, la longue période de taux bas que nous connaissons actuellement a encore accentué cette vulnérabilité, en particulier aux Etats-Unis et en Europe

    Les grandes compagnies d’assurance-vie contribuent davantage au risque de l’ensemble du système financier depuis la crise financière mondiale. Le constat est relevé par le FMI(1). Les compagnies d’assurances jouent un rôle important à la fois comme fournisseurs de protection contre les risques économiques et financiers mais également comme intermédiaires financiers. Elles ont aussi d’importants investisseurs institutionnels avec un portefeuille de plus de 24.000 milliards d’actifs internationaux et d’engagements à long terme. Leur exposition aux fluctuations des cours des actifs s’est accentuée au cours des dernières années. En cas de choc de grande ampleur (par exemple un effondrement des cours), les assureurs encourent le risque d’insolvabilité. Les faibles taux d’intérêt actuels représentent une source de risque non négligeable pour les compagnies d’assurance. «Au vu des facteurs agissant à l’échelle du marché mondial, tels que la montée des corrélations observées entre les différentes catégories d’actifs, on constate que d’importantes variations des cours tendent à affecter les compagnies d’assurance-vie de manière de plus en plus similaire», explique Gaston Gelos, chef de la division Analyse de la stabilité financière mondiale au FMI.
    Dans une certaine mesure, ces nouvelles dynamiques de marché vont sans doute s’installer de manière permanente. D’autres facteurs peuvent également contribuer à la montée du risque systémique, d’après le FMI. Il cite entre autres, le poids croissant des contrats de rentes aux Etats-Unis qui pourrait expliquer la sensibilité accrue des assureurs aux taux d’intérêt bas. Tandis que le recours aux instruments dérivés pourrait constituer une cause de leur exposition plus forte aux fluctuations des marchés financiers à la hausse comme à la baisse.
    Une telle situation nécessite de mettre davantage l’accent sur les politiques macroprudentielles, recommande le FMI. Les régulateurs du secteur de l’assurance devraient s’intéresser non seulement aux différentes compagnies prises individuellement (approche microprudentielle) mais aussi, aux points communs et aux effets ressentis au niveau des assureurs et des pays. Il pourrait se révéler utile d’élaborer des mesures visant à empêcher les assureurs de restreindre en même temps leur financement au reste du système. «On pourrait ainsi mettre en place des volants de capitaux que les assureurs accumuleraient en période de croissance économique, pour y recourir lors des phases de ralentissement», suggère Gaston Gelos.
    Pour le FMI, évaluer les actifs et les engagements des assureurs aux prix du marché pourrait améliorer la transparence et encourager une meilleure adéquation actif-passif. Les instances de réglementation devront toutefois assortir leurs règles d’évaluation de mesures contracycliques. En s’inspirant par exemple des ajustements prévus dans la directive européenne Solvabilité II, pour éviter la vente forcée des actifs des assureurs en période de récession.
    Les experts du FMI soulignent par ailleurs la nécessité de s’intéresser de près à la performance et au comportement des assureurs moins puissants et de taille plus réduite. Même si leur importance systémique individuelle est moins marquée, ils n’en restent pas moins susceptibles de propager les chocs dans l’économie s’ils en viennent à tous agir de manière identique.

     

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