×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Analyse

    Réserves de change: Tourisme, la machine à sous s’essouffle

    Par Franck FAGNON | Edition N°:4743 Le 04/04/2016 | Partager
    La croissance du flux net des recettes voyage très erratique
    Les envois des fonds par les MRE tiennent bon, mais…
    Les moteurs à l’export -automobile et phosphates- prennent le relais
    reserves_changes_1_043.jpg

    La montée de l’insécurité dans la région pénalise l’activité touristique. Mais l’atonie de la croissance mondiale était déjà une source de frustration pour les opérateurs

    Parmi les raisons derrière la dernière baisse du taux directeur au dernier conseil de la Banque centrale, les autorités monétaires ont évoqué le raffermissement des réserves de change. Elles se sont renforcées de 43 milliards de DH en 2015.
    En deux ans, les réserves de change ont augmenté de 50% pour s’établir à 225 milliards de DH à la fin de l’année. L’effet amplificateur des économies sur la facture pétrolière à l’import (et plus globalement, énergétique) est net, mais il n’est pas le seul facteur. La performance des ventes de l’OCP sur les marchés internationaux et du secteur automobile alimente la corbeille en devises de la banque centrale. Idem pour les flux d’IDE qui restent dynamiques malgré une conjoncture géopolitique régionale plutôt défavorable.
    Les transferts des MRE et les recettes du tourisme (dans lesquelles sont comptabilisées les opérations de change de devises par les résidents) représentent deux sources majeures de rentrées de devises, mais aux fortunes diverses. Ces deux rubriques représentaient l’équivalent de 107 milliards de DH en 2015. Les envois de fonds des MRE se sont chiffrés à 62 milliards de DH, en hausse de 3% malgré une situation économique contrastée dans les principaux foyers à forte présence de la diaspora marocaine en Europe: Espagne, Italie, France, Belgique, Pays-Bas.
    En revanche, le flux net des recettes du tourisme a diminué de 5% à 45 milliards de DH. Ce recul est en partie la conséquence de l’effet d’assimilation dont souffre le Maroc en raison de la conjoncture géopolitique régionale. Par ailleurs, l’atonie de la croissance mondiale pénalise le secteur. La montée de l’insécurité dans la région est relativement récente. Or, l’activité touristique est moins performante depuis quelques années déjà. A l’analyse du tableau, il y a clairement un «avant» et un «après» 2008. Certes le flux net des recettes de voyage a été multiplié par 1,7 sur la période 2003-2015, mais sur ces douze années, l’activité a évolué en dents de scie à partir de 2008. De 19% en moyenne par an entre 2004 et 2007, la croissance a été négative (-1,9%) sur les quatre années suivantes. La baisse a ralenti à 1,5% en moyenne par an depuis 2012. Les performances à venir restent incertaines.

    Transferts MRE: 640 milliards de DH depuis 2003!

    reserves_changes_2_043.jpg

    Au-delà du facteur conjoncturel, les nouvelles générations de MRE ont moins d’attache avec le pays d’origine, ce qui pourrait en partie expliquer le ralentissement des transferts des Marocains de la diaspora (Source: Office des changes et kinistère des Finances)

    Moins erratique, le rythme de progression des transferts des MRE a cependant significativement diminué. Il s’établit à 4% en moyenne depuis 2008 contre une hausse de 12% par an entre 2004 et 2007.
    Depuis 2003, les Marocains résidant à l’étranger ont transféré 640 milliards de DH vers le Royaume soit 49 milliards de DH en moyenne par an. Sur la période 2008-2013, les Marocains résidant en Europe sont à l’origine de 68% en moyenne par an du montant global des transferts. Leur poids a diminué de 20 points par rapport à la période antérieure à 2008.
    En face, les envois des Marocains installés dans les pays arabes se sont renforcés entre les deux périodes. Globalement, malgré la morosité des économies des principaux pays d’accueil, l’élan de solidarité avec les familles restées au pays n’a pas faibli. Cependant, de l’avis de certains observateurs, le volume des transferts pourrait décroître dans les années à venir: «les générations actuelles ont moins d’attache avec leur pays d’origine ce qui pourrait peser sur les transferts futurs des Marocains de la diaspora».

    L’effet de la faiblesse de l’investissement

    reserves_changes_3_043.jpg

    Malgré la baisse de régime du tourisme, les réserves de change se sont significativement renforcées depuis 2013. Les performances de l’OCP et du secteur automobile à l’export, la bonne tenue des IDE et la baisse importante de la facture énergétique ont soutenu sa croissance (Source: BAM)

    Le niveau des réserves de change devrait encore se renforcer en 2016 et 2017 pour assurer la couverture de 8 mois et 15 jours d’importations de biens et services selon les prévisions de Bank Al-Maghrib. Cette situation contraste avec le warning qui prévalait en 2012 et 2013 où les réserves couvraient tout juste 4 mois d’importations. Aujourd’hui, l’amélioration des réserves de change tient pour une partie à la faiblesse de l’investissement. Il y a en conséquence moins de sortie de devises pour financer les biens d’équipements. C’est une préoccupation. La hausse des importations de biens d’équipement observée l’année dernière tient en grande partie aux opérations des très grandes entreprises. Pour le reste, l’attentisme est de mise en raison du manque de visibilité des opérateurs.
    Par ailleurs, le renforcement des réserves se traduit par un surplus de liquidité dans le système bancaire. Les trésoreries des banques devraient passer en position excédentaire dès ce trimestre selon les prévisions de Bank Al-Maghrib. L’on devrait terminer l’année avec un excédent de 21 milliards de DH. Le retournement de tendance est spectaculaire puisqu’en 2012, le secteur affichait un déficit de 65 milliards de DH. Si les coffres des banques sont pleins, elles ont en revanche des difficultés à placer les fonds dans les crédits. La demande ne s’exprime pas assez, disent les banquiers. Pour les PME, les conditions d’accès au crédit restent draconiennes.

     

     

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc