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    Economie

    Réforme des retraites: Pourquoi ça bloque?

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:4742 Le 01/04/2016 | Partager
    Les syndicats s’accrochent au refus d’examiner les textes
    Benkirane poursuit son entêtement
    La reprise du dialogue social est urgente pour débloquer la situation
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    Après un blocage des projets de réforme des retraites, la balle est dans le camp du chef du gouvernement. Abdelilah Benkirane réagira-t-il rapidement pour débloquer la situation et mener sa réforme à bon port? Rahal Mekkaoui (au centre), président de la Commission des finances entre les deux ministres, Mohamed Moubdiî et Driss Azami (Ph. Bziouat)

    Après un marathon de plus de 9 heures, les syndicats ont imposé leur diktat. La Commission des finances, présidée par l’istiqlalien Rahal Mekkaoui, n’a finalement pas démarré l’examen des projets de loi de la réforme des retraites des fonctionnaires. Mohamed Moubdiî, ministre de la Fonction publique et de la modernisation et son collègue Driss Azami, en charge du Budget, n’ont pas pu assurer la présentation des textes. Les demandes de mise au point ont ponctué cette longue journée du mercredi au point que les échanges virulents entre des parlementaires du PJD et des syndicalistes (souvent de la CDT) ont parfois frisé les insultes. Ces derniers ont maintenu la pression au point que le gouvernement a fini par jeter l’éponge. La Commission a alors décidé de suspendre la séance pour reprendre les travaux la semaine prochaine. En tout cas, les assurances données, à plusieurs reprises par le ministre délégué et son collègue, n’y ont rien fait. Les engagements pris pour prendre en compte leurs revendications sous forme d’amendements n’ont pas convaincu les représentants des salariés à lâcher du lest. Ces derniers ont maintenu la pression. Visiblement, ils sont déterminés à maintenir la mobilisation pour empêcher l’examen des projets de loi. Les 9 heures passées ont été consacrées à la démonstration que ces textes devraient quitter la Chambre des conseillers pour retourner au cadre du dialogue social. Et tant que ce  préalable n’est pas réalisé, il est impossible d’entreprendre une quelconque programmation au niveau de la Commission des finances.
    Aujourd’hui, la balle est dans le camp du chef du gouvernement. D’autant que les deux ministres, présents au sein de la Commission, ont pris conscience de l’ampleur de la détermination des syndicats. Ils ont dû faire leur rapport à Abdelilah Benkirane. Réagira-t-il rapidement pour débloquer la situation? Sa réponse ne s’est pas fait attendre. Mustapha El Khalfi a annoncé hier jeudi, à l’issue du Conseil du gouvernement, que Benkirane «est prêt à ouvrir le dialogue avec les syndicats». Une date sera bientôt annoncée, a-t-il dit. Par contre, le chef du gouvernement refuse de retirer les textes de la Chambre des conseillers. L’annonce de l’éventuelle reprise des discussions entre le gouvernement et les syndicats sur ce dossier épineux permettra de détendre l’atmosphère sociale, sous haute tension ces derniers mois. Après des mouvements de protestation et l’appel à la grève générale, les quatre principales centrales syndicales s’apprêtent à lancer d’autres initiatives.  Un round du dialogue social pourrait détendre l’atmosphère particulièrement à la veille de la célébration du 1er mai. D’ailleurs, au cours de la séance de mercredi, plusieurs parlementaires syndicalistes ont reconnu publiquement les critiques virulentes de leurs militants qui leur reprochent d’avoir «vendu le match», pour reprendre l’expression revenue plusieurs fois dans la bouche de certains d’entre eux. Visiblement, dans cette bataille des retraites, les syndicats mettent tout leur poids. D’ailleurs, ils se plaignent que ce gouvernement veut réduire de leur influence au point qu’ils avaient boycotté les défilés du 1er mai de l’année dernière. Aujourd’hui, ils veulent reprendre du poil de la bête. Surtout qu’ils sont à un tournant de leur histoire. Après ce combat, ils devraient changer de fusil d’épaule, en s’inscrivant dans une autre logique de lutte: leur modernisation avec une nouvelle loi sur la grève et les syndicats et la survie des entreprises, comme ce qui se fait en Allemagne et ailleurs. Mehdi Abdelkrim, représentant de la CGEM et vice président de la Commission des finances a été pragmatique: «Puisque l’unanimité sur la nécessité de la réforme existe, il faudra débloquer la situation par des négociations. Ainsi, le dialogue social doit aller en parallèle avec l’examen des projets de loi au sein de la Commission des finances». La réforme est urgente car les provisions de la Caisse marocaine des retraites (CMR) ont été consommées à hauteur de 1 milliard de DH en 2014, plus de 3 milliards en 2015 et 6 milliards cette année. A ce rythme, ces provisions seront entièrement consommées en 2022 et l’Etat ne pourra plus payer les 400.000 retraités. Un scénario noir que les partenaires sociaux ne veulent pas cautionner.

    Benkirane accentue les tensions

    Dans cette phase, la responsabilité de Abdelilah Benkirane est engagée. Le chef du gouvernement ne doit pas bloquer la société ou braquer un groupe contre l’autre. Parmi les autres rôles que lui confère la Constitution de 2011, il est chargé de la tâche de facilitateur pour désamorcer les crises. Aujourd’hui, il s’agit du bras de fer avec les syndicats pour la réforme des retraites. Le problème des enseignants stagiaires n’est pas réglé. Et dès qu’un leader politique fait de l’intermédiation  pour aider à régler le dossier, Benkirane le maltraite.  Dans ce rôle, visiblement, il excelle. Et demain, qui passera à la trappe? Nos dirigeants peuvent s’inspirer des expériences des grandes démocraties. Le président français, par exemple, vient de renoncer à la réforme de la Constitution et à la déchéance de la nationalité.

     

     

     

     

     

     

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