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Analyse

Leadership, gare aux idées reçues

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4739 Le 29/03/2016 | Partager
D’abord bien gérer sa vie et être au service des autres
Vouloir séduire à tout prix, une erreur fatale pour les managers
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Franck Nicolas, stratège en leadership et performance: «Le leader est sûr de lui. Il sait qui il est et où il va, connaît ses valeurs et les partage avec les autres» (Ph. Glob)

Décider de réussir, c’est prendre le leadership. Certaines personnes  sont prédisposées à devenir leaders, certes. Mais il est toujours possible de travailler sur soi-même pour y arriver. Seule condition, y croire vraiment et rompre avec les idées reçues. Que vous soyez chef d’Etat, patron d’entreprise ou simple salarié, vous pouvez devenir leader. Pour Franck Nicolas, expert en psychologie du leadership, c’est loin d’être un atout inné. Le leadership est à 80% acquis.

- L’Economiste: Le leadership, comment le définiriez-vous?
- Franck Nicolas:
Le leadership ne signifie pas forcément diriger 6.000 personnes. C’est d’abord le fait de savoir diriger sa propre vie. Nous avons tous un département santé, un département relationnel, recherche et développement, publicité,… Une personne qui sait comment mener à bien son existence déteindra sur les autres. Quand vous êtes un exemple dans le domaine du courage, de la discipline, de l’anticipation, de la gestion des émotions,… vous devenez un modèle pour votre entourage. Un leader est aussi celui qui se met au service des autres et qui les aide à devenir eux-mêmes des leaders.

- Certaines personnes sont-elles prédisposées à le devenir?
- Il existe en fait deux cas de figure. Certaines personnes ont eu la chance d’avoir des parents leaders qui ont modélisé leur comportement. Si, par exemple, vous êtes une personne maussade, colérique, qui rejette les autres ou les juge, qui se plaint en permanence,… dès l’âge de deux ans, votre enfant vous imitera et gardera ce comportement psychologique une partie de sa vie.
Inversement, si vous êtes une personne positive, courageuse, qui se bat dans les moments difficiles, se relève de ses échecs, votre enfant aura tendance à suivre votre modèle. Mais si vous n’avez pas bénéficié de cela durant votre enfance, vous pouvez avoir un mentor ou des exemples, et vous former à travers des séminaires, des livres, des rencontres... Je pense que le leadership est à 80% acquis et non inné.  

- Cette notion, diffère-t-elle selon le statut des personnes (chef d’Etat, ministre, entrepreneur,…)?
- Dirigez 6.000 personnes, un pays où en étant homme ou femme de ménage, c’est la même chose! A l’aéroport de Toronto, j’ai rencontré un monsieur qui était responsable de l’hygiène des toilettes. C’était un homme incroyable au sourire éblouissant. Il m’a dit bienvenue chez moi, et s’est dit heureux dans son métier. D’abord, parce qu’il améliore la vie des gens et les rend heureux. Car il se sent utile pour les autres et pour sa famille. Que vous dirigiez des milliers d’employés, un pays ou peu importe, lorsque vous êtes dans le sentiment de servir les autres, vous êtes un leader.

- Est-ce qu’un leader est aussi une personnalité magnétique, qui n’est pas plus compétente que les autres, mais qui sait mettre en valeur ses réussites et fédérer son entourage?
- Je crois que la perception et le comportement des leaders changent selon les codes sociaux des pays. A Miami, par exemple, où vivent beaucoup de latino-américains, où l’on parle fort et où l’on achète de grosses voitures, l’on n’a pas peur de montrer la réussite. En revanche, à Montréal, la principale qualité est la discrétion et l’humilité. Vous y trouvez des leaders beaucoup plus introvertis et humbles. Y montrer sa réussite passe par des biais détournés. En Amérique du Nord, pour faire savoir que vous avez réussi, faites en sorte qu’un ami parle de vous.

- Ce n’est donc pas une question de personnalité…
- Non, mais de confiance en soi. Un leader est sûr de lui, il sait qui il est et où il va, connaît ses valeurs et les partage avec les autres. Des idées reçues persistent par rapport à cette question. Dans les années 70 et 80, l’on disait en entreprise qu’un leader est une personne suivie par les autres. A mon sens, il n’y a pas pire définition. Le leader bâtit des valeurs et une vision.
Les gens rejoignent son projet et adhèrent à ses valeurs, non à lui. Justement, certaines personnes échouent en tant que managers parce qu’elles sont convaincues qu’elles doivent absolument séduire les autres. Or, ce n’est pas le vrai défi. Il s’agit d’abord de se séduire soi-même, de bien se connaître, de bâtir sa vision, son projet d’entreprise, son plan de développement, ses valeurs, et de les présenter aux meilleurs talents pour les attirer. Ce n’est qu’ainsi qu’il est possible de séduire et de fidéliser ses collaborateurs de manière durable. Ils se lasseront de ce qui est clinquant au bout de quelques mois.
Selon un sondage de la Gallup organisation, mené dans 142 pays, Seuls 13% des employés sont vraiment engagés dans leur travail. 63% se disent souvent désengagés et 24% déclarent être activement désengagés. Pourquoi à votre avis des sociétés pionnières dans des domaines particuliers se font supplanter? MySpace a, par exemple, été remplacée par Facebook, Vimeo par Youtube et Blackberry par iPhone. C’est parce que les nouveaux arrivants ont su maintenir de façon très élevée le niveau d’engagement de leurs employés toute l’année.
Propos recueillis par
Ahlam NAZIH

                                                              

Il fonde sa première entreprise à 16 ans

Auteur d’un best-seller (confiance illimitée, 2014), coach de chefs d’Etat (Europe de l’Est et Afrique), ministres (dont des Marocains), patrons de grands groupes, champions sportifs,… Franck Nicolas est aussi businessman. Il est à la tête de 4 sociétés dans le coaching en leadership et entrepreneuriat, l’immobilier et la santé. Son entreprise Glob (80% de croissance cette année), propose aux leaders des programmes en ligne et des conférences dans plus de 12 pays. 90% du contenu qu’il propose est gratuit. Sur les réseaux sociaux, il est suivi chaque semaine par 3 millions de personnes. Tous les ans, il organise une tournée grand public, baptisée «110%», à travers laquelle il aide les employés, le temps d’une demi-journée, à mieux appréhender leur avenir et à augmenter le niveau de leur engagement professionnel. Franck Nicolas souhaite organiser cet évènement, qui rassemble entre 1.000 et 5.000 personnes, au Maroc aussi. Des prospections sont en cours à la recherche d’un partenaire spécialisé dans l’évènementiel.        
Au départ, la vie ne l’a pas beaucoup choyé. Tout ce qu’il possède, il l’a arraché à force de travail et de persévérance. Issu d’une famille modeste d’immigrés italiens vivant au sud de la France, où le chômage touche un jeune sur deux, bègue et avec un père alcoolique, il décide très vite de quitter «le club des pauvres». Il fonde sa première entreprise de DJ pour animer les mariages à l’âge de 16 ans. Son premier million, il le gagne à l’âge de 28 ans. Parallèlement à son business, Franck devient journaliste (radio et télé) et pompier bénévole. Actuellement, vivant entre Montréal et Miami, il se consacre pleinement à sa passion, le coaching et la philanthropie. Il finance chaque année des dizaines de milliers de repas au profit des plus démunis (Les Restos du cœur, Feed America, Le Club des petits déjeuners du Canada,…).

 

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