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Analyse

Crise des migrants
La bataille UE-Turquie reprend

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4732 Le 18/03/2016 | Partager
La légalité de l’accord remise en question
Débat sur le principe «1 migrant renvoyé, 1 accueilli»
Aucune concession sur le respect des critères d’adhésion
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Depuis la fermeture de la Route des Balkans, les migrants utilisent aussi d’autres routes pour se rendre en Europe. Plus de 2.400 d’entre eux ont été secourus depuis mardi 15 mars au large de la Libye et trois corps récupérés. Angelina Jolie, ambassadeur de bonne volonté du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés a rencontré des réfugiés en Grèce, ainsi que le Premier ministre Alexis Tsipras, espérant accélérer les moyens pour faire face à cette crise humanitaire (Ph. AFP)

Aujourd’hui, l’Union européenne fait face à une crise des migrants qui se reflète dans les Une des journaux. Aussi, les sommets se succèdent pour trouver un accord. Les dirigeants de l’UE se retrouvent les 17 et 18 mars à Bruxelles pour finaliser un accord controversé avec la Turquie, pour stopper l’afflux de migrants. L’accord négocié avec Ankara donnerait une «première chance de trouver une solution collective à une crise migratoire sans précédent», plaide Angela Merkel. Il ne se traduira pas par «un chèque en blanc à Ankara», a assuré la chancelière allemande. De son côté, le président chypriote Nicos Anastasiades a estimé qu’un «compromis» était possible, après avoir menacé ces derniers jours d’un blocage. La liste de problèmes ne manque pas. Lors du précédent sommet du 7 mars, la Turquie s’est dit désormais disposée à reprendre tous les nouveaux migrants gagnant les îles grecques depuis ses côtes, y compris les demandeurs d’asile. L’idée a de quoi séduire une Union

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débordée par plus de 1,2 million de demandes d’asile en 2015. Mais le contenu du projet a suscité des débats tendus, comme celui de donner à la Turquie la clé de la frontière extérieure de l’Union. L’ONU a mis en garde contre l’illégalité des «possibles expulsions collectives et arbitraires». En réponse, la Commission européenne a assuré que tout accord respecterait le droit, promettant que chaque demandeur d’asile se verrait garantir un traitement individuel de sa requête et des moyens de recours contre un renvoi. La justice européenne (saisie par un demandeur d’asile pakistanais qui contestait son renvoi en Serbie par la Hongrie au motif qu’elle est un pays tiers sûr) vient de valider ce principe qui fait partie d’un accord que l’UE espère conclure avec la Turquie. Le concerné conteste cette décision, arguant qu’en «le renvoyant en Hongrie, les autorités tchèques ignoraient qu’ils l’exposaient à une expulsion en dehors de l’UE, dont la Serbie n’est pas membre». Le règlement Dublin III, qui régit le droit d’asile dans l’UE, fait porter la responsabilité de l’examen de la demande d’asile au pays de première entrée dans l’Union. Ce règlement «permet aux Etats membres d’envoyer un demandeur de protection internationale vers un pays tiers sûr», a jugé la Cour de justice de l’UE.

Aux termes du projet d’accord, les Européens s’engageraient, pour chaque Syrien renvoyé, à «réinstaller» dans l’UE un autre Syrien depuis la Turquie. En contrepartie de ses efforts, Ankara devrait obtenir gain de cause sur sa demande d’une nouvelle aide de l’UE. Le pays d’Erdogan arracherait également une accélération du processus de libéralisation des visas pour ses ressortissants, ainsi qu’une relance de ses négociations d’adhésion. Les européens devront montrer aussi qu’ils restent fermes face à Ankara sur les valeurs démocratiques! Des réformes sont nécessaires de toute urgence dans les domaines, de la justice, des libertés et de la sécurité, selon des députés européens. Ces derniers proposent un système européen centralisé pour les demandes d’asile avec des quotas nationaux (http://www.europarl.europa.eu/). Les députés préconisent aussi des accords de «réadmission» à l’échelle européenne qui, selon eux, devraient passer avant les accords bilatéraux entre Etats membres et pays tiers. Ils insistent sur le fait que le retour de migrants devrait uniquement être effectué si le pays dans lequel ils sont renvoyés est sûr pour eux.

Des visas humanitaires!

Afin de dissuader les réfugiés de risquer leur vie en la confiant à des passeurs, les consulats et ambassades de l’UE devraient être autorisés à délivrer des visashumanitaires aux personnes qui font une demande de protection internationale, ont affirmé les députés de la commission des libertés civiles lors d’un vote mercredi 16 mars sur la mise à jour du code des visas de l’UE. Ces visas permettraient à leur détenteur d’entrer sur le territoire du pays qui a délivré le document pour y demander l’asile. La proposition entre dans le cadre d’une mise à jour législative du code des visas de l’Union, qui vise à rendre les procédures de visa moins fastidieuses afin de faciliter les voyages légitimes vers l’UE.

 

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