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Analyse

Société digitale
Comment le Maroc négocie le virage numérique

Par L'Economiste | Edition N°:4726 Le 10/03/2016 | Partager
L’interdiction de la VoIP cristallise l’émergence d’une puissante communauté digitale
Internet, outil fonctionnel indispensable et véritable gisement de croissance
Les internautes utilisent plus les réseaux sociaux que les services de e-gouvernement

Avec plus de 14,4 millions d’abonnés à Internet, le Maroc a franchi de grands pas en termes de généralisation de l’accès au web. Mais pour l’instant, les internautes sont plus séduits par les réseaux sociaux, avec 11 millions de comptes sur Facebook, que par les services d’e-gouvernement, qui restent encore balbutiants

C’est l’un des principaux sujets d’actualité. L’interdiction de la VoIP continue de faire des vagues. La mobilisation s’organise depuis quelques semaines pour protester contre ce qui est considéré comme une «atteinte à un droit fondamental». Cette montée au front a permis de braquer les projecteurs sur une véritable communauté digitale marocaine. Les actions des anti-interdiction sont coordonnées sur les réseaux sociaux. Des opérations de dislike des pages Facebook des opérateurs télécoms, des campagnes tournant en dérision leurs slogans publicitaires, boycott du concours Maroc Web Awards… Cela témoigne de l’importance que constitue une fonctionnalité Internet dans un monde marqué par l’avènement de la société digitale. C’est dire tout le pouvoir accordé par le web en termes de mobilisation et de pression.
Aujourd’hui, «Internet est bien un game-changer. Ses utilisateurs mènent le jeu», peut-on lire dans l’étude sur la «révolution digitale», contenue dans le rapport annuel de l’Institut royal des études stratégiques (IRES). Le débat autour de l’interdiction de la VoIP ne se limite pas au simple «droit d’accès aux communications gratuites». L’enjeu est beaucoup plus vaste, dans la mesure où il s’agit de tracer le cap dans un cyberespace en pleine mutation. «La fracture numérique qui traverse le monde amplifie et accélère l’écart croissant entre les info-riches et les info-pauvres, les haut-débit et les zéro-accès, les connectés et les déconnectés de l’univers digital», selon le rapport de l’IRES. Si le Maroc a franchi de grands pas en termes de généralisation de l’accès à Internet, avec plus de 14,4 millions d’abonnés, d’autres obstacles sont encore à aplanir afin d’ancrer le pays dans la marche vers la société digitale.
Les données de l’Icann le montrent clairement. Le Maroc, qui se retrouve à la 54e place des pays à fortes frictions, est classé parmi les pays ruraux en développement comme les Philippines et le Nigéria (cf.www.leconomiste.com). Sur le dossier du blocage de la VoIP, l’ANRT a présenté des arguments légaux. Le régulateur télécom a rappelé que «l’acheminement de tout trafic téléphonique à destination du client final ne peut être assuré que par des exploitants de réseaux publics de télécommunication». Mais les anti-interdiction ne l’entendent pas de cette oreille. C’est l’une des illustrations des conflits de l’ère digitale. Car, plus qu’une nouveauté technologique, Internet est devenu un outil fonctionnel indispensable, avec des retombées économiques, sécuritaires et sociétales. Plusieurs messages de protestation contre le blocage de la VoIP mettaient l’accent sur le lien entre cet outil technologique et leur employabilité. En effet, entretiens d’embauche sur Skype, réunions en vidéoconférence, travail en réseau… autant d’opportunités professionnelles qui ont été impactées par cette interdiction. C’est dire le poids économique des software sur Internet. «Le rôle de la data en tant que futur levier de croissance a été confirmé en 2015», selon CFG Bank, citée dans notre édition du 3 mars dernier. Dans le monde, l’économie numérique génère des sommes faramineuses, estimées en 2016 à près de 4,2 milliers de milliards de dollars. C’est dire toutes les opportunités qui s’offrent au Maroc, qui vient de boucler la première stratégie numérique et se lance dans une deuxième phase à l’horizon 2020.
Une étude commanditée par l’Icann a montré que «les pays africains peuvent augmenter leur PIB de 2 à 3% en réduisant les barrières à l’économie numérique» (cf.www.leconomiste.com). Pour l’instant, la situation au Maroc reste plutôt mitigée. «Alors que le pays ambitionne de faire des technologies de l’information un vecteur de développement économique, les internautes marocains utilisent davantage les réseaux sociaux que les services en ligne dédiés à l’e-gouvernement et l’e-commerce», selon l’étude de l'IRES sur «la révolution digitale».

Enjeux sécuritaires

Au-delà des aspects réglementaires, le passage vers la société digitale pose une série de problématiques d’ordre social et surtout sécuritaire. Car, «le chemin vers cette société n’est pas sûr, du fait de la montée de la cybercriminalité», peut-on lire dans le rapport de l’IRES. Ce document indique que des plateformes comme Facebook, Skype, Twitter… «peuvent renforcer les solidarités traditionnelles et accélérer la transition numérique, mais risquent tout autant d’ouvrir une brèche à la radicalisation islamique». Il s’agit de l’un des sujets qui suscitent la polémique au niveau international, notamment à cause de l’interpénétration entre la liberté d’accès à Internet, le droit de protection des données personnelles et l’impératif de la vigilance sécuritaire. Plusieurs rapports ont montré que des cellules terroristes ont coordonné leurs actions via des réseaux sociaux. Le bras de fer entre le FBI américain et Apple concernant le décryptage de l’Iphone de l’un des terroristes impliqués dans l’attentat de San Bernardino en est une illustration.

M.A.M.

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