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    Culture

    Musée de Bank Al-Maghrib
    Quand la monnaie retrace l’Histoire

    Par L'Economiste | Edition N°:4688 Le 18/01/2016 | Partager
    De l’antiquité à l’instauration du protectorat
    Une exposition numismatique temporaire jusqu’au 31 mars

    Dans le cadre sa programmation culturelle de l’année,

    Eléments de poids et de mesure datant du 19e et du 20e siècle utilisés dans le commerce. En haut, il s’agit d’ustensiles pour mesurer le blé et les céréales. Les deux autres étagères présentent des mesures d’huile (Ph. Bziouat)
     

    le musée de Bank Al-Maghrib abritera jusqu’au 31 mars une exposition numismatique temporaire intitulée «Monnaie, prix et salaires au Maroc- De l’antiquité à l instauration du protectorat». L’exposition, pour laquelle une approche pédagogique a été privilégiée, est mise en scène chronologiquement. Elle couvre ainsi une période allant de 118 avant J.-C jusqu’en 1912 retraçant l’histoire de la monnaie et du pouvoir d’achat. «Pour la première fois, une exposition met en parallèle l’histoire monétaire du pays et l’évolution des prix des denrées alimentaires, mais aussi des salaires moyens perçus par les ménages suivant les périodes et les siècles qui ont marqué notre pays», a précisé Abderrahim Chaaban, directeur du musée de Bank Al-Maghrib.
    Pour les premières périodes islamiques, les sources contemporaines sont introuvables en ce qui concerne l’angle de la monnaie et du pouvoir d’achat. Les premiers écrits n’arrivent qu’au XIIIe siècle. En revanche, il y a de nombreux éléments de la période saadienne, almohade ou alaouite.   L’exposition divisée en modules historiques démarre à l’antiquité avec un aperçu de cette période au Royaume de la Maurétanie. L’on retrouve des pièces des rois maures, des frappes en bronze et en argent, mais aussi des frappes en or du fameux roi Juba II et son fils Ptolémée. Le pouvoir d’achat à cette époque fluctuait en fonction des périodes de prospérité romaine. En période de pénurie, de crise et de guerre, le pouvoir d’achat diminuait.
    La visite se poursuit avec l’Etat idrisside connu majoritairement pour la frappe en argent faute de ressources minières en or. Cette époque a connu une aisance économique et une certaine prospérité. Ensuite, c’est l’âge d’or du Maroc médiéval avec les Almoravides, les Almohades et les Mérinides qui est abordé. Le dinar almoravide était réputé pour être une des plus belles monnaies. Il fut fortement recherché dans les circuits commerciaux.

    Pour chaque époque, l’exposition présente un descriptif de l’histoire de la monnaie et le pouvoir d’achat, quelques pièces ainsi que des équivalences de prix et de salaires (Ph. Bziouat)
     

    L’or était prédominant grâce à l’exploitation de ressources en or lors des nombreuses expéditions qui avaient lieu dans le Sud. Côté pouvoir d’achat, des correspondances de commerçants viennent témoigner de cette période économique prospère.
    Sous l’Empire almohade, le dinar marocain primait dans les marchés monétaires. Afin de connaître le pouvoir d’achat de l’époque, des panneaux présentent des équivalences de prix de  denrées alimentaires, de salaires… Durant cette période, il y a également eu de nombreuses épidémies et des famines, et en conséquence, une flambée des prix remarquable impactant le pouvoir d’achat des ménages. L’Empire mérinide a toujours le même niveau de grandeur et de pouvoir que les précédents. Sa monnaie ressemble à la monnaie almohade. Le changement s’opère au niveau des inscriptions. Les équivalences des prix de certaines denrées et quelques salaires d’époque sont affichés. Vient la dynastie saadienne durant laquelle le style et la calligraphie sont inspirés par les Ottomans et les Turcs. Le réseau commercial avec l’Andalousie était très développé à cette période. Le pouvoir d’achat était très élevé. Cependant, le Maroc était régulièrement sujet à des épidémies et des famines. Les prix de certaines denrées pouvaient alors être multipliés par 10, voire par 20!
    Le premier espace de l’exposition s’achève sur la dynastie alaouite. Le système bimétallique fondé sur le dinar légal est abandonné pour laisser place à la monnaie moderne. Quant au second espace, il est dédié aux sources historiques sur lesquelles s’est basé le montage de cette exposition. Parallèlement à l’exposition, une conférence-débat ainsi qu’une série d’ateliers pédagogiques sont au programme afin d’initier les enfants à la manipulation de la monnaie antique.o
    Aïda BOUAZZA
     

     

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