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    Profession: Auxiliaire de vie

    Par L'Economiste | Edition N°:4680 Le 05/01/2016 | Partager
    Une formation sur 6 mois
    Entre soins de santé, économie familiale, informatique et langue française
    Un projet ambitieux qui attend de tisser des partenariats solides

    Avec le nombre de personnes âgées qui augmente et l’espérance de vie qui rallonge, les seniors risquent vite d’avoir besoin de plus de structures d’accueil et de soins qu’il en existe déjà. Une piste à creuser: former des auxiliaires de vie (Ph. Fotolia)

    La société change et les familles s’organisent autrement. Si nous continuons à vivre entre générations, c’est un principe, de plus en plus de jeunes couples souhaitent leur indépendance. Résultat, avec le nombre de personnes âgées qui augmente et l’espérance de vie qui rallonge, les seniors risquent vite d’avoir besoin de plus de structures d’accueil et de soins qu’il en existe déjà. Le Centre d’études et de recherches démographiques (CERED) prévoyant même un nombre des personnes âgées quasi similaire à celui des jeunes en 2050. Alors toute action à leur profit est bienvenue. L’association Fleur d’Oranger a été fondée en novembre 2014 pour former des jeunes déscolarisés issus de familles modestes et aider les personnes âgées isolées et sans ressources financières à travers un protocole de prise en charge. En fait, inventer une profession pour ce qui se fait normalement entre les membres d’une même famille: auxiliaire de vie. Une demande motivée par les proches, par les associations dédiées et aussi par les retraités étrangers installés au Maroc. A l’origine de cet ambitieux et nécessaire projet, une Suissesse d’origine libano-marocaine, Fayrouz De Liquori Chams-Eddine, qui a réussi à obtenir le soutien d’une experte mandatée grâce à la direction générale de la Croix Rouge Suisse. «C’est en regardant le film Intouchable que j’ai eu envie de me lancer pour aider à la fois les personnes dans le besoin et enrichir le marché de l’emploi. Philippe Pozzo di Borgo, dont le film s’inspire, a d’ailleurs accepté d’être le parrain de coeur de notre association».
    Etant donné que la demande est plus forte que l’offre, le pôle formation Maroc, installé à Marrakech, est ouvert aux hommes et aux femmes, qui ont le profil requis pour le métier. «Une sélection pointue est faite pour assurer des auxiliaires de vie d’une grande compétence. Car les résultats sont là. Ces personnes formées opèrent des miracles dans l’exercice de leur profession. Nous voyons renaître des personnes âgées jusque là délaissées. Car l’accompagnement va bien plus loin que de simples soins». Cette formation sur 4 mois théoriques et 2 mois de stage, dont le coût s’élève à 30.000 DH, concerne les soins aux seniors, mais pas seulement. L’auxiliaire de vie est formée pour répondre également aux besoins des malades, accidentés, handicapés, aux personnes en difficulté passagère (administrative ou familiale), aux jeunes mamans, femmes enceintes et aux enfants. En plus d’une longue liste de thèmes abordés pendant la formation, au programme également des cours intensifs d’informatique et de français. Car être auxiliaire de vie n’est pas tâche facile. Il faut à la fois savoir être autonome dans son organisation, tout en s’adaptant aux demandes de la personne aidée et de son entourage. Il s’agit également de travailler en coopération avec d’autres intervenants au domicile comme les employés de maison ou le personnel soignant. Tout en veillant à la sécurité de la personne dont il a la charge, il doit être capable d’appréhender les conséquences des principales pathologies rencontrées. Et bien sûr la patience, le respect et la discrétion sont de rigueur. Être formé est donc une nécessité.
    Une profession encore toute nouvelle, qui a l’avantage de répondre à un besoin grandissant, et qui au passage pourrait booster la création d’emplois. Reste à consolider les partenariats. Car si le projet a tous les atouts pour réussir, il s’agit encore de faire évoluer les mentalités, de motiver les politiques et de tisser des partenariats solides.

    En bas de l’affiche

    Le dernier classement du «Global age watch» place le Maroc à la 84e place sur 96 en matière de situation des personnes âgées. Peu glorieux, et une place de perdue depuis l’année dernière. Cette évaluation de l’ONU et de l’ONG HelpAge est calculée suivant des critères essentiels à la qualité de vie. Que ce soit la sécurité des revenus, l’emploi, l’éducation et l’environnement, comme l’accessibilité à l’espace public urbain. Mais surtout, le volet santé à qui le Royaume doit en grande partie sa mauvaise note. Cette année, c’est la Suisse qui arrive en tête du classement, et l’Afghanistan à la fin.

    Stéphanie JACOB

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