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Economie

Croissance molle, crédit en panne: BAM prépare la riposte

Par L'Economiste | Edition N°:4675 Le 28/12/2015 | Partager
Un sommet urgent en janvier pour identifier les causes du blocage
Risque sur les grands comptes: l’avertissement de Jouahri aux banques
La décompensation du sucre démarre le 1er janvier et s’étalera sur 18 mois

 

Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib, émet des critiques sur la concentration des risques sur quelques grandes entreprises. Il attend plus de vigilance de la part des comités d’audit, de crédits, des établissements bancaires (Ph. L’Economiste)

■ Décrue du déficit budgétaire, mais pas de la dette
Le plus marquant dans les dépenses de l’Etat, insiste le gouverneur de la banque centrale, c’est le recul historique de charges de compensation (-60%). Le budget 2015 prévoyait 22 milliards de dirhams, mais au final, les subventions des produits de base (y compris pétroliers) ne seraient que de 13 milliards de dirhams. La décompensation des carburants aura été une réforme gagnante pour les finances publiques. Sur un an, le Trésor économisera donc 9 milliards de dirhams, soit à peu près l’équivalent d’un mois de la paie des agents de l’Etat.
Mais la masse salariale reste une inquiétude car elle est rigide (+1,3%) dans son évolution, soulignent les autorités monétaires. Par ailleurs, comme L’Economiste l’avait annoncé en exclusivité, la décompensation du sucre interviendra à partir du 1er janvier 2016 et s’étalera sur 18 mois. Le gouverneur de BAM confirme.
Au regard de ces éléments, Bank Al-Maghrib assure que le déficit budgétaire sera bien contenu à 4,3%. Le gouverneur, Abdellatif Jouahri confirme que l’on est sur la bonne trajectoire afin de le ramener à 3,5% en 2016 et à 3% du PIB fin 2017 comme cela avait été promis au Fonds monétaire international lors des négociations de la LPL (ligne de précaution et de liquidité).
Mais BAM reste néanmoins vigilante sur l’évolution de la dette du Trésor, aujourd’hui à 64% du PIB. La dette publique devrait continuer d’augmenter en 2016 (68% du PIB) avant une décrue en 2017 du fait de la baisse du déficit budgétaire. Cela devrait conférer plus de marge de manoeuvre au Trésor pour limiter le recours à la dette sauf situation exceptionnelle de dérapage des dépenses. BAM prend bien soin de souligner qu’elle n’a pas intégré l’impact éventuel du dialogue social (sous-entendu, une revalorisation salariale des fonctionnaires), ni la réforme du régime de retraite des agents de l’Etat dans ses projections. Le gouvernement a budgétisé 2 milliards de dirhams au titre de la contribution de l’Etat en cas de réforme des retraites des fonctionnaires.
■ Rencontre au sommet BAM, GPBM et CGEM
Les crédits bancaires continuent de décélérer. Pour toute l’année 2015, leur évolution ne devrait pas dépasser 0,5 point de pourcentage alors que les prévisions initiales étaient basées sur une croissance  de 4%. Comme L’Economiste l’avait relevé, les banquiers constatent une accalmie sur les demandes du crédit à l’investissement au guichet sans qu’ils ne trouvent eux-mêmes une explication ou des explications à cet arrêt.
Cette contraction de crédit est  un motif d’inquiétude pour Bank Al-Maghrib, affirme le gouverneur. Il va falloir que l’on identifie les véritables causes de cette situation. Jouahri va convier début janvier le GPBM (Groupement professionnel des banques du Maroc), le patronat (CGEM) afin d’identifier ensemble les causes de cette contraction du crédit à l’investissement. Est-ce les délais de paiement inter-entreprises, un problème de confiance, quels sont les secteurs les plus touchés,  est-ce l’attentisme lié aux prochaines échéances électorales, etc.? «Ce rendez-vous nous permettra de nous parler les yeux dans les yeux afin d’apporter des solutions communes», assure le gouverneur de Bank Al-Maghrib.
■ A plus de 500 millions de DH, syndication obligatoire
A la contraction des crédits d’investissement, s’ajoute une montée de créances en souffrance. La moyenne sectorielle s’élève à 7,7% avec un provisionnement qui se situe autour de 68%. Certains secteurs souffrent plus d’autres (l’immobilier, la sidérurgie, etc.). L’année qui s’achève a été marquée par les difficultés d’un certain nombre de grandes entreprises dans le secteur immobilier, l’aciérie  (Maghreb Steel, essentiellement) et le secteur pétrolier (Samir). Dans le montage des programmes de restructuration mis en place, il a fallu que les autorités monétaires concèdent des dérogations sur le traitement de certaines créances bancaires. Le gouverneur de Bank Al-Maghrib pose cependant quelques réserves non sans émettre quelques critiques à l’égard des banques: oui, il y a eu une forte concentration des risques sur un certain nombre de gros clients, mais Bank Al-Maghrib ne peut pas revenir à l’administration du volume des crédits à donner à un client, affirme Jouahri. «Mais nous exigeons plus de vigilance de la part du comité des risques, des comités d’audit et de conseils d’administration». Qu’ont fait ces organes? s’interroge le gouverneur de la banque centrale.  Et BAM a tiré les leçons de cette situation. Elle exigera systématiquement une convention de syndication entre les banques pour les crédits de plus de 500 millions de dirhams. Deux, le coefficient de division de risque sera ramené à 15% au lieu de 20 actuellement.
■ Profit warning même sur le PIB non agricole!
Sur la base de l’hypothèse d’une récolte céréalière moyenne (70 millions de quintaux, la même hypothèse sur laquelle se fonde le ministère des Finances), la croissance du PIB s’établirait à seulement 2,1% en 2016 (contre 4,5% cette année). La loi de Finances 2016 avait été élaborée sur une hypothèse de 3% de croissance. Des réajustements éventuels seront effectués au printemps 2016, fin mars, afin d’intégrer la situation définitive de la campagne céréalière.
Le PIB non agricole non plus ne bouge pas beaucoup, s’étonne le gouverneur de Bank Al-Maghrib. Sa croissance resterait à 3,3% en 2015 contre 3,1% en 2014. Plus inquiétant,  il décrocherait à 2,7% l’année prochaine.
Cette baisse de régime de l’activité économique est à mettre en corrélation avec les projections d’Euler-Hermes sur les faillites et les difficultés attendues sur le marché de l’emploi. La société d’assurance crédit prévoit une hausse de 10% des défaillances d’entreprises alors que la CGEM relevait, dans une enquête auprès de ses adhérents, que très peu d’entreprises comptaient embaucher. Au mieux, la majorité d’entre elles garderaient en l’état leurs effectifs, quand elles ne supprimeraient pas des postes d’emploi.
Par ailleurs, les autorités monétaires balaient d’un revers de la main toute divergence qu’il y aurait entre ses services et ceux du ministère des Finances.  Ce sont les méthodes et peut-être les horizons qui changent, mais sur le fond, rien de radicalement différent.

 

                                                                    

Les réserves de change s’envolent: 7 mois d’importations

 

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Alors que la croissance du PIB pourrait rentrer dans un cycle inquiétant de ralentissement (2,1% prévu en 2016, c’est moitié moins qu’en 2015), le compte courant réalise un redressement spectaculaire. Selon les projections de la banque centrale, son déficit serait ramené à 1% l’année prochaine après avoir frôlé 10% en 2012.
Au-delà de l’effet des nouvelles locomotives à l’export, l’automobile et l’aéronautique, et la bonne tenue des exportations de l’OCP, cette embellie des comptes extérieurs s’explique aussi par des effets conjoncturels: la chute des cours du pétrole brut et des matières premières. Mais ces facteurs-là ne sont pas renouvelables, prévient le gouverneur de Bank Al-Maghrib.
A noter aussi la résistance des recettes du tourisme (-0,9% à fin novembre), malgré un contexte international très tendu, et celle des transferts de fonds des MRE (voir L’Economiste du mercredi 23 décembre 2015). Les IDE sont en hausse de 7% à fin novembre 2015.
Résultat, les réserves en devises s’envolent. Elles devraient atteindre 220,8 milliards de dirhams fin 2015, soit l’équivalent de près de 7 mois d’importations (6 mois et 26 jours exactement). L’année prochaine, elles représenteront 8 mois d’importations, en intégrant l’hypothèse de la baisse continue des cours du baril de pétrole. C’est un niveau historique, bien au-delà du minimum prescrit par le FMI, au moins 3 mois d’importations.

 

Abashi SHAMAMBA
 

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