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    Competences & rh

    Mobilité des dirigeants
    A peine 4% de présidentes!

    Par L'Economiste | Edition N°:4668 Le 15/12/2015 | Partager
    Les femmes presque exclues du top management
    Très peu de directrices commerciales et de production aussi
    Mais plus jeunes que leurs collègues hommes, elles s’imposeront plus à l’avenir

    D’aucun le savent, plus l’on monte

    Il existe presque autant de directrices que de directeurs marketing et communication aujourd’hui. Les femmes, qui privilégient pour l’heure les métiers «stables», s’imposent aussi de plus en plus dans les DRH, les directions financières & juridiques et achats & logistique

    dans l’organigramme des entreprises, moins l’on trouve de femmes. Les instances dirigeantes des sociétés sont toujours peu accessibles à la gente féminine. Le Maroc est très mal classé en la matière. Selon une étude réalisée par la BAD (Banque africaine de développement) autour de la représentation féminine au sein des conseils d’administration des sociétés cotées en Afrique, sur 12 pays retenus, le Royaume arrive 11ème ! Avec une part de seulement 5,9% de dames dans les boards des entreprises cotées. Les détails de cette étude seront présentés ce mardi à Casablanca, lors d’une conférence co-organisée par le Club des femmes administrateurs d’entreprises au Maroc.  L’enquête de IBB Executive Search démontre que les dirigeants marocains sont plutôt jeunes, avec une moyenne d’âge de 43 ans et une expérience moyenne de 18 ans. Mais seuls 17% sont des femmes. Ces dernières sont minoritaires dans toutes les fonctions. A titre d’exemple, seuls 4% des présidents et DG sont des dames. Deux autres fonctions s’illustrent par leur caractère majoritairement masculin: la direction de production, où uniquement 3% des directeurs sont des femmes, et la direction commerciale, où cette part est d’à peine 4%. Pourquoi les ladies sont-elles quasiment exclues de la direction de ces deux départements? La production, c’est une spécialité industrielle nécessitant une présence continue sur le terrain. Les femmes, en général, ne s’y orientent pas naturellement. «En termes de premier emploi, les dames sont plus intéressées par les sièges sociaux et elles ont tendance à y évoluer. J’essaie, par exemple, de recruter des femmes ingénieurs dans des postes de terrain, mais elles n’y restent pas longtemps. Elles demandent rapidement à rejoindre le siège social. Au regard de notre psychosociologie, elles ont besoin de rythmes stables qui se rapprochent des habitudes sociales», explique Mohamed Tassafout, membre du bureau national de l’Agef (Association nationale des gestionnaires et formateurs des ressources humaines), DRH de Delattre Levivier Maroc. Eh oui, ayant plus de responsabilités familiales, elles privilégient les postes de desk.
    Côté formation, les filles lauréates des écoles d’ingénieurs sont presque tout aussi nombreuses que les garçons (45%, selon le ministère de l’Enseignement supérieur). Pourtant, dans les résultats de l’enquête, les dirigeantes ingénieures sont peu représentées (voir illustration).

    Les dirigeants sont répartis à parts égales entre lauréats des écoles d’ingénieurs, des universités et des écoles de commerce. Les femmes, elles, sont plus nombreuses à être lauréates des écoles de commerce et des universités

    Pourquoi sont-elles aussi rares à tenir les rênes des directions commerciales? «Il s’agit aussi d’un métier très dur qui requiert une présence au quotidien sur le terrain. Je pense, toutefois, que les entreprises optent souvent pour des profils masculins en réponse à la demande du client final. De manière presque caricaturale, un homme dans une région reculée du Souss passera mieux qu’une femme du Rif», pense Tassafout.
    En revanche, la part des dirigeantes est plus importante dans les directions marketing et communication où elles se sont largement imposées, presque à parts égales avec leurs collègues hommes. Elles continuent aussi de percer dans les directions RH, financières & juridiques et achats & logistique.
    Par secteur, les directrices sont plus nombreuses dans le conseil (35%), le bâtiment & immobilier (31%) et les entreprises publiques (20%). Contrairement à l’industrie (8%), le tourisme (10%) et l’énergie (14%) où elles peinent à se faire une place.
     «Cela dit, les choses changeront rapidement, parce que les mentalités sont en train de muer. Les jeunes femmes d’aujourd’hui sont extraordinaires. Elles sont ambitieuses et engagées», estime Leila Mamou, présidente du directoire de Wafa Salaf. Il y a quelques années par exemple, la fonction RH était dominée par les hommes. Actuellement, près du tiers des places sont occupées par des directrices.
    «Les femmes ont apporté au monde du travail une intelligence émotionnelle que les hommes n’ont pas toujours. Il est important pour les entreprises qui souhaitent évoluer de s’entourer également de femmes, car elles apportent un regard, des solutions et un management différents», souligne Malika Youssoufine. «Malheureusement, le monde du travail étant construit sur un modèle masculin, on leur demande toujours d’être deux fois plus compétentes et de donner des preuves de leur engagement beaucoup plus qu’aux hommes», ajoute-t-elle.
    Cela prendra peut-être quelques années, mais la gente féminine promet de s’imposer encore plus dans les postes de responsabilité, surtout qu’elles y accèdent plus jeunes que les hommes (41 ans en moyenne).

     

    Moins mobiles que les hommes

    Les femmes dirigeantes sont moins mobiles que leurs homologues masculins, avec une part de 23% contre 28% pour les hommes. Ceci dit, elles sont plus nombreuses à changer d’employeur que les hommes (68% contre 60%). Ces derniers sont, pour leur part, plus souvent promus en interne que les femmes (40% contre 32% pour la gente féminine). En revanche, en termes de revalorisation salariale, lors d’un changement d’employeur, les femmes arrivent à décrocher une augmentation de salaire plus importante (+31% contre +21% pour les hommes). C’est aussi le cas pour les promotions internes (+28% contre +19% pour les messieurs). Les directrices semblent s’aligner, doucement mais sûrement, sur les salaires des directeurs.

    Ahlam NAZIH

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