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Capital immatériel: Un colloque international à El Jadida

Par L'Economiste | Edition N°:4663 Le 08/12/2015 | Partager
Une «marque Maroc» forte pour valoriser notre richesse intangible
Son évaluation, l’éternel casse-tête

Tarik Kasbaoui, enseignant-chercheur, coordinateur du Congrès international sur l’économie de la connaissance et de l’immatériel: «Le capital immatériel est une richesse omniprésente dans tous les secteurs d’activité, qui exige une transformation profonde de nos modes de pensée et d’action» (Ph. T.K.)

Le Laboratoire de recherche en gestion, économie et sciences sociales (LARGESS) de la faculté polydisciplinaire d’El Jadida organise la 2ème édition du Congrès International sur l’économie de la connaissance et de l’immatériel (CIECI). L’évènement se tiendra le 16 et 17 décembre à El Jadida. Les participants plancheront cette année sur l’état des lieux et les enjeux du capital immatériel dans la région Mena et l’OCDE. Pour Tarik Kasbaoui, coordinateur du congrès et directeur du LARGESS, le Maroc devrait valoriser son capital immatériel à travers une «Marque Maroc» à forte valeur ajoutée.   
- L’Economiste: Les économies sont aujourd’hui de plus en plus basées sur le capital immatériel et les connaissances. Où en est le Maroc par rapport à cette tendance?
- Tarik Kasbaoui:
De nos jours, les forces motrices de la croissance, du développement économique et social et de la compétitivité se déplacent de la matière, du gaz, du pétrole ou de l’énergie vers l’information, l’innovation, le savoir et l’immatériel. Le capital immatériel est une richesse omniprésente dans tous les secteurs d’activité, qui exige une transformation profonde de nos modes de pensée et d’action.
Selon le rapport de la Banque mondiale publié en 2013, la part du capital immatériel dans la richesse globale du Maroc est estimée à 78%, contre 67% pour l’Egypte, 72% pour la Tunisie et -18% pour l’Algérie. Le niveau du Maroc est très proche de celui des pays développés, où la moyenne est comprise entre 66 et 80%.
Au cours des quinze dernières années, de nombreux programmes de développement multisectoriels et des réformes ont été lancés au Maroc. L’aboutissement de ces programmes nécessite la valorisation du capital immatériel de notre pays. Ceci à travers la construction d’une «Marque Maroc» à forte valeur ajoutée, qui devrait permettre de renforcer davantage sa notoriété, sa visibilité et son attractivité.
- L’évaluation de la partie immatérielle est problématique, surtout dans des pays où l’informel est omniprésent. Quelle serait l’approche la plus efficiente à votre avis?
- Tout d’abord, cette évaluation est problématique quel que soit l’angle d’approche. Une formalisation du concept de l'immatériel est un exercice difficile dû aux absences de critères de référence clairs. Cette énigme conceptuelle du capital immatériel nous amène à porter un grand intérêt aux problèmes de son évaluation. Ce capital ne peut être mesuré que très médiocrement en termes quantitatifs. Désormais, la question de la mesure nous fait basculer dans l’ordre qualitatif.
En outre, les véritables obstacles qui s’opposent à une reconnaissance du capital immatériel proviennent de la comptabilité nationale. Celle-ci ne mesure pas correctement, non seulement la richesse mais aussi le potentiel de développement d’un pays. La richesse globale d’une nation est souvent mesurée par des agrégats macroéconomiques traditionnels, tels que le PIB qui donne sans doute des interprétations erronées, imparfaites et insuffisantes à la prise de décision.
Le PIB ne prend pas en compte un certain nombre d’éléments, comme l’informel, le travail au noir, les activités illégales, l’autoproduction, la qualité des prestations, les inégalités, l’état du bien-être de la population, ... Les statistiques se trouvent faussées et les chiffres de la croissance peu fiables.
Le capital immatériel est considéré comme critère permettant d'intégrer les atouts qui n'ont pas été pris en compte dans les agrégats classiques. En somme, il comprend l’ensemble des facteurs qui ne peuvent être inclus ni dans le capital produit, ni dans le capital naturel, comme le capital humain, la cohésion sociale, la qualité des institutions, l'efficacité de la justice, l'innovation, la capacité des acteurs sociaux à dialoguer, … En résumé, tout ce qui est de nature à renforcer la dynamique de développement et l’attractivité d’un pays.
- Le capital humain fait partie des principales composantes du capital immatériel. Avec le retard accumulé en la matière, le Maroc peut-il s’inscrire pleinement dans l’économie du savoir?
- Certes, le capital humain est au cœur du capital immatériel. Son développement constitue un outil essentiel pour assurer une croissance économique soutenue. A une époque marquée par la mondialisation, le capital humain devient un investissement immatériel qui peut faire progresser la productivité, l’innovation et la recherche et développement.
On constate que le secteur éducatif marocain, en tant qu’entreprise de formation et de qualification des compétences, a subi des détériorations continues. Il est illusoire de considérer que le Maroc pourra demain apparaître comme un acteur majeur de l’économie de la connaissance sans remédier à cette faiblesse. Il devrait rattraper son retard, notamment sur le plan qualitatif,  en vue d’une insertion plus poussée dans cette économie. Pour gagner la bataille des idées, du talent et de la créativité, le Maroc doit changer de réflexes et de modèle.
Propos recueillis par
Ahlam NAZIH

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