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    La BEI projette des financements en monnaie locale

    Par L'Economiste | Edition N°:4617 Le 30/09/2015 | Partager
    Le Maroc sera le 1er dans la région à bénéficier de cette politique
    Un accord de coopération avec la CDG pour l'accès au financement des PME

    Romàn Escolano, vice-président de la Banque européenne d’investissement (BEI), est en charge des activités maghrébines de la banque depuis le 1er septembre 2015. Economiste de formation, ce haut cadre a successivement mis ses compétences au service du gouvernement espagnol, avant d’intégrer diverses institutions financières privées de ce pays. Il occupe, depuis septembre 2014, le poste de vice-président et membre du Comité de direction de l’institution financière européenne
     

    Pour sa première visite au Maroc à la tête des opérations de la BEI au Maghreb, Romàn Escolano, vice-président de l’institution financière, avait un agenda chargé: la finalisation d’un contrat de prêt de 75 millions d’euros octroyé à l’ONEE, un tête-à-tête avec Benkirane et un accord de coopération avec la CDG au profit des PME. L’institution financière maintient le Maroc dans son programme d’intervention stratégique dans la région, avec 6,7 milliards d’euros d’engagements déjà consacrés à ce marché. La banque ne compte surtout pas s’arrêter là…

    - L’Economiste: Vous venez de finaliser une opération sur le marché marocain. Comment se présente votre portefeuille?
     - Román Escolano:
    Nous travaillons en effet sur un portefeuille concret composé de divers projets avec le Royaume, tout en essayant de développer de nouvelles initiatives. 2015 sera une année significative en termes de résultat final et de volume d’engagements cumulé. Sans entrer dans le détail, nous sommes sur plusieurs initiatives qui devraient aboutir d’ici la fin de l’année. Les prochains mois seront déterminants en termes d’opérations à finaliser. Nous avons d’ailleurs l’intention de passer à des interventions de financement en monnaie locale. C’est un programme très important pour le Maroc dans la mesure où il mettrait le pays en position privilégiée par rapport à d’autres partenaires non européens de la BEI.  Le Maroc sera d’ailleurs le 1er pays dans la région à bénéficier de cette politique. La maturité du marché marocain des capitaux, du système bancaire et la maîtrise des mécanismes de change, rendent cette approche désormais faisable. Le pays est financièrement mûr pour ce type d’activité.
     - Qu’est-ce qui devrait changer, concrètement?
     - Cette possibilité de financement en monnaie locale devrait nous permettre de relever considérablement le niveau de nos interventions, tout en les diversifiant. En clair, c’est davantage d’opérations, mais aussi plus de clients qui pourraient accéder à de nouvelles lignes d’activités de la banque. Cela va vraiment donner une autre dimension à nos interventions. Nous sommes déjà en train de travailler sur ce projet avec les autorités marocaines et sommes bien avancés.
    - On connaît les nouvelles règles prudentielles en vigueur dans l’espace européen. Ce prêt avec l’ONEE est assujetti à une garantie d’Etat. Ce facteur est sûrement déterminant dans vos engagements…
     - C’est un facteur important, en effet, mais pas le seul. Nous nous focalisons  davantage sur la qualité des projets soumis et sur la qualité de la coopération que nous avons avec l’ONEE. Nous avons des priorités d’opération en interne. Nous  intervenons dans plusieurs pays sur la base d’un mandat de financement de prêts à l’extérieur de l’espace européen. L’adéquation avec les priorités stratégiques du Maroc et celles des activités de la BEI font du Royaume un marché important. Les contextes ont changé, mais le Maroc reste un partenaire privilégié. La croissance économique est là et les fondamentaux macroéconomiques nous garantissent une visibilité sur les critères de solvabilité de nos clients dans ce pays. Nous comptons donc maintenir notre engagement sur ce marché.
     - Quels sont les secteurs prioritaires, à moyen ou long terme?
    - Je vous rappelle que la BEI ne finance pas directement les budgets de l’Etat, mais des projets concrets. Nous procédons ainsi dans tous les pays où nous sommes présents. Nous n’intervenons que sur des initiatives concrètes, à la seule condition qu’elles soient économiquement viables, sérieuses et à fort impact pour le développement économique et social. La politique du gouvernement marocain de développer les investissements dans les infrastructures, nous offre des possibilités dans plusieurs domaines. C’est le cas par exemple de nos financements dans le secteur autoroutier, des énergies renouvelables et des infrastructures stratégiques qui ont un effet concret sur l’évolution de l’économie marocaine (TangerMed, industrie automobile…). Le financement des infrastructures est d’ailleurs notre domaine d’intervention historique. Aujourd’hui, nous y rajoutons le capital humain et l’appui aux TPME. Les pays de la région connaissent un grand déficit en opportunités de financement dédiés aux TPME. Or, ce sont ces entreprises qui créent le plus d’emplois. Nous avons une expertise technique et financière sur ce créneau et nous sommes prêts à faire de l’appui au financement des PME, une priorité dans nos interventions au Maroc. Nous venons d’ailleurs d’établir un accord de coopération avec la Caisse de dépôt et de gestion (CDG). L’objectif est de renforcer nos actions et d’explorer toutes les voies de collaboration pour améliorer l’accès au financement aux PME.
    Propos recueillis par
    Safall FALL
     

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