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«N’exploitez pas toutes vos idées!»

Par L'Economiste | Edition N°:4616 Le 29/09/2015 | Partager
Les changements brusques de stratégie peuvent être fatals
«La majorité des entreprises familiales manquent énormément d’ambition»
Adil Douiri livre ses conseils aux jeunes entrepreneurs

Partageant son expérience dans le monde des affaires, Adil Douiri était l’un des principaux conférenciers du CEED annual conference tenu récemment.

Au-delà des aléas économiques conjoncturels, seule une vision stratégique est capable de décider du sort d’une jeune entreprise dans un secteur donné. «Tout le monde à au moins une idée par jour concernant la direction de sa société. Mais, aussi brillantes qu’elles peuvent être, ces idées sont, au maximum, à noter quelque part et ensuite à oublier. Elles ne doivent pas être utilisées si l’on a déjà une stratégie. Cela peut véritablement mener vers la faillite». La citation vient d’un spécialiste dont le groupe industriel, Mutandis, avait des entreprises «qui ne roulaient pas à plein régime», Adil Douiri.  
Pour lui, les changements brusques et répétés de stratégies ne peuvent jamais être de bons signes. A moins qu’il s’agisse de s’adapter à un changement brusque dans le marché, il faut toujours garder le cap jusqu’à la réalisation de ses objectifs et être patient. Douiri donne exemple avec une société de détergents acquise en 2007 par son groupe. «La société était montée par un groupe d’amis et c’était plutôt une bonne idée. Mais à force des fautes de choix de gestion et des changements dans la stratégie quasiment tous les deux ans, les actionnaires ont beaucoup perdu d’argent et ont fini par céder l’entreprise», raconte l’homme d’affaires.  Après l’avoir repris, Mutandis a investi dans le développement des unités de production, les études de marché et l’octroi de nouvelles marques. Les résultats ne se sont pas montré dés la première année.  Mais au bout de 6 ans, l’entreprise a multiplié par cinq son chiffre d’affaires. «Si l’on a une idée claire sur ce qu’on veut faire et comment le faire, il est impossible de ne pas réussir au Maroc», assure-t-il.
Le Maroc regorge d’entreprises déficitaires en ambition. C’est le cas de beaucoup «d’affaires familiales» qui rapportent «assez» à leurs actionnaires, mais dont le potentiel reste inexploité. C’est le deuxième type d’entreprises dont Douiri est gourmand. Une des plus importantes acquisitions du groupe provient de cette catégorie d’entreprise. «C’était une entreprise de conserves de poisson qui rapportait assez d’argent pour la famille mais dont l’usine ne marchait que quelques mois par an selon la saison de pêche», raconte-t-il. Il fallait à tout prix garantir l’approvisionnement en poisson et la création de marques. Ce qui a pris 3 ans. Depuis (2009), ses revenus ont doublé. Les jobs qu’elles créent ne sont plus aussi périodiques et ses produits sont  vendus au Maroc mais aussi dans plusieurs pays africains.
Tout cela n’aurait pas été possible sans un grand investissement en conseil et de recrutement. «Il faut se garantir une expertise de grande qualité, peu importe son prix», assure-t-il. D’ailleurs, l’homme d’affaires recommande aussi de se garder une marge de manœuvre financière pour avoir toutes ses chances pour réussir. «Il n’y a qu’à la Silicon Valley où des profits monumentaux se font au bout de deux ans. Dans le «monde réel», il faudra attendre 5 à 6 ans pour gagner de l’argent. Il faut s’y préparer», conclut-il.
Mehdi Lahdidi
 

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