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    Economie

    Céramique: Pour la énième fois, un droit antidumping

    Par L'Economiste | Edition N°:4615 Le 28/09/2015 | Partager
    La requête vient d’être transmise au Commerce extérieur
    Sont concernées les importations espagnoles et italiennes

    Les céramistes repartent en guerre contre ce qu’ils appellent «la concurrence déloyale des importations». L’Association professionnelle des industries céramiques (APIC) vient d’adresser au ministère en charge du Commerce extérieur une requête pour l’application d’un droit antidumping contre les importations en provenance d’Italie et d’Espagne. Les professionnels affirment avoir des «raisons valables» pour accuser les exportateurs espagnols et italiens «d’inonder le marché marocain de produits à des prix en dessous du coût de revient».
    «Actuellement, les produits importés d’Espagne et d’Italie sont déclarés en moyenne à 36 DH HT le mètre carré, y compris ceux qui coûtent normalement 250 DH HT alors qu’ils devraient au minimum être à 52 DH. Or, selon des informations recoupées, le prix de revient minimal s’élève à 3,5 euros le m2», affirme Mohsine Lazrak, président de l’APIC. Ce dernier soupçonne également de la triche en matière de poids. «Les carreaux en provenance d’Espagne sont déclarés à 9 kg le m2 au lieu de 17 kg en 2014 comme le confirment les chiffres de l’Office des changes», ajoute le président. C’est ce qui expliquerait que, dans plusieurs cas, ces carreaux se brisent facilement. L’Administration des douanes a d’ailleurs été alertée sur les soupçons de minoration de poids des carreaux importés.
    Les prix pratiqués à l’import défient toute concurrence, accusent les opérateurs marocains. Même l’Egypte et les Emirats Arabes Unis, qui sont liés avec le Maroc par un accord de libre-échange, n’arrivent pas exporter sur le marché local aux mêmes prix que l’Espagne et l’Italie.
    Les niveaux d’importations commencent à inquiéter sérieusement l’industrie puisqu’en 2014, elles ont atteint 34% du marché. La part des producteurs nationaux se réduit comme peau de chagrin. Ils sont convaincus que les chiffres de 2015 devraient être pires que ceux de l’année passée. C’est la raison pour laquelle ils ont décidé de réagir. Cela fait déjà quelques semaines qu’ils sont en train de peaufiner la requête pour l’application d’un droit antidumping selon les dispositions de l’Organisation mondiale du commerce. Les membres de l’APIC affirment avoir trouvé une oreille attentive auprès du ministère du Commerce extérieur.
    L’industrie de la céramique a déjà bénéficié de mesures de sauvegarde à deux reprises sans que cela ne change rien à la situation. Le président s’en défend et affirme que la «concurrence loyale est la bienvenue, mais quand les importations dépassent les 30% de part de marché, il faut protéger l’industrie nationale comme le prévoient les règles de l’OMC».

    3,5 milliards de DH de chiffre d’affaires

    Les industriels rejettent l’idée de chercher à s’abriter derrière des obstacles aux frontières face aux produits importés, censés être plus compétitifs. «Les producteurs nationaux sont capables de fabriquer tous types de carreaux de qualité et à des prix compétitifs», affirme le président, qui rappelle que pendant la période où le gouvernement avait introduit des mesures de sauvegarde, les céramistes avaient réalisé de «gros investissements» pour monter en gamme tout en s’imposant des «normes rigoureuses». En 2014, le chiffre d’affaires de l’industrie céramique a atteint 3,5 milliards de DH.

    Hassan EL ARIF

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