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    Analyse

    Conseil BAM
    Jouahri: La qualité de la croissance se détériore

    Par L'Economiste | Edition N°:4615 Le 28/09/2015 | Partager
    L’effet d’entraînement du PIB agricole sur les autres activités s’amoindrit
    Destruction d’emplois malgré une campagne céréalière record
    «La politique monétaire ne peut pas tout résoudre», prévient le wali de BAM

    La croissance du PIB va pratiquement doubler selon les différentes prévisions à la faveur d’une excellente campagne céréalière. Pourtant, la forte croissance du PIB agricole n’est pas inclusive. Le secteur primaire a enregistré 44.000 pertes d’emplois au premier semestre contre une création de 46.000 postes à la même période en 2014
     

    Après les deux baisses successives du taux directeur en 2014, Bank Al-Maghrib s’abstiendra de toute manipulation cette année. Abdellatif Jouahri, le gouverneur de la Banque centrale, a fermé la porte à un nouvel assouplissement monétaire après le maintien du taux directeur à 2,5% au terme du conseil du 22 septembre.
    Depuis décembre 2014, le contexte a beaucoup évolué et ne plaide pas pour une révision du taux-mère. La croissance a retrouvé un peu de vigueur et sera de 4,6% en fin d’année selon les prévisions de la Banque centrale, soit pratiquement le double de l’année dernière. L’inflation a également accéléré. Elle a été de 1,7% en août après avoir atteint un pic de 2,4% en juillet. Cela nous met aux antipodes de la désinflation enregistrée en 2014: hausse moyenne de 0,4% des prix à la consommation.
    Cependant, certains observateurs espéraient un nouveau coup de pouce de la Banque centrale pour relancer le crédit et par ricochet, peut-être la croissance des activités non agricoles. «Il ne faut pas faire jouer au taux directeur le rôle qu’il n’a pas», a insisté le gouverneur de BAM. Les deux dernières baisses n’ont pas eu l’effet escompté sur l’investissement des entreprises. Le message de la Banque centrale est claire: «La politique monétaire ne peut pas être le seul remède, ni l’unique excitant de l’économie».
    La demande de crédit des entreprises reste toujours molle, mais «il y a aussi un problème d’offre» concède le wali de BAM. Les établissements de crédit ont resserré le robinet pour la promotion immobilière. Idem dans le tourisme: «Les banques y ont mangé du bouillon», caricature Jouahri. La progression du crédit s’est limitée à 2,3% en juillet. En valeur réelle, elle s’approche de zéro en tenant compte d’une inflation de 1,8% en moyenne depuis le début de l’année. Même si le crédit interentreprises constitue une part importante dans le financement des sociétés, il y a tout de même quelque chose qui s’est rompu. Il faudra entre autres rétablir la confiance des opérateurs pour qu’ils relancent les investissements.
    Aujourd’hui, ils sont moins enclins à se projeter sur un horizon long. Le comportement des chefs d’entreprise suscite de nombreuses interrogations sur le contenu de la croissance. La performance du PIB non agricole au premier trimestre est moins consistante qu’à la même période en 2014. Le rythme est plus soutenu pour la composante agricole – 12% contre une baisse de 1,6% – mais la Banque centrale s’inquiète de la qualité de cette croissance. Malgré une campagne céréalière record, le secteur primaire a créé quatre fois moins d’emplois sur les trois premiers mois de 2015 comparé à l’année dernière. D’avril à juin, l’agriculture a même enregistré 58.000 pertes d’emplois contre seulement 7.000 une année plus tôt. Cette situation tranche avec l’historique. De plus, la capacité du secteur agricole à tirer les autres branches d’activité vers le haut s’est beaucoup amoindrie, constate BAM. «Ce sont des phénomènes nouveaux qui méritent une analyse plus approfondie pour en connaître les causes», note Jouahri. Sur les perspectives économiques, le gouverneur a un avis plutôt mitigé: «Je suis un peu plus pessimiste qu’optimiste de par mes responsabilités. Je préfère avoir une bonne surprise qu’une mauvaise».    
    D’une certaine manière, il y a urgence à mettre en œuvre des réformes. La conjoncture internationale – l’effondrement du prix du pétrole, la baisse des prix des matières premières agricoles et la bonne tenue des exportations – ouvre des brèches dans lesquelles il faudra s’infiltrer.
    Malgré le sentiment de morosité et d’incertitude qui plane sur l’économie, «le Maroc reste une destination invraisemblable. Sur le plan politique, il est une exception dans la région Mena et continue d’attirer de grands groupes», tient à rassurer le wali de Bank Al-Maghrib. Preuve en est, il va accueillir deux mastodontes du secteur financier international. La banque britannique HSBC et Bank of China vont s’installer à Casablanca Finance City. Exim Bank of China a également obtenu l’agrément pour l’ouverture d’un bureau de représentation à Rabat.
    F. Fa.

     

     

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