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Analyse

Automobile
Le Maroc dans le radar du business mondial

Par L'Economiste | Edition N°:4598 Le 01/09/2015 | Partager
La destination challenge la Turquie, la Roumanie et le Mexique
Elle se positionne sur de nouveaux modèles prévus pour 2018
La crise économique prolongée qui règne au Nord de la Méditerranée n’a pas épargné le secteur automobile européen. L’industrie en zone euro fait en effet face à des coûts de production structurellement élevés, auxquels s’ajoute un manque de débouchés sur leurs marchés domestiques respectifs. Un contexte qui a poussé les groupes internationaux du secteur à se tourner davantage vers les marchés émergents. Un changement de paradigme dans l’industrie automobile qui représente une opportunité pour que le Maroc fasse son entrée dans le club des pays opérant sur le secteur. «Aujourd’hui, nous avons inscrit la filière auprès des grands constructeurs et donneurs d’ordre. Nous avons entamé des consultations avec eux sur de nouvelles gammes de véhicules qui seront sur le marché à partir de 2018», explique Hakim Abdelmoumen, président de l’Amica. 
Le royaume est, rappelons-le, loin d’être le seul pays à s’être positionné sur ce créneau. Les experts de la Division des études et des prévisions financières (DEPF) du ministère de l’Economie ont identifié des pays comme la Roumanie, la Turquie comme des concurrents du Royaume sur ce créneau. Ces marchés comme l’offre marocaine, attirent en particulier des acteurs soucieux de bénéficier de coûts de production moins élevés qu’en Europe de l’Est. Avec 15 constructeurs implantés dans le pays, plus de 1.000 équipementiers et 500.000 emplois générés, la filière automobile est l’un des piliers de l’économie turque. Favorisée par l’entrée dans l’union douanière en 1996, Ankara a connu une mutation de son industrie pour devenir progressivement l’un des principaux centres de production mondiale avec 1,17 millions d’unités en 2014. Côté exportations, elles atteignent 855.000 véhicules générant un chiffre d’affaires de 22,8 milliards de dollars. 
 
Manque en R&D
 
Le pays est aujourd’hui le 16e producteur mondial et le 5e en Europe. Le marché turc est dominé par Oyak-Renault (joint-venture entre le fonds de pension Oyak et le groupe Renault) qui concentre à lui seul plus de la moitié de la production. Suivi de Tofas une joint-venture entre le groupe Fiat et la famille Koç. A ces entités, s’ajoute la présence de Ford, Hyundai, Toyota, Honda…. D’ailleurs, la filière turque reste largement dépendante de ses commandes en direction de l’Europe de l’Ouest (60 à 80% de la production y est destinée). Ankara dispose aussi d’une main-d’œuvre à coût extrêmement compétitif (4,5 dollars/heure) comparé aux pays d’Europe de l’Ouest contre 40 dollars en France et 25,9 en Espagne. «Si le Maroc veut demeurer dans la course, il est crucial de redoubler d’efforts sur les salaires (estimé à 1,30 dollars/heure), les qualifications et un environnement des affaires favorable. Le timing est tout aussi important», précise un observateur du secteur automobile.
Bien que la Turquie dispose de ressources humaines de qualité en ingénierie ou encore dans l’application de processus éprouvés au sein de la gestion de la production, le pays souffre d’un handicap en termes de R&D qui risque d’affaiblir la compétitivité du secteur automobile turc. Le Mexique est un autre concurrent du Maroc, il occupe la 8e place au niveau mondial et la 1e position en Amérique latine en terme de production. L’industrie mexicaine a atteint en 2014 une production record de 3,2 millions de véhicules, dont 2,6 millions d’unités ont été redirigées à l’export, soit 82% de la production. Ce qui fait du Mexique le 4ème exportateur mondial. Les voitures mexicaines sont en grande majorité destinées aux USA (70%), mais aussi à plus de 100 pays. L’industrie mexicaine reste par ailleurs, entièrement dépendante des donneurs d’ordres étrangers, notamment en termes de conception des véhicules et d’investissements. La DEPF a identifié l’estampage, la fonderie, le forgeage ou encore l’usinage, comme handicaps en terme de process industriels. De tous les concurrents, la filière automobile roumaine est l’activité qui a le plus de similitude avec l’industrie automobile marocaine. Il est le 1er secteur exportateur et l’un des principaux moteurs de la croissance économique du pays avec 338.000 véhicules expédiés en 2014 (dont plus de 338.000 en provenance de l’usine Dacia et 52.000 pour l’Américain Ford) pour une valeur globale de 16 milliards d’euros. La filière roumaine a totalisé une production de 391.434 unités en 2014. Comme au Maroc, l’industrie roumaine est caractérisée par la présence de Renault qui a fait du pays le seul pays hors France doté de l’ensemble de ses structures opérationnelles: centre R&D, de design, centre technique et d’essais… ou encore une usine d’assemblage. L’activité est organisée autour de 2 pôles historiques: Mioveni reprise par Renault en 1999 et Craiova racheté par Ford en 2008.
A. At

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