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    Culture

    Une résidence au-delà des frontières…

    Par L'Economiste | Edition N°:4596 Le 28/08/2015 | Partager
    Des recherches et des productions autour de l’immigration à l’Appartement 22
    Un travail réalisé à distance entre l’écrivain Emmanuel Iduma et le photographe Emeka Okereke

    Photographie tirée de la série «A Walk in a Draa» réalisée en 2014 par Emeka Okereke & Emmanuel Iduma.

    Une résidence autour du thème de l’immigration conçue par deux artistes nigérians, l’écrivain Emmanuel Iduma et le photographe Emeka Okereke, est en cours jusqu’au 31 août à l’Appartement 22 à Rabat. Les deux artistes invités par Abdellah Karroum, fondateur de l’Appartement 22, sont membres du collectif «Invisible Borders», un projet transafricain dont la démarche artistique est assez atypique. Elle consiste à constituer un groupe d’artistes qui sillonnent les routes africaines en bus (les groupes ainsi que les itinéraires sont différents à chaque fois). Okereke qui en est le fondateur et directeur artistique et Iduma directeur de publications s’intéressent principalement à la question du déplacement et notamment des frontières. 
    Cette résidence consistait à se rendre au Maroc afin de rencontrer la communauté migrante subsaharienne, suite à d’un travail avec l’Appartement 22 qui a dû être abandonné faute d’obtention de visa pour une partie du groupe. Le collectif transnational avait alors prévu de traverser l’Afrique et l’Europe, de Lagos à Sarajevo. Cette résidence, qui vient réactualiser ce projet, connaît à nouveau le même problème, et cette fois-ci c’est Okereke qui n’a pu obtenir son visa! A quelque chose parfois malheur est bon, car cet obstacle a apporté un cadre conceptuel intéressant à la résidence qui sera maintenue. Les artistes travaillent depuis le 14 juillet à distance par Skype. Afin de pouvoir se plonger dans l’écriture, Iduma, présent au Maroc, a été dans un premier temps à la rencontre de personnes qui ont migré et de nombreux acteurs du monde associatif et culturel. L’écrivain s’est rendu notamment au centre culturel africain, très impliqué et qui aide la communauté de migrants subsahariens, au  Gadem, à la Fondation Orient-Occident, à Racines… Le travail d’écriture a été mené dans un deuxième temps après son immersion totale avec les migrants. Iduma a déjà produit deux textes poétiques à l’issue de ses recherches. De son côté, Okereke a réalisé des photographies en allant rencontrer des futurs migrants qui préparent leur voyage ou encore certains qui ont fait le voyage et qui sont revenus au pays. «J’ai essayé de combiner le fruit de mes recherches et de mes rencontres avec mes réflexions autour du mouvement et ce, à travers le contexte  dans lequel je me trouve en tant qu’étranger. Je n’essaie pas de tirer des conclusions, je souhaite simplement décrire comment j’ai ressenti les choses, un sentiment similaire à celui des migrants qui se trouvent au Maroc», explique Iduma.
    Né au Nigéria, Emmanuel Iduma est écrivain, critique d’art, directeur et co-fondateur de Saraba Magazine, directeur de publications pour «Invisible Borders». Il organise également des projets artistiques. Iduma a une formation d’avocat et obtient également un diplôme en critique d’art et écriture à l’école d’arts visuels de New York où il est en résidence à la plate-forme de projets «Danspace».
    Emeka Okereke, également nigérian, est un artiste visuel et écrivain qui vit et travaille entre l’Afrique et l’Europe. Ce diplômé des Beaux-arts de Paris travaille principalement la photographie mais aussi des médiums basés sur le temps tels que la vidéo, la poésie et des interventions performatives dans l’exploration du thème central des «frontières». Il a exposé dans le monde entier, notamment à Cape Town, Washington, Beyrouth ou encore Londres. Il était membre du collectif de photographie reconnue Depth of Field (DOF). Il est le fondateur et directeur artistique de «Invisible Borders : The Trans-African Project». 
    Iduma et Okereke travaillent aussi, en ce moment, sur une publication, avec ses textes et les photographies d’Okereke, qui sera produite par l’Appartement 22. Pour les intérressés, l’espace d’art indépendant organise aujourd’hui 28 août à 19h une rencontre avec Emmanuel Iduma qui présentera son travail et partagera ses sentiments suite à ses recherches et ses entrevues. 
    Invisible Borders
    Invisible  Borders est un collectif qui a été fondé en 2009 par Emeka Okereke. Ce dernier a rassemblé un groupe de photographes nigérians afin de sillonner l’Afrique en questionnant les rapports aux frontières et les déplacements. «Le Trans-african road trip project» est constitué de photographes, écrivains, vidéastes… qui partagent leur art dans les différentes villes traversées et échangent également avec les artistes locaux. Invisible Borders aspire à développer ses actions au-delà du problème des frontières en se penchant sur d’autres discriminations à travers l’art. Ce collectif transnational a présenté son projet sur le continent africain mais également à la 56e Biennale de Venise avec  «Invisible Borders - A Trans-African Worldspace» curaté par Emeka Okereke.
    Aïda BOUAZZA
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