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    Automobile: Le moteur chinois peut-il caler?

    Par L'Economiste | Edition N°:4596 Le 28/08/2015 | Partager
    Les constructeurs étrangers n’excluent pas des ajustements
    Le luxe et l’agroalimentaire devront composer avec la dévaluation du yuan

    Les ventes automobiles en Chine sont en chute libre. Après 14% en 2013 et 6,9% en 2014 (pour 23,4 millions d’unités), les professionnels tablent uniquement sur 3% en 2015. L’automobile est l’un des secteurs touchés par les derniers événements à Pékin dont la croissance ralentit à cause des investissements et des exportations moins dynamiques. Avec une «vraie» croissance de la Chine au 2e trimestre 2015 de 3% probablement et pas de 7%, on obtient une croissance mondiale de 2% seulement, selon les experts de Natixis.

    EN août, l’activité manufacturière chinoise a reculé lourdement. Les exportations du pays se sont effondrées de plus de 8% sur un an en juillet, tandis que la production industrielle enregistrait un très fort ralentissement. Pour les experts de Coface, «les objectifs de croissance du PIB de 7% sur lesquels table le gouvernement chinois semblent de plus en plus irréalisables cette année». Ils imputent le ralentissement aux investissements et à la chute des exportations. Ceci est palpable en particulier dans les secteurs liés à l’industrie (produits chimiques, acier ...) et ceux touchés par les pertes de compétitivité-prix liées à l’augmentation des coûts de main-d’œuvre (par exemple le textile). L’investissement en construction a freiné aussi au cours des derniers trimestres. 
    Parmi les secteurs les plus touchés figure l’automobile. Jusque là, les constructeurs étrangers observent sans panique la situation actuelle et n’excluent pas des ajustements. Certains ont revu à la baisse leurs perspectives de croissance cette année. D’autres n’excluent pas une guerre des prix. 
    Globalement, la situation ne compromet pas la solidité financière des groupes, mais elle inciterait à redéfinir les politiques d’investissement. Plusieurs groupes sont exposés. Volkswagen et BMW révisent à la baisse leurs prévisions de croissance pour cette année. GM anticipe de solides résultats en Chine. Toyota qui réalise environ 11% de ses ventes en volume assure ne pas avoir constaté de conséquences à ce stade sur son activité. PSA avait évoqué fin juillet un plan pour s’adapter aux nouvelles conditions de marché. Renault construit une usine à Wuhan pour 2016. Son PDG, Carlos Ghosn, a dit récemment qu’il visait 3,5% de parts de marché dans une première étape. Les turbulences ne changent pas l’équation.
    L’autre secteur en danger celui des horlogers suisses qui vont devoir composer avec la dévaluation du yuan. Leurs exportations sont de surcroît lourdement affecter par les mesures de lutte contre la corruption imposées par Pékin. Plusieurs groupes suisses dont Richemont ou encore Swatch Group ont vu leurs actions chuter. Pour Swatch Group, «cette mesure reste positive puisqu’elle pourrait stimuler la consommation».
    L’agroalimentaire est aussi concerné. Les déboires en Chine risquent de peser sur le marché mondial du lait. Ce dernier est déjà miné par l’effondrement des cours et la concurrence. En 2012, Pékin est devenu le premier importateur de produits laitiers et achète depuis environ 10% de la production mondiale. 
    Ce qui est sûr c’est que la crise chinoise n’a pas que des conséquences négatives pour l’économie française. Son industrie bénéficie de la chute du cours des matières premières (notamment du pétrole) et des effets des taux de change.
    Effet euro/dollar
    L’euro baissait jeudi 27 août face à un dollar conforté par de bonnes données aux Etats-Unis et dans un marché toujours très volatile sur fond d’inquiétudes sur la croissance chinoise. Début d’après-midi, la monnaie unique européenne valait 1,1237 dollar contre 1,1312 dollar mercredi soir. «Si la Chine veut continuer à déprécier le RMB, elle devra accroître (ou moins réduire) ses réserves de change. Ce qui conduit normalement à une appréciation de l’euro par rapport au dollar», indique Patrick Artus, chef économiste chez Natixis dans une note économique. L’euro s’est réapprécié par rapport au dollar dans la période récente malgré la baisse du prix du pétrole. Ceci pousse à réfléchir à un scénario de réappréciation progressive de l’euro qui a du sens avec: «la nécessité d’une appréciation de l’euro pour compenser l’écart de taux d’intérêt entre les Etats-Unis et la zone euro, la faiblesse du durcissement à venir de la politique monétaire des Etats-Unis et le retour des capitaux à court terme et à long terme vers la zone euro». A cela s’ajoutent, «l’excédent extérieur de la zone euro et le passage à une politique de dépréciation du RMB par les autorités chinoises».
    F. Z. T. 
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