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    Evénement

    Consulats: La première escadrille en route

    Par L'Economiste | Edition N°:4589 Le 17/08/2015 | Partager
    Une quarantaine de lauréats de l’Académie des études diplomatiques
    Le challenge sera de répondre à des attentes aussi variées que complexes

    Le ministère des Affaires étrangères doit relever le défi de répondre aux besoins et attentes des MRE qui sont souvent transverses

    Serait-ce la parade aux problèmes des consulats du Maroc à l’étranger? Une quarantaine de jeunes lauréats de l’Académie marocaine des études diplomatiques ont été sélectionnés pour être affectés dans les consulats. Salaheddine Mezouar, ministre des Affaires étrangères, les a réunis au lendemain de leur nomination pour les derniers réglages. Selon une source du cabinet du ministre, ce groupe de jeunes était déjà pressenti pour être redéployés à l’étranger. Mais le coup de semonce royal a précipité les choses. Ces jeunes ont déjà suivi une formation de 18 mois, mais devront retourner aux bancs d’école encore trois mois avant d’être déclarés bons pour le service. Certains auront le grade de vice-consul, d’autres vont exercer dans les fonctions de support avec le statut de «personnel administratif et technique». Sont concernés par ces nouvelles affectations les consulats ayant de gros besoins en ressources humaines et présents dans des pays où il y a une forte communauté marocaine tels que la France, l’Espagne, l’Italie, la Belgique ou encore certains pays arabes.
    La diversité des pays d’implantation des MRE accentue les difficultés de prise en charge des besoins. Certains consulats du Maroc à l’étranger sont souvent une transposition fidèle du modèle où les critères de sélection et d’affectation ne sont pas toujours basés sur la compétence et le mérite. Résultat: le service au guichet ne suit pas, ni la qualité d’ailleurs. Pour une petite formalité, les délais de traitement peuvent prendre plusieurs semaines.
    Certains MRE sont parfois obligés de parcourir plusieurs centaines de kilomètres pour se rendre dans un consulat car toutes les régions ne sont pas couvertes. Ce qui leur occasionne des dépenses dont ils pourraient bien se passer, sans oublier les demandes d’absence qu’ils doivent formuler auprès de leurs employeurs. Autant de tracasseries qui exaspèrent cette catégorie de population.
    «Les MRE n’ont jamais eu de privilèges et ne demandent pas à en avoir. La seule chose qu’ils attendent des représentations diplomatiques, c’est d’être à l’écoute de leurs problèmes et de leurs attentes. Bref, nous réclamons d’être considérés comme des Marocains comme les autres», explique Salem Fkire, président de l’association CAP Sud MRE, qui préconise que «le travail dans les consulats soit ouvert aux résidents marocains à l’étranger pour plus de proximité».
    Le Souverain est conscient que les consulats marocains à l’étranger ne sont pas aussi performants qu’ils devraient l’être. Outre l’absence de moyens, des pratiques répréhensibles indignes des représentants de l’administration marocaine sont souvent signalées par des MRE. Lors de sa réunion avec la jeune «garde» qui devrait aller en renfort des consulats vers le mois de novembre, le ministre des Affaires étrangères a déclaré que «son département agira avec fermeté avec tout ce qui pourrait entacher l’image du ministère ou du Royaume». Outre le changement de la manière de travailler dans les consulats, des têtes vont tomber. Les responsables qui n’ont pas donné satisfaction devront être réintégrés dans l’administration centrale.
    Le défi auquel sont confrontés les consulats marocains, c’est qu’ils sont devant l’obligation d’être aussi performants que l’administration publique des pays d’accueil des MRE. Dans la majorité des cas, les formalités administratives  sont souvent accomplies via internet et ne nécessitent pas toujours un déplacement. Et pas besoin d’avoir une «entrée» pour accélérer la procédure. Le contraste avec le traitement aux guichets des consulats est saisissant.
    Les problèmes des MRE sont parfois aussi complexes que variés. Cela va des formalités d’état civil comme l’enregistrement des naissances, les mariages, les divorces à l’exequatur des jugements en passant par l’immatriculation des biens immeubles, la légalisation des documents administratifs, les demandes d’information… Des démarches si complexes que les MRE doivent parfois passer leurs vacances à courir les services administratifs pour  les régler. Le challenge sera maintenant de redorer l’image des consulats marocains.

    Une centaine de représentations diplomatiques

    Les MRE se plaignent régulièrement du faible nombre des consulats et de leur éloignement, mais l’ouverture et l’entretien de représentations diplomatiques est un prestige que peu de pays peuvent se permettre. Selon les données du ministère des Affaires étrangères, le Maroc compte actuellement 91 représentations diplomatiques et une cinquantaine de consulats. En plus des questions politiques, les ambassades sont censées jouer un rôle de relais pour la promotion des échanges économiques, culturels et scientifiques entre le Royaume et les pays d’accueil. Les consulats généraux sont pour leur part chargés de protéger les intérêts du Maroc et des ressortissants marocains dans les pays d’accréditation. Ils ont pour cahier des charges de fournir des prestations consulaires telles que la délivrance de la carte d’identité nationale, des passeports, des livrets de famille, les actes adoulaires, les visas…

    Hassan EL ARIF

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