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Evénement

Samir: L’Etat prend en main le dossier

Par L'Economiste | Edition N°:4584 Le 07/08/2015 | Partager
Il réquisitionne le site et enchaîne les réunions avec les actionnaires
Arrêt temporaire de la raffinerie, suspension à la Bourse…

2014 est l’un des pires exercices de la Samir. La compagnie a l’obligation de  sécuriser un stock stratégique de brut fixé à 4 millions de barils ainsi qu’un stock outils de 15 jours de vente

Ça ne flambera plus pour la Samir... Du moins pour les 2 à 3 prochaines semaines. La suspension du titre de la Bourse jeudi a confirmé les pires prémonitions: l’arrêt temporaire des activités de raffinage de la société, pour un redémarrage des machines attendu pas avant la fin de ce mois. L’information a été officialisée ce vendredi après plusieurs heures de supputations. La compagnie évoque un problème d’approvisionnement en brut dû à ses difficultés financières. Elle rassure tout de même dans la foulée en précisant que les livraisons en produits raffinés se poursuivront «en fonction des stocks disponibles, et ce, jusqu’à la reprise des unités de production de la raffinerie», vers le milieu de ce mois. Au même moment, les autorités prenaient le contrôle de la raffinerie. Le site de Mohammedia est quasiment en situation de réquisition et les entrées et sorties sont «filtrées». «Aucune activité n’est autorisée jusqu’à nouvel ordre», explique une source proche des négociations. Ces dernières 48 heures, les réunions de crise se sont enchaînées entre le ministère de l’Energie et les responsables de la société de raffinage. «Les autorités publiques sont en train de traiter directement avec les responsables de la Samir», nous explique un membre du management de la Samir. Les départements de l’Energie, des Finances et des Affaires générales, quant à eux, restaient encore tous injoignables à l’heure où nous mettions sous presse.
Mais comment en est-on arrivé là? Chacun des acteurs du secteur y va de son explication, de la plus logique aux plus sournoises. La thèse officielle met en avant les difficultés de trésorerie de la société, qui traîne une énorme ardoise de dette qui frôlerait les 30 milliards de DH. A ce chiffre s’ajoute quelque 10 milliards de DH dus à la Douane, dont 2,5 milliards DH rien que sur le mois dernier. «C’est un gouffre financier qui a absorbé beaucoup d’argent. La société n’a pas investi et n’a pas tenu ses engagements d’augmentation de capital. L’actionnaire principal ne veut plus y mettre un seul centime. Il n’y a plus d’argent dans les caisses de la société. Les investisseurs le savent et ont choisi de limiter les dégâts», résume un responsable du Groupement des pétroliers du Maroc (GPM). La source évoque aussi une dizaine de procès à l’international opposant le raffineur à ses fournisseurs en brut. Ce serait le cas, par exemple, pour une cargaison de 130 millions de dollars que le raffineur n’aurait pas encore payé. «Il faudra des investisseurs sérieux et aux reins solides pour redresser la situation», projette la même source.
La théorie du complot, elle, voudrait que la Samir soit victime d’une entente malsaine entre les distributeurs et les banques. Les premiers, n’ayant pas cautionné l’arrivée du raffineur sur leur propre segment d’activité, se seraient alliés à plusieurs banques pour bloquer le plan de restructuration de la dette de la société et l’arrivée de nouveaux investisseurs dans son tour de table. «Le problème est purement commercial. Il a commencé dès que nous avons décidé de nous mettre sur la distribution. Nous soupçonnons une alliance entre les distributeurs et les banques pour gêner nos activités», confie à l’Economiste un membre du top management de la Samir.
Le raffineur avait en effet pris la décision stratégique de se positionner sur le créneau de la distribution pour diversifier ses activités. Cette orientation a amené à la création d’une filiale spécialisée, la CDCC, il y a un peu plus de 2 ans, avec des ambitions extrêmement sérieuses: un réseau de 150 stations d’ici 2018 et une part de marché de 10 à 15%. L’opération en avait évidemment contrarié plus d’un dans le secteur de la distribution.
La société cherche, désespérément et depuis un bon bout de temps déjà, à séduire de nouveaux investisseurs pour l’aider à se remettre d’aplomb. Elle a même promis un plan d’économie de 2,5 milliards de DH sur les cinq prochaines années. La cession d’actifs était aussi envisagée pour faciliter l’entrée dans le capital de nouveaux acteurs.

Trop stratégique pour couler

La conjoncture internationale, marquée par la chute vertigineuse des cours du pétrole, n’aide pas le raffineur. La société affichait une perte de plus de 3,5 milliards de DH en clôture de son exercice 2014.  Ce trou dans la bourse de la Samir est dû à «la dépréciation de la valeur du stock stratégique du Maroc que détient la Samir», selon les explications de Jamal Ba-Amer, Directeur général de la Samir (Cf L’Economiste du 23 avril 2015). La valeur stratégique de la société pousse plusieurs observateurs à envisager le scénario d’une intervention de l’Etat, qui semble incontournable pour sauver les meubles. L’Etat devra intervenir, ou à défaut, convaincre les actionnaires à remettre de l’argent dans les comptes de suppression des subventions des pétroliers et de libéralisation des prix, attendu dès décembre, dans le secteur de la distribution. La Samir annonçait pourtant plusieurs décisions dans le cadre des efforts déployés pour apurer la dette de la compagnie pétrolière et contourner ses difficultés de trésorerie. Un plan de restructuration était même envisagé pour ce second semestre.

Safall FALL

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