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Les Cahiers de l'Émergence

«Pour les étudiants, la fac, un choix par défaut»

Par L'Economiste | Edition N°:4563 Le 07/07/2015 | Partager
Les reculades sur l’article 17 de la loi sur la réforme ont tout plombé
Recherche: les ressources sont là, mais…
Le schéma LMD décliné cette rentrée à la faculté de médecine

Lahcen Daoudi, ministre de l’Enseignement supérieur: «La problématique du chômage ne peut être exclusivement imputée au système d’enseignement. La capacité à créer de la richesse est un facteur déterminant»

Le ministre de l’Enseignement supérieur confirme la mise en œuvre du LMD dans les études médicales et de pharmacie dès la rentrée de septembre. Lahcen Daoudi concède qu’il y a eu des hésitations sur l’application de la réforme lancée au début des années 2000. L’orientation et l’autonomie des universités sont parmi les deux gros ratés.
- L’Economiste: Quels sont les principaux changements attendus pour la rentrée 2015/2016?
- Lahcen Daoudi:
Sur le plan pédagogique, la prochaine rentrée universitaire sera marquée par le lancement de la réforme des études médicales, pharmaceutiques et odontologiques et le démarrage des nouvelles formations. C’est la dernière filière à n’avoir pas mis en œuvre  l’architecture du dispositif de Bologne. Celle-ci aurait dû être lancée depuis l’année dernière, mais de petits réglages restaient à finaliser avec mon collègue de la Santé. Des diplômes intermédiaires dans les formations paramédicales ainsi que des passerelles seront créées dans les facultés. Il en sera donc fini avec la règle du tout ou rien pour les études médicales.
Cette réforme vise l’adaptation des régimes des études aussi bien en médecine générale, en pharmacie qu’en médecine dentaire afin de les arrimer à la mouvance internationale et les aligner sur le système LMD à l’instar des autres diplômes nationaux. Elle devra  permettre la capitalisation des acquis, la mobilité  des étudiants, ainsi que la visibilité et la reconnaissance de nos diplômes à l’échelle internationale. Il s’agit d’une réforme globale qui inclut en plus des aspects pédagogiques et organisationnels, la prise en considération du profil du médecin, pharmacien et médecin dentiste, dont a besoin notre pays, au cours des deux prochaines décennies ainsi que les exigences du malade.
En plus de ces réaménagements qui touchent les études médicales, il faut noter également le lancement  de filières innovantes dans le cycle master (big-data), la poursuite pour la troisième et dernière année du programme de formation de 10.000 cadres pédagogiques dans les métiers de l’enseignement et le déploiement du programme «certificats de compétences professionnelles».
- Comptez-vous poursuivre le processus de regroupement des universités?
- Oui, mais avec des variantes différentes. Après la fusion des universités à Rabat -Mohammed V Agdal et Souissi- et à Casablanca, celles de Mohammedia et Casablanca Aïn Chock effective depuis septembre 2014, suivra la mutualisation des ressources de recherche des deux universités de Fès, Mohammed Ben Abdellah et l’université euro-méditerranéenne, l’Université d’Ifrane et celle de Meknès. Tout cela va nous permettre de consolider nos moyens et d’atteindre une taille critique sur le plan international.
Ce processus vient en complément de la création d’universités et d’établissements à dimension internationale qui s’appuie sur des partenariats avec des institutions étrangères de renom, des établissements publics marocains et des fondations à but non lucratif. Cela va introduire de l’émulation dans le système. Les établissements créés à ce jour sont: l’Université Mohammed VI Polytechnique de Benguérir , fruit d’un partenariat avec le MIT et l'Ecole des Mines de Paris; l’Université euro-méditerranéenne de Fès en partenariat avec l’Université Polytechnique de Madrid, l’Université Porto du Portugal, l’Université Polytechnique de Turin (Italie), l’Université Polytechnique de Barcelone… L’Ecole centrale Casablanca  créée en collaboration avec l’Ecole centrale de Paris et l’Institut international des sciences appliquées Euro-Méditerranée  créé en partenariat avec le groupe français d’écoles d’ingénieurs INSA.
- Le fait de grossir suffit-il pour être visible? Reste à produire de la recherche.  
- Attendez, dès l’année prochaine, ces transformations devraient nous permettre de nous améliorer dans les ratings internationaux. Mécaniquement, le nombre de recherches et de citations de chaque université sera plus important, et donc, plus visible. En matière de recherche aujourd’hui, le goulet d’étranglement ce n’est pas le manque de moyens financiers, mais comment assurer et gérer le suivi de nombreux projets que nous venons de lancer.
- Il faudra donc revoir le mode d’évaluation des professeurs...
- C’est fait, les critères d’évaluation des enseignants-chercheurs ont été revus. Pour passer du grade de professeur habilité à celui de professeur d’enseignement supérieur, seul le critère de production scientifique sera pris en compte dans la progression de sa carrière. L’avancement par ancienneté sera abandonné (voir aussi en page VI et VII)
- Mais les enseignants affirment être écrasés par les procédures bureaucratiques…
- Je leur dis chiche. Qu’ils me remontent ces lourdeurs et on trouvera une solution flexible. J’ai l’engagement du ministère des Finances dans ce sens. Sachez que les chefs d’établissement sont responsabilisés de manière à disposer de plus de pouvoir dans la gestion financière des projets de recherche. Nous avons convenus d’un schéma spécifique en matière d’engagement des dépenses. Cette souplesse est très importante car elle peut conditionner la suite d’un projet.
Nous sommes en train de lancer deux gros projets, avec l’OCP pour 200 millions de dirhams destiné à l’agriculture et Managem, 60 millions de dirhams. L’Etat contribuera pour moitié dans ces programmes.
- Le chômage de masse devient presque structurel chez les diplômés des facultés.  C’est un terrible constat d’échec pour le système.
- D’emblée, il faut préciser que le chômage qui frappe les diplômés des universités n’est pas un chômage de masse mais il est lié à l’effet de masse: 90% des étudiants sont inscrits dans des établissements à accès ouvert et un grand nombre d’entre eux sont orientés vers les sciences humaines et sociales. Cependant, la problématique du chômage ne peut être exclusivement imputée au système d’enseignement. La croissance économique et la capacité du système productif à créer de la richesse et de l’emploi sont des facteurs déterminants pour pallier ce phénomène.  Le chômage qui frappe les lauréats de l’enseignement supérieur trouve partiellement son explication dans l’inadéquation, cumulée depuis des années, entre la formation et les besoins du marché d’emploi qui touche principalement les établissements à accès ouvert et tout particulièrement dans le domaine des sciences humaines et sociales.
- Quelle réponse apportez-vous au taux d’abandon si inquiétant en licence?
- Le taux d’échec et d’abandon assez élevé au niveau du premier cycle de licence d’études fondamentales trouve son explication dans plusieurs facteurs:
Le choix d’orientation aux formations dicté par le nombre des places offertes dans les établissements à accès régulé, qui pousse généralement les étudiants à faire un choix par défaut et non un choix par conviction, basé sur un projet personnel et professionnel.
La problématique de la langue d’enseignement qui constitue un handicap pour bon nombre d’étudiants inscrits dans les filières scientifiques et techniques. L’absence d’un dispositif d’accompagnement des étudiants (tutorat). Les difficultés de réorientation  et les contraintes liées à la massification du système, à savoir capacité d’accueil, taux d’encadrement, etc.
Afin de pallier ce phénomène, les mesures suivantes ont été entreprises:
La révision, depuis l’année 2014/2015, des normes pédagogiques de tous les diplômes nationaux, dont notamment celles des études fondamentales.
La mise en place d’un dispositif intégré pour les modules de langue afin de pouvoir  harmoniser les objectifs pédagogiques et leur mise en œuvre effective ainsi que l’amélioration du niveau linguistique des étudiants.
Tout un ensemble d’actions vient en soutien de ces mesures. Je citerai, entre autres, la prise en compte des exigences du marché du travail dans le plan de formation pour préparer les étudiants à l’insertion professionnelle, la valorisation des acquis des apprenants par la certification, le renforcement du taux d’encadrement et de la capacité d’accueil dans les établissements à accès ouvert.

Passerelles et diplômes intermédiaires en médecine

Médecine dentaire: Dans le souci d’uniformiser notre cursus avec celui des universités européennes et de permettre la mobilité des étudiants (semestrialisation et capitalisation), les études de médecine dentaire dureront 6 ans. L’allongement des études d’une année aura un impact direct sur la santé publique puisque l’année supplémentaire proposée sera consacrée à des stages «institutionnalisés».
Pharmacie: La réforme prévoit l’accès à partir du baccalauréat, sur concours. L’accès se fera également en 3e année sur concours ouvert aux titulaires d’un diplôme de niveau bac+2 (Deug SVT ou équivalent), dans la limite de 20% des effectifs. Le but recherché à travers cette nouvelle mesure étant de concentrer les études des 2 premières années sur les pré-requis nécessaires à la formation.
La durée des études est arrêtée à 6 années, l’accent sera mis sur la professionnalisation des futurs pharmaciens en leur permettant de s’imprégner durant les 2 dernières années du milieu hospitalo-universitaire et du monde professionnel.
Médecine générale: Les futurs médecins généralistes seront des praticiens qui passeront du statut de simples diagnosticiens cliniciens à de véritables «acteurs de la santé publique». La formation sera centrée sur des compétences avec une conception «communautaire» de la médecine, plus orientées vers la prévention et soucieuses de l’économie de la santé.

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Propos recueillis par
Abashi SHAMAMBA
 

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