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Lectures du Ramadan

Un plaidoyer pour sauver les CHU du Maroc

Par L'Economiste | Edition N°:4558 Le 30/06/2015 | Partager
C’est l’objet de l’ouvrage publié par Pr Abdeslam El Khamlichi
Un diagnostic des CHU à travers l’exemple de Rabat
Formation médicale, TPA, insuffisance des moyens, gouvernance... les problèmes

Créé au début des années 1960, le CHU de Rabat a contribué au développement de la médecine et la formation médicale au Maroc. Après trente années de gloire, l’établissement va connaître des difficultés dans l’accomplissement de ses missions

L’ex-chef de service de neurochirurgie de CHU de Rabat, Pr Abdeslam El Khamlichi, a réussi à créer l’événement à travers son nouveau livre intitulé: «CHU en détresse. Formation médicale en danger». La présentation de cet ouvrage, la semaine dernière à la Bibliothèque nationale de Rabat, s’est déroulée en présence d’un public nombreux. En plus de ses collègues professeures de médecine, notamment le Pr Abdelkader Tounsi, premier chirurgien marocain nommé à l’hôpital Avicenne en 1957, la présentation a été marquée également par la présence de l’ex-Premier ministre Abderrahman El Youssoufi et d’autres personnalités d’horizons différents. C’est Taïeb Chkili, ex-ministre de l'Education et également ex-doyen de la faculté de médecine de Rabat, qui a assuré le rôle de modérateur de cette présentation. «L’objectif principal de ce livre est de lancer le débat sur la situation dans laquelle se trouve actuellement nos CHU à travers l’exemple de celui de Rabat», indique d’emblée El Khamlichi. Un débat qui concerne en premier les professeurs enseignants des CHU, les décideurs politiques et aussi les citoyens. «Nous voulons une réforme en profondeur de nos CHU, car le Maroc d’aujourd’hui mérite des CHU mieux qu’il en a aujourd’hui», souhaite El Khamlichi. Pour commencer, il a rappelé la définition universelle d’un CHU. Il s’agit d’un hôpital rattaché ou associé à une faculté de médecine avec des textes de loi. Un CHU doit remplir trois missions qui sont les soins notamment pour les pathologies complexes, la formation et la recherche scientifique. En principe, ces CHU, considérés comme des pôles d’excellence, devraient jouer le rôle de locomotive du système de santé du pays. A travers le cas du CHU de Rabat, l’auteur rappelle les efforts déployés par les pionniers qui ont réussi à relever le défi du lacement et de l’épanouissement de la formation médicale au Maroc, malgré les difficultés de l’époque. Mais après les trente années de gloire, le CHU de Rabat à l’instar des autres du pays «connaissent de plus en plus de difficultés pour accomplir leur mission de soins avec une prédominance des soins primaires et secondaires sur les soins tertiaires». Le même constat est valable pour la qualité de la formation dans le domaine médicale et la recherche scientifique. Sur ce volet, il a constaté une régression dans la publication scientifique. Ces propos sont étayés par les résultats d’une analyse des échantillons des candidats au concours de l’agrégation en médecine à Rabat. Il a constaté qu’à partir de 2000, la moyenne de publications par candidat est d’environ 4 par an contre plus de 20 durant la période 1980-1995. Mais El Khamlichi tient à préciser qu’il s’agit d’un problème général qui touche l’ensemble de nos universités. Ce qui explique «la régression du Maroc sur le plan des publications scientifiques, de la troisième place au niveau de l’Afrique en 2003 à la sixième en 2009». Sur ce volet, El Khamlichi tient à rappeler que la formation médicale est une vocation des CHU publics. Mais il précise que cela ne veut pas dire que les CHU privés ne peuvent pas le faire. Pour lui, ils peuvent participer et également apporter un appoint, mais à condition que cela se fasse dans le cadre de CHU publics. Il rappelle à ce titre le cas de la France dotée de plus 46 CHU publics avec une petite école de médecine privée à Lille qui reste attachée au CHU public de cette ville. Dans son ouvrage, El Khamlichi fait le diagnostic de la détresse du CHU de Rabat en soulevant les points de faiblesse en matière de gestion et de gouvernance, de l’accueil des passions à leur hospitalisation, en passant par les conditions de travail du personnel sans oublier le manque de moyens et la défection permanente des équipements de l’hôpital. Après ce travail de diagnostic, l’auteur revient en détail sur les causes de cette détresse résumées en trois points essentiels. Il s’agit de l’application anarchique du temps plein aménagé (TPA), l’insuffisance des moyens financiers et l’inadéquation du mode de gouvernance aux évolutions de la médecine universitaire.

Les recommandations

Après son diagnostic, El Khamlichi passe aux propositions. Parmi elles, on retient la dotation des CHU d’une personnalité morale juridique et d’une gouvernance cohérente. Pour le manque de moyens financiers, il ne faut pas compter seulement sur le budget de l’Etat. Il faut chercher à améliorer les recettes propres. Sur ce volet, il propose une application du TPA intramuros, à l’intérieur des hôpitaux universitaires dans le cadre d’un partenariat public-privé. Cela va se traduire par des avantages au profit de ces établissements publics aussi bien en termes financiers que d’amélioration de la qualité des soins et de la formation ainsi que de la recherche scientifique.

Noureddine EL AISSI

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