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    «La réussite, 80% d’émotionnel, 20% de mécanique»

    Par L'Economiste | Edition N°:4558 Le 30/06/2015 | Partager

    Karim Amor, président de Jet Group: «Ceux qui ont réussi avaient un objectif précis qui a rejoint leur raison d’être, de telle sorte que s’ils ne l’atteignaient pas, ce ne seraient pas eux»

    Montrer aux jeunes et moins jeunes que la réussite est à la portée de tous. C’était l’objectif de Karim Amor (président du Jet Group) et de Mohamed Elmanjra (fondateur de plusieurs sociétés de distribution) en publiant leur livre, «Surprenants entrepreneurs marocains», en 2012.  Un recueil de témoignages de 27 personnalités au parcours exceptionnel. Karim Amor revient sur les principaux enseignements de ces success stories.     
    - L’Economiste: En préparant votre livre, vous avez rencontré plusieurs entrepreneurs qui ont réussi des parcours exceptionnels. Quel est leur dénominateur commun?
     - Karim Amor:
    Nous sommes 7 milliards d’individus sur cette terre, avec autant de codes génétiques. Vous dire que tous ceux qui réussissent pensent de la même manière serait faux. Néanmoins, ce que j’ai constaté, c’est que ces personnes n’ont jamais attribué leurs échecs à  des facteurs externes. Dans notre culture, nous sommes malheureusement victimes, malgré nous, de ce que nous entendons. Et qu’est-ce que nous entendons? Des expressions comme Tah lkass (le verre est tombé), hrab alia tobis (le bus s’est enfui à mon insu), ghdarni naass (le sommeil m’a trahi),… Contrairement à certaines cultures anglo-saxonnes, à chaque fois qu’il y a un échec, nous l’attribuons à un élément exogène. C’est effroyable comme premier pas dans l’éducation. Les personnes que nous avons interviewées se demandent d’abord quelles erreurs elles ont commises.
     - Quel est leur secret?
    - La quasi-totalité n’a pas réussi grâce à la chance ou parce qu’elle a été au bon endroit, au bon moment. Quoique cela compte. Ces entrepreneurs ont tous nourri une rage de quelque chose qu’ils ont vécue et qui les a marqués. La réussite, c’est 80% d’émotionnel et 20% de mécanique. Par ailleurs, ils avaient un objectif précis qui a rejoint leur raison d’être, de telle sorte que s’ils ne l’atteignaient pas, ce ne seraient pas eux. Confucius disait, mets ta passion dans un travail que tu aimes, et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie. Quand votre raison d’être rejoint votre objectif vous êtes le plus heureux du monde. Othmane Benjelloun, par exemple, nous a confié: «Moi je travaille en m’amusant, et je m’amuse en travaillant».
    - Il s’agit donc d’avoir un objectif et une passion pour le nourrir?
    - La rage de réussir est le catalyseur de la passion, et tous ont cette rage viscérale. Après, il y existe trois éléments essentiels face à l’échec. D’abord, disposer d’une stratégie. De nombreux modèles de stratégies sont accessibles à portée de clic. Le deuxième, hypnotique, concerne l’histoire que vous vous racontez sur vous-même. Cette histoire est liée à votre capacité à déterminer qui vous êtes, ce pour quoi vous êtes né, ce que vous aimez faire et au service de qui vous le faites. Très peu de personnes se posent la question de leur mission sur terre. Ce n’est pas leur faute, puisqu’on leur a appris à ne jamais se poser la question, et parce qu’on vient d’un système où la réussite, par essence, est taboue. Le dernier point, c’est l’état émotionnel dans lequel vous êtes.
    - Le succès est tabou, et l’ambition est également assimilée à de l’arrivisme…
    - C’est parce que nous sommes dans une culture qui rejette le succès que nous les confondons. L’ambition c’est d’avoir un objectif et mettre sa rage au service de cet objectif. L’arrivisme, c’est se brûler au soleil de sa propre vanité.
    - Avez-vous, vous-même, connu l’échec?
    - Bien sûr, j’en ai connu et j’en connais tous les jours. Pouvoir soutenir une conversation avec quelqu’un, me faire réprimander parce que j’avais des heures de colle et que mes frères et sœurs étaient bien meilleurs que moi à l’école, un examen raté,… J’ai également lancé des affaires, dont un commerce de voitures, qui n’ont pas marché quand j’étais étudiant aux Etats-Unis. Dans le groupe, par exemple, nous avons connu et connaîtrons des échecs et des redressements spectaculaires.
    Napoleon Hill, qui avait réalisé une étude sur le succès du temps de Roosevelt, disait que tout échec porte en lui les germes d’un avantage d’importance égale, voire supérieure. Tout dépend de comment vous le percevez.

     «L’intuition géniale», mythe ou réalité?

     « L’intuition géniale» de l’entrepreneur, Karim Amor y croit dur comme fer. «C’est la mobilisation en une fraction de seconde de toute votre expérience de vie aux services d’une décision», explique-t-il. Pour lui, les décisions basées uniquement sur la logique ont 50% d’échouer. Tandis que celles découlant entièrement de l’intuition n’ont que 20% de chances d’être erronées. «Si ce n’est pas un outil de management, alors je ne m’y connais pas!», insiste-t-il. C’est à la fois un mélange d’émotions et de vécu, propre à chaque personne. «L’intuition, c’est une réalité aussi brutale que résiliente. Un abandon de soi à quelque chose de plus grand, à sa condition humaine, tout en étant très réfléchi dans sa manière de fonctionner», conclut-il.

    Propos recueillis par Ahlam NAZIH

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