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    Tribune

    COP21 pour le climat
    Les entreprises et les femmes

    Par L'Economiste | Edition N°:4554 Le 24/06/2015 | Partager

    Nezha Lahrichi, ancienne conseillère de Abderrahmane Youssoufi et Driss Jettou, ancienne présidente de la Smaex et ex-présidente du Conseil national du commerce extérieur, est aujourd’hui professeur universitaire

    Pour construire une société «bas-carbone», l’accord à obtenir lors de la COP21 de Paris(1), s’articulera en quatre volets comme l’a souligné le président Hollande: un cadre contraignant universel mais différencié; la présentation des stratégies nationales; la mise en œuvre de financements publics et privés avec des flux Nord-Sud et l’agenda des solutions qui peuvent être apportées par tous les acteurs.

    Des échanges plutôt que des taxes

    Il s’agit d’une révolution. Comment changer le comportement des acteurs? Quelle part du chemin chacun doit-il accomplir?
    L’Etat doit mettre en place un cadre réglementaire fixant le prix du carbone. Au lieu d’une taxe, la préférence s’oriente vers la définition d’un système d’échanges de droits d’émission basé sur le marché, un système qui permet l’acceptation du prix du carbone, l’attrait des capitaux et un retour sur investissement.
    Pour les consommateurs, le comportement responsable dépend, certes, d’une politique de sensibilisation et de communication, mais elle reste déterminée par le coût: une responsabilité trop chère payée risque d’être contreproductive.

    Les entreprises au front

    Les financiers doivent lever 100 milliards de dollars/an d’ici à 2020. Les investisseurs ne doivent plus financer les projets à haute teneur en CO2. Il faut développer de nouveaux instruments pour l’investissement à faibles émissions (obligations vertes ou le financement participatif). C’est un enjeu nécessitant des politiques dédiées. Le financement de la transition énergétique est l’ enjeu de l’accord de la COP21.
    Les entreprises sont appelées à s’inscrire dans le processus de production faible en carbone; or il suppose un changement des règles du jeu: les entreprises doivent accepter des investissements à long terme, se réinventer par le biais des technologies, intégrer le réflexe climatique, mais en même temps des changements doivent s’opérer dans les calculs, les horizons de rendement, l’approche du risque, son évaluation, la fiscalité, les mesures incitatives, la réglementation financière, la méthode d’affectation des ressources, bref, tout changer pour que rien ne change: maintenir la rentabilité et préserver la compétitivité (une compétitivité à long terme qu’il faut apprendre à construire): une entreprise dans le rouge financier ne peut pas être dans le vert de la croissance et de l’investissement!
    Le préalable est donc de redéfinir la prospérité et d’admettre qu’économie rime avec écologie, décarboner et créer de la croissance génératrice d’emplois, d’innovation et de richesses sont deux objectifs compatibles; l’optimum économique est à redéfinir à travers la mise en œuvre de nouveaux outils de mesure qui peuvent améliorer la prise de décision économique et conduire à de meilleurs choix politiques.

    Les femmes à leur place

    Tout cela suppose de convaincre les actionnaires: d’où l’impératif d’augmenter le nombre de femmes dans les conseils d’administration car elles sont plus sensibles aux questions urgentes posées par le dérèglement climatique: éducation et avenir des enfants, meilleure santé, accès à l’eau, alimentation, bien-être des vulnérables, etc. Un des défis de la COP21 est l’égalité de genre dans les financements. Les femmes ressentent plus les effets négatifs car elles sont majoritaires chez les plus démunis, lesquels seront plus affectés par le changement climatique.
    L’inégal accès à la santé, à l’éducation, à la prise de décision, aux systèmes formels de financement est connu. On sait moins que les femmes occupent une position privilégiée pour en juguler les effets néfastes grâce à leur savoir-faire ancestral, leurs capacités créatives, innovatrices, coopératives, organisatrices et éducatives qui donnent envie du futur et ancrent le long terme dans le présent. Elles ne doivent pas être perçues comme des victimes mais comme des catalyseurs du changement économique, social et environnemental
    Le défi est donc d’intégrer une perspective-genre dans les stratégies nationales, de mettre le climat pour et avec les femmes au cœur des négociations internationales de la COP21. Il s’agit de prendre en compte leurs besoins stratégiques comme l’accès à la propriété foncière et la participation à la prise de décision à tous les niveaux publics et privés.

    La bataille des idées

    L’objectif de rencontrer l’adhésion des entreprises à la «décarbonisation» de l’économie mondiale était au cœur du sommet Business Climat; lors de ce sommet, qui a réuni 2.000 décideurs internationaux économiques, politiques et des investisseurs, la bataille des idées a été gagnée.
    Une prise de conscience de la nécessité d’une croissance «décarbonée» qu’il s’agit de stimuler par un prix efficace du carbone.
    Une prise de conscience qu’on est au début des 20 années les plus importantes, autrement dit, c’est du court terme. D’où l’urgence de la question climatique, car l’humanité est au seuil de l’irréversibilité!

    L’implication du Maroc pour la COP22

    Le Maroc accueillera la COP22 en 2016. Si le Maroc reste un pays faiblement émetteur de gaz à effet de serre, il n’est pas non plus à l’abri des conséquences du réchauffement climatique compte tenu de la communauté de destin de tous les pays. Les acquis du Maroc pour donner l’exemple peuvent être illustrés par quatre stratégies: 1- la présentation de sa contribution nationale à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre; la Stratégie nationale de développement durable; une transition énergétique en marche où la priorité est donnée aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique et également une Initiative nationale pour le développement humain (INDH), un bon exemple de prise en compte de la dimension genre dans la mesure où la moitié des bénéficiaires des projets réalisés sont des femmes, soit plus de quatre millions.

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    (1) Le présent article est tiré des travaux de la rencontre de Paris, à laquelle l’auteur a assisté.
     

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