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Analyse

Retraite des fonctionnaires
Le retard de la réforme creuse les déficits

Par L'Economiste | Edition N°:4537 Le 01/06/2015 | Partager
Il faudra "corser" les paramètres de rééquilibrage
L'accroissement de 1% du nombre de cotisants aggrave le gap à long terme

Mohammed El Alaoui El Abdellaoui, directeur général de la CMR: «L'amélioration de 1% du rendement du portefeuille ne repoussera que de quelques jours la date d'épuisement des réserves du régime».

- L'Economiste: Avec l'apparition des premiers déficits du régime des pensions civiles, les mesures d'urgence programmées sont-elles toujours valables?
- Mohammed El Alaoui El Abdellaoui:
Seule la réforme paramétrique du régime des pensions civiles est susceptible de modifier positivement les équilibres financiers de ce régime. Nous avons un premier déficit de près de 1 milliard de dirhams en 2014. Il représente le différentiel entre les cotisations perçues et les prestations versées. Les mesures d'urgence vont nous permettre d'agir au niveau de trois paramètres: l'âge, la cotisation et la prestation. L’objectif est d’atténuer la sous-tarification des prestations. Dans son rapport paru en septembre 2013, la Cour des comptes a estimé que contre 1 dirham cotisé 1,99 dirham est déboursé. Le rapport parle de taux de remplacement élevé et d'une sous-tarification qui s’est aggravée au fil du temps, amplifiant l’inadéquation de la tarification du régime. Prévue initialement pour une application en 2015, le retard pris par la réforme induit implicitement un gap négatif supplémentaire de 2,5 à 3 milliards de dirhams en 2015. Si aucune action n’est entreprise, les réserves seront épuisées en 2022.
- Avec le retard pris, les mesures annoncées depuis plusieurs mois auront-elles le même impact sur le régime?
- L’impact d’une réforme dépend de tous les paramètres qui la composent. La date de sa mise en place en est une composante fondamentale. C'est par rapport à une date de mise en œuvre précise qu'un scénario de réforme est annoncé. Si cette date n’est pas respectée ou si les délais sont trop longs, le package de mesures a naturellement moins d'effet. Dès lors, il faudra soit corser les paramètres de rééquilibrage, soit réduire la progressivité de leur mise en place.
Il faut surtout rappeler que la réforme paramétrique du régime des pensions civiles fait partie du cadre global de la réforme systémique des régimes de retraite au Maroc. C'est un premier pas qui nous donnera un répit de quelques années. L'idéal aurait été de disposer d'un délai de 10 ans pour pouvoir mettre en place sereinement la deuxième partie de cette réforme.
- Un accroissement du nombre des cotisants permettra-t-il d'améliorer la situation du régime?
- La première cause du déséquilibre financier du régime réside dans la sous-tarification des prestations. Les stress tests du bilan actuariel le confirment. Une augmentation de la population de 1% se traduirait automatiquement par une hausse importante du déficit à long terme. En parallèle, nous constatons une modeste amélioration de la trésorerie, à très court terme, en raison des cotisations supplémentaires.
Les augmentations de salaire ont le même effet. A titre d'exemple, l'augmentation générale des salaires en 2011, suite aux accords du dialogue social, a permis de repousser de six mois l'espérance de vie du régime. En même temps, elle a eu un impact de 10% sur la dette implicite à long terme, soit une hausse estimée à l’époque de plus de 40 milliards de dirhams! Les stress tests montrent également qu'une baisse du nombre de cotisants dans les mêmes proportions (1%) réduirait d’une manière substantielle la dette implicite du régime.
- Un meilleur rendement financier permettra-t-il d’améliorer la situation financière du régime?
- L’épuisement des réserves, programmé pour 2022, intègre déjà un rendement optimal. La faiblesse de l'encours par rapport aux engagements, et la diminution continue de l'horizon d'investissement font que l’amélioration de 1% du rendement du portefeuille n’aura qu’un très faible impact sur l’espérance de vie du régime. Les stress tests réalisés montrent que cette amélioration de 1% ne repoussera que de quelques jours la date d'épuisement des réserves du régime.
 - L'apparition des premiers déficits a-t-elle un impact sur la politique de placement de la CMR?
- La gestion du fonds de réserve du régime des pensions civiles tient compte des conclusions de l’étude ALM (Asset Liability Management). En l’absence de réforme et  vu les besoins de liquidité ainsi que l’épuisement des réserves attendu en 2022, il n’est pas étonnant de constater que les réserves soient composées à plus 80% de titres de créances. Par ailleurs, pour plus de sécurité, 90% de ces créances sont des bons du Trésor.
Les premiers critères que nous prenons en compte dans la gestion des réserves sont la liquidité et la sécurité. Nous ne pouvons pas détenir des actifs que nous ne pourrons pas liquider sur le marché. La gestion ALM nous permet d’avoir cette concordance entre le remboursement de nos investissements et les déficits programmés.
Propos recueillis par
Khadija MASMOUDI

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