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Analyse

Retraite des fonctionnaires
Un déficit de 1 milliard de DH!

Par L'Economiste | Edition N°:4537 Le 01/06/2015 | Partager
C’est le gap enregistré en 2014, selon l’arrêté des comptes certifiés de la CMR
Le déficit se creusera à 3 milliards de DH en 2015
Dès cette année, la Caisse puisera dans le capital-réserves

Un déficit d’un milliard de dirhams en 2014, entre 2,5 à 3 milliards attendu cette année...

Les recettes du régime ont atteint 15,8 milliards de dirhams en 2014 alors que les prestations étaient de 16,6 milliards de dirhams

Le régime des pensions civiles géré par la Caisse marocaine de retraite (CMR) a entamé le cycle des déficits. La situation est critique et pourrait se dégrader davantage si des mesures d’urgence ne sont pas introduites. En tout cas, Abdelilah Benkirane, chef du gouvernement, semble cette fois décidé à engager les réformes nécessaires. Reste à savoir dans quel délai!
Si, en 2014, le déficit n’a pas été financé par les réserves, la donne va changer dès cette année. La CMR va puiser dans le capital du régime pour financer le gap de 2,5 à 3 milliards de dirhams attendu. A ce rythme, et comme cela a été confirmé par les projections financières réalisées par la Caisse, les réserves dont le montant dépasse la barre de 81 milliards de dirhams seront épuisées  avant 2022.
A fin 2014, les prestations servies par le régime s’élèvent à 16,6 milliards de dirhams contre 15,8 milliards de dirhams de cotisations. Un déséquilibre appelé à s’accentuer avec le rythme important des départs à la retraite: plus de 25.000 en 2015.
Durant cette année, 18.598 départs pour limite d’âge sont prévus dont près de la moitié à l’Education nationale (voir infographie). A cela s’ajoutent les départs anticipés de près de 4.000 personnes ayant à leur actif plus de 30 ans de service ainsi que les décès en activité estimés entre 2.000 et 3.000. Le retard de la réforme  constitue un danger. D’abord pour les retraités qui risquent de basculer dans la précarité comme cela a été souligné à maintes reprises par Mohamed Boussaid, ministre de l’Economie et des Finances (www.leconomiste.com). Ensuite, par rapport au coût que cela représentera pour le budget de l’Etat, lequel est évalué à plus de 105 milliards de dirhams dès 2020.

Le nombre de départs pour limite d’âge est de 18.598 dont près de la moitié concerne l’Education nationale. Ce ministère compte aussi un nombre important de demandes de départ anticipé à la retraite

Sur la table depuis plusieurs mois, la réforme toucherait d’abord les paramètres du régime: l’âge, le taux de cotisation et la prestation. Viendra ensuite la deuxième étape avec la création de deux pôles: un pour le secteur public et l’autre pour le privé. Dans le scénario proposé, les fonctionnaires travailleront plus, cotiseront plus et auront des prestations au juste tarif. Ils ne pourront plus partir avec une pension quasi équivalente au dernier salaire. Les règles devraient changer puisque la réforme préconise la prise en compte de la moyenne des huit derniers salaires et un taux d’annuité plus bas.
L’âge légal de départ à la retraite devrait être porté à 62 ans avant de passer progressivement à 65 ans  à raison de 6 mois par an. Le gouvernement veut aussi augmenter le taux de cotisation à 28%. Les huit points de plus devraient être partagés à part égale entre l’Etat-employeur et les fonctionnaires sur deux ans. Une proposition rejetée par les syndicats qui réclament à l’Etat une hausse de sa quote-part. Ils veulent s’aligner sur le schéma adopté par d’autres régimes, soit 2/3 des cotisations assumées par l’employeur et  1/3 par les salariés. Un schéma auquel adhère également le Conseil économique, social et environnemental (CESE).  Un effort est donc attendu des fonctionnaires mais aussi de l’Etat pour lequel cette opération aura un coût: l’ajustement des taux de cotisations pourrait avoir un impact de 4 à 5 milliards de dirhams. Si l’on rajoute l’allongement de la période d’activité, la facture atteindrait 7 milliards de dirhams!
Khadija MASMOUDI
 

 

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