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    Enquête

    De Marrakech à Casablanca, terreur express

    Par L'Economiste | Edition N°:4526 Le 15/05/2015 | Partager

    ■ Tenter la réconciliation

    «Les chevaux de Dieu», réalisé par Nabil Ayouch, revient sur les attentats du 16 mai 2003. Le long-métrage a été projeté le 13 mai 2013 à Sidi Moumen. Ce fut aussi «une rencontre» entre les familles des victimes et celles des auteurs des attentats de Casablanca: «C’était un moment fort, intense, émouvant qui restera à jamais gravé dans ma mémoire», témoigne le réalisateur. L’expérience sera-t-elle retentée? «Aucune autre rencontre n’est prévue pour le moment», rétorque l’artiste actuellement au festival de Cannes. «Nous savons que ces familles ne sont pas responsables des actes de leurs enfants, mais voyez-vous, les circonstances sont telles que la réconciliation est aujourd’hui impossible», estime l’Association des victimes du 16 mai.

     

    Ni revendications, ni indemnisations   

    Au lendemain de l’attaque des attentats du 16 mai 2003 à Casablanca, les victimes et leurs familles se sont constituées en association. A défaut de formuler des revendications communes, l’initiative leur a permis de partager leur vécu et de rendre la douleur moins vive. «A part la générosité du Roi, aucun mécanisme d’indemnisation n’a été mis en place, et beaucoup de femmes se sont retrouvées sans revenu au lendemain des attentats», regrette l’Association des victimes du 16 mai. 

     

     

    ■ Une jurisprudence antiterroriste

    En matière d’indemnisation des victimes des attentats et de leurs ayants droit, l’arrêt Couibas est incontournable. Il a été rendu le 14 décembre 2005 par la Cour de cassation suite aux attentats de l’hôtel Asni survenus en août 1994 à Marrakech. Cet arrêt de principe «reconnaît la responsabilité de l’Etat, mais écarte sa faute»! La jurisprudence écarte «la notion de faute et adopte la responsabilité sans faute. Celle-ci se rattache au principe de solidarité nationale et de socialisation du risque», commente les Pr. Michel Rousset et Mohamed Amine Benabdellah.

     

     

    ■ La responsabilisation de l’Etat renforcée

    La Constitution adoptée en 2011 pourrait enclencher un revirement jurisprudentiel. Son article 21 consacre le droit à la sécurité pour les personnes et leurs proches ainsi que la protection de leurs biens. Cette obligation incombe «aux pouvoirs publics» qui doivent «assurer la sécurité des populations et du territoire national…». La jurisprudence pourrait s’orienter vers une responsabilisation accrue de l’Etat sur la base d’une faute directe. La Constitution reconnaît aussi aux justiciables le droit à réparation en cas d’erreur judiciaire.

     

     

    Repères

    24 août 1994
    Journée sanglante à Marrakech. Des terroristes franco-marocains attaquent l’hôtel Asni. Antonia Couibas Garcia est parmi les victimes. Le décès de cette espagnole âgée de 34 ans et mère de deux enfants donne lieu à une jurisprudence. Stéphane Aït Idir, Redouane Hammadi et Tarek Felah sont condamnés à mort.
    16 mai 2003
    L’hôtel Golden Tulipe Farah, un restaurant à proximité du consulat de Belgique, un cimetière juif, un club de la communauté juive et le restaurant Casa de España sont la cible d’attentats à Casablanca. Ce dernier établissement enregistre le plus grand nombre de victimes: Une cinquantaine de morts et une centaine de blessés.
    10 avril 2007
    Jamais le quartier Hay Farah (quartier de la gaieté) à Casablanca n’a aussi mal porté son nom. Un individu sort de la foule. Se dirige vers des policiers et s’explose. Bilan, cinq morts (dont 4 kamikazes et un officier de police) et 21 blessés.
    14 avril 2007
    Attaque contre le consulat US et le Centre culturel américain basés au Bd My Youssef à Casablanca. L’un des trois terroristes «s’explose» en face du consulat. Ses compagnons prennent la fuite. L’un d’eux essaye de s’introduire au centre. Repoussé par un policier, le terroriste chute et se fait déchiqueter par sa bombe.
    28 avril 2011
    L’attentat provoqué au café Argana à Place Jamaâ El Fna fait 18 morts (dont une fillette de dix ans) et 17 blessés. Adil Othmani, natif de Safi, est l’auteur du carnage qui s’est produit à Marrakech. Le jeune homme déclenche à distance la bombe via un téléphone portable.

     

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