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Analyse

El Haite au Club de L’Economiste
La traque aux pollueurs lancée

Par L'Economiste | Edition N°:4525 Le 14/05/2015 | Partager
6 usines fermées, 13 mises en demeure,…
Un plan national de contrôle

Au MAroc les maladies respiratoires liées à la pollution atmosphérique sont très graves. Une étude en cours indiquera les montants de pertes économiques de la pollution de l’air
 

Hakima El Haite est déterminée à sévir contre ceux qui n’appliquent pas les prescriptions des dossiers d’acceptabilité environnementale. D’ailleurs, les résultats des derniers contrôles ne se sont pas fait attendre. La ministre en charge de l’Environnement a procédé à la fermeture de 6 usines  et la mise en demeure de 13 autres, coupables à ses yeux de n’avoir pas respecté leurs engagements en matière d’études d’impact. Mais attention, ces fautifs ne sont pas laissés en rade. La ministre leur demande de prendre attache avec son département pour procéder à la mise à niveau de leurs installations. En effet, le fonds de dépollution industrielle est destiné à leur venir en aide pour qu’ils puissent travailler dans les règles de l’art. Lorsqu’un écart est constaté, l’industriel est appelé à le résoudre. «Lorsqu’il ne fait rien, nous demandons au gouverneur de faire le nécessaire. C’est la procédure assortie des pénalités», dit-elle. Quant aux sanctions, elles dépendent du secteur concerné (déchets, air, littoral,…). Elles peuvent varier entre 700 DH et 2 millions de DH pour le littoral par exemple.
Il y a une prise de conscience de la nécessité de faire le suivi des autorisations données par le ministère aux industriels. En tout cas, la ministre veut systématiser le contrôle. «Après la construction d’une usine, qui me garantit que l’opérateur a réalisé les dispositions prévues par le dossier d’acceptabilité environnementale?», s’interroge-t-elle. D’ailleurs, avant son arrivée, le département recevait une moyenne d’une centaine de requêtes par an. Depuis, «nous en recevons tous les jours. Le service des requêtes saisit la police environnementale qui se déplace pour procéder aux vérifications nécessaires», explique-t-elle. Dans ce domaine, la ministre ne fait pas dans la demi-mesure. «Les deux dernières requêtes ont concerné des personnes appartenant à mon parti, le MP», rappelle-t-elle. Mais cela ne l’a pas empêchée de sévir. Ce qui a provoqué un tollé dans les rangs du parti de Mohand Laenser. Qu’importe, pour elle, «tout ce qui touche à la santé des citoyens est au-dessus du gouvernement et de la politique». Même si elle ne veut pas avoir la réputation de quelqu’un qui ferme les usines, son objectif est de protéger la santé des citoyens qui habitent à proximité. Au Maroc, les maladies respiratoires liées à la pollution atmosphérique sont très graves. Une étude en cours indiquera les montants des pertes économiques de la pollution de l’air. Et elle interpelle l’assistance: «Autour de vous, combien de personnes sont asthmatiques ou allergiques? Nous attendons les résultats épidémiologiques, mais le coût sanitaire et l’inconfort humain sont énormes», dit Hakima El Haite.

Le rôle de la police environnementale renforcé

Mais pour réussir l’opération de contrôle qui commence à exercer une pression sur les opérateurs indélicats, Hakima El Haite veut renforcer le rôle de la police environnementale. Avant le décret qui instaure la création de ce corps, le ministère comptait 100 policiers assermentés. Mais, ils sont souvent des directeurs ou des chefs de division, occupés au travail administratif. Son département en a formé pour le moment  25, dotés de kits de contrôle, de voitures et de laboratoires mobiles. L’achat des équipements de radioactivité est en cours. D’ailleurs, le ministère a élaboré un plan national de contrôle. L’orientation générale est de faire de tous les agents de police des contrôleurs de l’environnement. La ministre est consciente que son objectif est loin d’être réalisé avec 25 policiers de son département. Elle souhaite bénéficier de l’appui décisif de la DGSN et de la Gendarmerie. D’ailleurs, Hakima El Haite a préparé un arrêté, actuellement à l’étude au ministère de l’Intérieur. Elle veut s’attaquer au grand chantier qui vise à mutualiser les moyens de l’Etat pour permettre que «chaque agent de police, même celui de la circulation par exemple puisse verbaliser sur les ordures au même titre que le non port de la ceinture de sécurité». La meilleure police de l’environnement n’est pas celle du ministère de tutelle mais celle de l’Intérieur et de la gendarmerie nationale. D’ailleurs, la ministre est en pourparlers avec les gouverneurs et les walis pour généraliser cette expérience. La wali de Kénitra est donnée en exemple pour avoir envoyé une liste de 8 policiers environnementaux.

Mohamed CHAOUI

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