×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Politique

    Parlement: Benkirane cherche-t-il une crise politique?

    Par L'Economiste | Edition N°:4515 Le 29/04/2015 | Partager
    Il claque la porte sans terminer la séance constitutionnelle
    Une insulte à l’encontre de l’opposition a mis le feu aux poudres
    Celle-ci s’est réunie pour examiner les suites à donner

    Abdelilah Benkirane n’a pas hésité à claquer la porte du Parlement avant la fin de la séance constitutionnelle des questions de politiques publiques, laquelle a été interrompue suite à une altercation avec l’opposition

    Ambiance surchauffée de stades de football des grands soirs. Mais cette fois-ci, il ne s’agit pas de gradins, mais bien de l’hémicycle qui a été scindé entre majorité et opposition, la première applaudissant le chef du gouvernement, l’autre le huant et le sifflant après sa sortie de route. Il a taxé les partis d’opposition de menteurs (Safih). C’est cette insulte qui a mis le feu aux poudres et bloqué la séance mensuelle des questions de politiques publiques.  Ce qui a poussé le président à la suspendre. Abdelilah Benkirane n’a pas pu se maîtriser en pointant ce qu’il a considéré comme des contradictions dans les sorties des leaders de l’opposition. Ces derniers l’ont épinglé sur l’enlisement de l’endettement public.  Ce qui a poussé Benkirane à leur rappeler les critiques qu’ils avaient émises lors de la réforme de la Caisse de compensation, qui a permis d’aider au rétablissement des équilibres macroéconomiques.
    Ainsi, la première séance mensuelle des questions de politiques publiques après la reprise a été interrompue. Les groupes d’opposition n’ont pas eu l’occasion d’interpeller le chef du gouvernement sur les autres points inscrits à l’ordre du jour comme notamment le dialogue social. Après cette altercation qui a conduit à la levée de séance, Abdelilah Benkirane a quitté l’hémicycle et le Parlement, sans terminer cet exercice constitutionnel. Ce qui pourrait déclencher une crise politique. Une première dans les annales du Parlement sous la Constitution de 2011. L’arbitrage royal sera-t-il demandé par l’une des parties? Surtout qu’il s’agit d’un conflit entre deux institutions, que sont le gouvernement à travers son patron et le Parlement, notamment l’opposition. La demande d’arbitrage pourrait être fondée cette fois-ci  sur l’article 42 qui stipule que «le Roi, garant de la pérennité et de la continuité de l’Etat et arbitre suprême entre ses institutions, veille au respect de la Constitution, au bon fonctionnement des institutions constitutionnelles, à la protection du choix démocratique, et des droits et libertés des citoyennes et des citoyens et des collectivités et au respect des engagements internationaux du Royaume». Une démarche qui pourrait avoir des chances d’aboutir contrairement à la précédente demande d’arbitrage sollicitée par les partis d’opposition, il y a quelques semaines, à cause de ce qu’ils considéraient comme des dépassements de Abdelilah Benkirane qui cherchait à impliquer le Souverain dans des questions de politique.
    En tout cas, dès la levée de séance, l’état-major des groupes parlementaires de l’opposition s'est réuni pour examiner ce rebondissement inattendu et décider des suites à donner à cette affaire. De l’autre côté, les dirigeants de la majorité ont prévu de se réunir pour préparer la riposte. Déjà, ils accusent l’opposition de vouloir bloquer le bon fonctionnement de cette séance constitutionnelle. Au point que Abdallah Bouanou, chef du groupe du PJD, n’a pas hésité à évoquer un «coup planifié de l’opposition». Ce qui augure des jours difficiles pour le chef du gouvernement qui a ouvert plusieurs fronts à la fois. Surtout que des centrales syndicales, l’UMT en tête, ont décidé de boycotter les célébrations du 1er mai (voir page 2). Elles ont promis de lui mener la vie dure pendant le mois de mai en contestation de «l’attitude irresponsable de l’exécutif» face aux revendications du monde du travail.

    Endettement

    Avant le clash, le chef du gouvernement s’est voulu rassurant. Pour lui, le niveau de l’endettement n’est pas inquiétant. Le Maroc est loin de la ligne rouge fixée par le FMI pour les pays émergents. Celle-ci établit l’endettement à 70% du PIB alors que le Maroc ne dépasse pas 64%, a souligné Abdelilah Benkirane. Ce qui n’a pas empêché l’opposition de tirer la sonnette d’alarme sur la pertinence de la gestion de la dette publique. En effet, l’Istiqlal a fait valoir sa crainte que la dette publique, estimée à 500 milliards de DH, soit destinée à la consommation et le paiement des salaires des fonctionnaires, au détriment de l’investissement, comme le prétend le chef du gouvernement. Le PAM a également rué dans les brancards. Ainsi, Younès Sekkoury a rappelé au chef du gouvernement certaines anomalies comme le service de la dette qui est bien supérieur à l’investissement du budget. Le député du PAM réclame des explications sur l’affectation des montants de l’endettement.  

    Mohamed CHAOUI
     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc