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    Analyse/La pédagogie inversée, futur bastion de l’excellence

    Par L'Economiste | Edition N°:4515 Le 29/04/2015 | Partager

    Considéré comme l'un des chercheurs scientifiques les plus éminents de ses pairs, Abdelatif Miraoui, président de l’université Cadi Ayyad, donne également la part belle à la recherche. Et les résultats sont plus que probants. L’université se distingue dans les classements internationaux depuis deux ans

    C’est pour une pédagogie inversée qu’a opté le très dynamique président de l’université Cadi Ayyad, Abdelatif Miraoui, qui est à la tête de l’agence universitaire de la francophonie. Pour lui, pas question de rester les bras ballants face au manque de moyens d’encadrement! Cadi Ayyad a trouvé des alternatives, et développé du Mooc (massive oline open courses) «low-cost» qui permettent aujourd’hui aux enseignants d’aller plus loin dans la transmission.
    - L’Economiste: L’université Cadi Ayyad collectionne les distinctions et est en tête des classements en termes de recherche. Quels en sont les effets concrets sur le quotidien et l’enseignement?
    - Abdelatif Miraoui:
    Ces distinctions nous poussent à chercher davantage plus d’excellence. Comme vous le savez, ce sont les fruits d’efforts fournis dans la promotion de la recherche et qui prennent plusieurs formes: soutien à la mobilité du chercheur, à la productivité (publication), dotation pour projet de recherche. Bien sûr, tous ces classements signifient beaucoup pour notre université reconnue aujourd’hui dans le monde. Et cela représente une réelle opportunité pour nos enseignants chercheurs et doctorants ainsi que nos étudiants. Développer la visibilité à l’international nous permet de multiplier les partenariats de coopération et de renforcer la crédibilité de notre recherche et de notre formation. Au-delà des classements, l’objectif est de promouvoir l’intégration de notre université dans son environnement académique, scientifique, socio-professionnel et intellectuel.
    - Le chemin vers l’excellence est-il aisé alors que les taux d’encadrement restent faibles au Maroc?
    - Malheureusement, nous ne produisons pas assez de doctorants et nos capacités financières ne sont pas suffisantes en rapport à nos besoins. Au Maroc, le taux d’encadrement dans les universités est à peu près 4 fois inférieur que dans des établissements français, espagnols ou même turcs, pour comparer avec un pays émergent. Prenons l’exemple de Cadi Ayyad, nous avons actuellement 1.400 enseignants chercheurs, alors que nous en aurions besoin de 3.200 pour arriver à un taux d’encadrement de 10 étudiants par professeur, comme le veut la norme internationale. Au lieu de cela, la norme marocaine est de 45 étudiants par professeur. Avec les budgets somme toute très faibles et des postes budgets modestes, combler ce déficit devient dès lors impossible. Mais au lieu de tergiverser et de baisser les bras, nous avons décidé de chercher des alternatives pour combler le déficit, et opté pour une pédagogie inversée!
     - Est-ce là où interviennent les cours en ligne?
    - Oui tout à fait! Et nous sommes d’ailleurs la première université en Afrique à avoir créé des cours en ligne, pariant sur une innovation pédagogique. Nous avons créé nos propres Moocs inspirés du modèle américain «massive open online courses» avec des plateformes pédagogiques pour la transmission du savoir en accès libre. Les cours et les travaux dirigés sont enregistrés sous format vidéo, accompagnés de documents en pdf. Plus de 300 vidéos sont d’ores et déjà en ligne, représentant une soixantaine de modules. L’avantage pour l’étudiant est de pouvoir prendre connaissance du cours avant d’y assister, et de le revoir autant de fois que cela est nécessaire. Le professeur, lui, peut ainsi aller plus loin dans la transmission et mieux encadrer les étudiants.
     - Une fois l’université numérisée, quelle sera la prochaine étape?
    - Il nous faut être innovant pour garder notre place de leader. Nous travaillons sur le développement du système de crédit (ETCS). L’introduction de ce système permettra de faciliter la mobilité de nos étudiants à l’étranger et la lecture de notre carte de formation pour les étudiants étrangers qui souhaiteraient rejoindre nos établissements. Nous développons aussi les filières à double diplôme pour renforcer les liens entre Cadi Ayyad et le milieu universitaire international. Enfin, les prochaines étapes seront également focalisées sur les licences professionnelles ouvertes aux employés. Ces candidats, qui auront les mêmes critères de sélection que nos étudiants actuels, bénéficieront des mêmes conditions et bien entendu des cours en Moocs. Il s’agit là d’un enseignement hybride puisque la majorité des cours se fera en travail personnel, avec une présence au sein de l’université possible le week-end. Il ne s’agira pas d’un diplôme au rabais. Tous les inscrits en licence professionnelle, qu’ils soient physiquement présents ou non, ont le même nombre de cours et les mêmes examens. Nous allons commencer par les licences professionnelles en droit et en économie car il est bien évident que l’ensemble du contenu doit être disponible dans les Moocs. Ces formations payantes permettront de financer le développement de l’université au profit des étudiants eux-mêmes.
    Propos recueillis par Badra BERRISSOULE

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