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    Analyse

    Automobile: Ecosystèmes, l’ingrédient magique

    Par L'Economiste | Edition N°:4515 Le 29/04/2015 | Partager
    Objectif, assurer l'intégration de toutes les filières
    Augmenter la valeur ajoutée du secteur et réduire les coûts des achats des fournisseurs
    Différents acteurs identifiés dans des filières comme les batteries ou les bobines d’acier

    Les écosystèmes, l’un des ingrédients miraculeux du Plan

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    d’accélération industriel lancé par Moulay Hafid Elalamy, ministre du Commerce et de l’Industrie, semblent avoir trouvé dans l’industrie automobile un domaine de prédilection.
    Ce système se base sur une analogie avec la biologie où un écosystème est présenté comme la somme de l’ensemble des facteurs nécessaires pour le développement d’un être vivant, comme le précise Tajeddine Bennis, vice-président de l’Amica et président de la commission sous-traitance au sein de cette association professionnelle. «En tant qu’équipementiers, nous devons disposer de tous les ingrédients nécessaires pour pouvoir nous développer. En plus des infrastructures et des plateformes industrielles intégrées, il nous faut aussi un tissu de sous-traitance autour de nous. Si ce dernier venait à manquer, une part importante de notre compétitivité pourrait être remise en question», explique cet industriel. Il faut noter qu’une bonne partie du chiffre d’affaires des équipementiers de rang 1 est consacré à l’achat de matières premières et de composants, en plus des frais de maintenance, d’emballage et de diverses prestations qu’il s’agit de réduire. Et c’est le rôle des écosystèmes que de structurer la filière et de mettre en ordre de bataille les sous-traitants, tel un puzzle dont on recompose l’image.
    L’un des premiers à avoir été mis en marche a été celui du câblage, une filière mature et pour laquelle les grands mondiaux sont déjà au Maroc, note le vice-président de l’Amica.
    Aujourd’hui, le câblage pèse plus de 13 milliards de dirhams de CA par an avec plus de 52.000 salariés au Maroc. «Au sein de l’Amica, nous avons réussi à rassembler autour de la table tous les opérateurs travaillant au Maroc», ajoute Bennis, qui explique la démarche. Ils ont alors discuté de leurs problématiques menant à l’identification de leurs fournisseurs et sous-traitants. «Nous avons alors demandé à ces sous-traitants de s’installer à côté de nous», raconte ce dernier. Parmi eux, Tyco qui travaille dans la connectique et dont l’usine est actuellement en cours de construction. Un autre écosystème identifié est celui des systèmes d’intérieur. Moins mature que le câblage, il reste quand même bien avancé. Parmi ses diverses filières, l'injection plastique qui se retrouve aussi dans le cadre du câblage.
    Les professionnels ont aussi pu identifier l’absence de sociétés qui font de grands moules, un élément handicapant pour les entreprises de cette filière. Nous avons alors proposé pour qu’elle rentre dans la catégorie des «métiers pionniers», selon l’Amica qui annonce l’arrivée de plusieurs grands noms, dont un portugais. Ensuite, il y a l’emboutissage. Pour ce dernier, il y a plusieurs freins, dont le premier est la matière première, l’acier qui vient en bobines. Importées, elles constituent la moitié du CA des emboutisseurs comme Snop ou Bamesa. «Or, il s’avère qu’un fournisseur marocain, Promaghreb, est capable de les fabriquer au Maroc. En ce moment, nous sommes en train de valider leur matière», annonce Bennis. Ce dernier espère que d’ici 18 mois, les premières bobines de ce fournisseur marocain puissent être livrées. Ce qui pourrait en plus libérer les emboutisseurs des tracasseries logistiques que suppose ce produit. Un autre aspect identifié du métier de l’emboutissage, le traitement de surface. «Il y a un nombre important de pièces que l’on ne peut fabriquer au Maroc car on ne peut faire la cataphorèse», se lamente Bennis. Quand l’Amica a effectué le recensement, ses membres ont remarqué que le volume de pièces justifiait largement l’implantation de quelqu’un. Plusieurs candidats sont intéressés, pour assurer cette implantation, selon cette dernière. Un dernier écosystème à avoir été lancé est celui des batteries. Au Maroc, il n’ y avait pas de fournisseur qui livrait directement des batteries au constructeur à cause de divers freins dont l’injection plastique, encore une fois. Et suite à un travail d’identification, un fabricant marocain, Afriquia Câbles, a déjà été affecté par Renault pour lui livrer des batteries à partir du mois de juin.

                                                                

    Le pool «fabricant» en préparation

    D’autres écosystèmes devront être lancés prochainement. C’est le cas de celui des constructeurs. Renault et PSA se sont déjà dit intéressés par l’idée, note Bennis.
    Renault arrive à intégrer plus de 40% en valeur des pièces, mais il a besoin d’intégrer d’autres éléments de petite taille, sourcés actuellement de pays comme la Chine ou la Turquie. Mais pour pouvoir les réaliser sur place, il lui faut des volumes plus importants qu’aujourd’hui.
    PSA et Ford, installés en Espagne, sont intéressé par ce type de pièces. Au volume de Renault s’ajouterait celui de PSA et de Ford, ce qui rendrait le montage de ces filières possible au Maroc. C’est le cas des roues par exemple. Pour lancer la filière au Maroc, il faut un volume minimum de 10 millions de roues par an, soit l’équivalent d’une production de deux millions de véhicules. Renault à lui tout seul ne peut pas, explique Bennis, mais en y incluant les besoins de PSA et de Ford, la chose devient faisable.

    ■ Centre technique, en cours
    Tous les écosystèmes avaient besoin d’un centre technique et d’un laboratoire d’essais à proximité pour valider les pièces. Avant, il fallait les envoyer en Europe, une opération coûteuse et qui prend du temps, deux, voire trois semaines pour faire des essais.
    Parmi les mesures transverses que le ministère du Commerce et de l’Industrie a décidées dans le cadre des écosystèmes, la mise en place d’un centre d’essais et de validation au sein de la Tanger Free Zone. Ce centre va être installé en lieu et place de l’Ifmia en cours de construction à la TFZ, dont le besoin ne se fait pas sentir à court terme, selon l’Amica
    Une étude est en cours, en partenariat avec Renault et les équipementiers. Le centre sera géré par les équipementiers dans un cadre collectif.

    ■ Connectique, moulage: Métiers pionniers
    Pour certains métiers très capitalistiques et identifiés comme métiers pionniers, les aides de l’Etat seront doublées. C’est ce qu’annonce l’Amica. C’est le cas des connecteurs, des moules et d’autres filières qui verront l’aide à l’investissement passer de 15 à 30% du montant de l’investissement.

    Ali ABJIOU

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