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Culture

Jazzablanca
Du grand Keziah Jones pour la clôture du festival

Par L'Economiste | Edition N°:4512 Le 24/04/2015 | Partager

 Keziah Jones, guitariste et chanteur, inventeur du blufunk, lors de la conférence de presse donnée avant son concert au Jazzablanca. Le chanteur de «Rythm is love» a dix albums à son actif, de «Blufunk is a fact» à «Captain Rugged»

Après avoir enflammé la scène du Jazzablanca en 2009, l’inventeur du blufunk, Keziah Jones a clôturé la 10e édition du festival en beauté. Le Nigérian a créé son propre style musical. En effet le blufunk, c’est bien lui. Un subtil mélange entre le blues et le funk. Comme l’avait fait un autre Nigérian dans les années 70, le grand Fela Kuti, inventeur de l’afrobeat, qui a beaucoup influencé l’artiste, tant au niveau musical que moral.
- L’Economiste: Il y a un mythe urbain qui dit que vous avez commencé votre carrière dans le métro parisien…
- Keziah Jones:
Oui. J’ai commencé à jouer dans la rue à Londres. Ensuite, je suis allé à Paris, j’y ai également joué dans la rue ainsi que dans le métro. J’avais quitté l’école, je n’avais pas où habiter, je n’avais pas d’argent, j’ai pensé que la meilleure manière d’apprendre la musique était de jouer pour les gens directement dans la rue, dans le métro. J’ai bien fait ça à Londres et à Paris.
- En tant que musicien nigérian, avez-vous l’impression de devoir poursuivre l’héritage de Fela Kuti?
-Je pense que Fela avait un genre propre à lui en tant que musicien et également en tant qu’individu. Je pense que je ne serais jamais capable de reproduire ce qu’il a fait. Il a réalisé quelque chose de merveilleux. Il fait en sorte que le monde entier reconnaisse son originalité et son individualité en tant que personne africaine. J’ai essayé de faire la même chose dans une époque différente, un temps différent.
Les années 70 et les années 90 sont des périodes totalement différentes. Mais je pense tout de même qu’il y a une responsabilité de  maintenir certains principes desquels parlait Fela: être fier de son héritage africain, créer son propre art en utilisant des éléments africains pour en faire une version moderne, et parler de son expérience en tant que personne africaine dans le monde moderne, et l’inclure dans sa musique. En effet, il y a une responsabilité de poursuivre ce qu’il disait. Mais nous vivons dans une ère différente. Ce n’est pas aussi difficile pour nous aujourd’hui. Je ne me suis pas fait arrêter, je ne me suis pas fait emprisonner, je n’ai jamais été en prison (rires), vous voyez ce que je veux dire.
- Quels sont les musiciens qui vous ont inspiré durant votre carrière?
- Fela Kuti. Plein d’artistes comme Flystone par exemple. Beaucoup d’artistes jazz, Miles Davis, John Coltrane, Theolonius Monk, Charlie Parker. Mais aussi beaucoup d’artistes funk, comme Georges Clinton, James Brown. La musique nigériane également. Mon père écoutait de la musique «Apala» des années 50, une musique traditionnelle d’où l’on vient. Lorsque je suis parti en Grande-Bretagne à l’âge de 8 ans, en 1977, il y avait beaucoup de musique punk qui passait. C’était d’ailleurs une nouvelle vague. J’ai également écouté beaucoup de musique des 70’s en Grande-Bretagne.
- On entend souvent que vous pouvez démarrer un concert dans un bar quand l’idée vous prend. Comment cela arrive-t-il?
- (Rires). De la manière dont je joue, j’entre dans la musique comme cela, et j’en sors comme cela. Cela dépend de l’humeur, si je ressens l’atmosphère d’une certaine manière. Ça dépend vraiment de l’humeur.
-Que veut dire votre chanson «Kpafuca»?
- «Kpafuca» est une chanson qui veut juste dire «cassé, foiré…». Comme une chaussure peut être «kpafuca» ou une voiture peut l’être. Du coup, j’en ai fait une blague. On peut avoir toute une série de choses qui sont «kpafucated», «kpafucacious», «kpafucology»…
- Pensez-vous que l’éléction du nouveau président Muhammadu Buhari sera porteuse d’espoirs pour tous les Nigérians vu le chaos qui règne dans le nord?
- Je pense que c’est un bon signe que nous ayons eu un changement démocratique d’un gouvernement à l’autre. C’est d’ailleurs la première fois que ça arrive au Nigéria. C’est la première fois en Afrique qu’un président en exercice perd face à l’opposition. Buhari étant une personne militaire qui a probablement plus d’idées quant à ce qui doit se faire concernant le Nord avec la situation de Boko Haram. Mais au bout du compte, il y a un problème de structure fondamental avec le Nigéria.
La structuration fédérale du pays n’est pas très fédérale. Il faudrait faire quelque chose à ce sujet. De plus, nous ne sommes pas complètement indépendants économiquement. Nous sommes liés au conglomérat des entreprises internationales de l’Ouest. Buhari a dans les 70 ou 80 ans, il est là depuis un moment. Il est plutôt bien éduqué en tant que militaire, il est conscient de toutes ces choses. Il est très possible qu’il apporte certains changements.
Propos recueillis par
Aïda BOUAZZA

 

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