×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Politique Internationale

    Après Lausanne, Erdogan, le premier à se rendre en Iran

    Par L'Economiste | Edition N°:4500 Le 08/04/2015 | Partager
    Il pourrait être un médiateur entre Riyad et Téhéran
    Malgré les différends politiques, Ankara veut augmenter ses livraisons de gaz iranien

    Le Président turc Recep Tayyip Erdogan et son homologue iranien Hassan Rohani se sont rencontrés hier à Téhéran. Ils discuteront des crises au Yémen et en Syrie mais aussi des échanges commerciaux entre les deux pays

    LA Turquie pourra-t-elle jouer le rôle de médiateur entre l’Arabie saoudite et l’Iran pour calmer les ardeurs au Yémen? Ceci n’est pas sûr, mais il n’en demeure pas moins que l’arrivée du Président turc Recep Tayyip Erdogan à Téhéran hier pourrait servir de tremplin pour lancer des négociations sur les conflits qui séparent les deux camps.
     Les deux pays se sont mutuellement critiqués récemment sur leurs politiques respectives dans la région. Le président turc avait dénoncé fin mars ce qu’il a appelé la volonté de «domination» de l’Iran au Yémen où des rebelles chiites soutenus par Téhéran sont la cible d’une intervention militaire orchestrée par l’Arabie saoudite avec l’approbation de la Turquie. «L’Iran déploie des efforts pour dominer la région»,  s’était-il interrogé. Du côté iranien, le ministre des Affaires étrangères, Mohammed Javad Zarif, avait accusé Ankara d’alimenter l’instabilité au Moyen-Orient. Le chargé d’affaires de l’Ambassade de Turquie à Téhéran a été «invité» au ministère iranien des Affaires étrangères  qui lui a demandé des «clarifications» sur les propos d’Erdogan.
    Bien que l’Arabie saoudite ait, depuis de longues années, des réserves sur le régime laïc de la Turquie, depuis l’ascension au pouvoir des islamistes de l’APK, les choses ont changé. Ankara est, depuis, un allié de choix pour Riyad. Les deux régimes s’entendent sur plusieurs dossiers régionaux dont notamment la crise syrienne et récemment l’intervention au Yémen. En même temps qu’une coalition arabe menée par l’Arabie saoudite a entrepris le 26 mars des raids au Yémen contre des rebelles chiites soutenus par l’Iran, Téhéran a signé un accord historique à Lausanne avec les pays occidentaux sur le nucléaire. Si sur ce dossier en particulier, les choses ne sont qu’à leurs prémices, Téhéran s’investit dans la diplomatie. Un terrain dont elle a été longuement écartée. Désormais, elle est sur la même longueur d’ondes avec la Maison Blanche sur le nucléaire et agit sans être particulièrement embêtée en Irak. Ce qui est fort inquiétant pour Riyad.
    Cette reprise de confiance entre Téhéran et les capitales occidentales pourrait obliger l’Arabie saoudite et ses alliés à négocier avec un Etat iranien qui a agrandi considérablement son influence régionale. Et la Turquie peut parfaitement jouer ce rôle. Primo, sa participation au Yémen se limite à une mission de formation militaire et la promesse de partage des renseignements avec la coalition. Secundo, la Turquie est un grand client du gaz iranien. Elle en importe près de 10 milliards de mètres cubes par an, couvrant 30 % de ses besoins grâce à un gazoduc reliant Tabriz (Iran) à Ankara.
    D’ailleurs, malgré ces tensions, les deux pays voisins veulent renforcer leurs relations commerciales et économiques. Selon les officiels iraniens, l’objectif de cette visite est, aussi, d’améliorer le volume des échanges commerciaux pour qu’il atteigne les 30 milliards de dollars en 2015.

    M.L.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc