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    Les 20 ans de l'OMC

    Les 20 ans de l’OMC
    Les échanges interafricains trop faibles

    Par L'Economiste | Edition N°:4500 Le 08/04/2015 | Partager

    Le Maroc continuera à défendre les intérêts du groupe africain au sein de l’OMC et insiste sur l’importance de conclure le cycle de Doha, sur la base d’un résultat équitable et équilibré, insiste Mohamed Abbou, ministre délégué du commerce extérieur

     

    Sécurité alimentaire et rôle de l’Afrique dans la libéralisation des échanges seront au cœur de la conférence des ministres africains qui démarre demain et qui célèbre aussi le 20e anniversaire à Marrakech où a eu lieu sa création en 1994. Dans cet entretien, Mohamed Abbou, ministre délégué du commerce extérieur revient sur la participation du Maroc au sein de l’Organisation mondiale du commerce et son rôle en tant que coordination du Groupe Africain.
    - L’Economiste: A la veille de la conférence de Nairobi, le Maroc fait un doublé en accueillant les ministres africains et en célébrant le 20e anniversaire de l’OMC. Qu’attendez-vous de cette conférence?
    - Mohamed Abbou: Cette conférence intervient dans un contexte où l’économie mondiale a subi de plein fouet les effets de la grave crise économique et financière qui plus est, pour les pays du Sud a été conjuguée à une crise alimentaire compromettant une grande part de leurs efforts de développement. Ce que nous attendons de cette conférence est d’abord un bilan des 20 années pour les pays africains ainsi que les défis qu’ils devraient relever pour mieux profiter de l’OMC. C’est aussi une occasion de débattre de la contribution de l’OMC à la croissance et à l’emploi en Afrique, le renforcement des capacités de production et d’exportation pour une meilleure intégration du continent africain dans l’économie mondiale. Comme vous le savez, nous sommes à un moment où le processus de préparation du programme post-Bali -pour la conclusion du cycle de Doha- qui est en cours de préparation à Genève et à la veille de la prochaine conférence ministérielle prévue en décembre prochain à Nairobi. D’un autre côté, l’organisation d’un évènement aussi important ne peut que mettre en avant les relations de partenariat qui existent entre l’OMC et le Maroc et faire ressortir le rôle joué par notre pays pour mettre en exergue la vision panafricaine du Maroc.
     - Les débats seront plus focalisés sur la sécurité alimentaire…
    - Oui et vous n’êtes pas sans savoir qu’il s’agit bien de l’un des sujets les plus importants des négociations multilatérales commerciales conduites sous les auspices de l’OMC. Cette réalité découle des enjeux économiques et sociaux qu’incarne ce secteur, notamment, pour les pays en développement. C’est un pilier des économies africaines et elle joue un rôle essentiel pour atteindre les principaux objectifs de développement, en l’occurrence la croissance, l’emploi et la réduction de la pauvreté. Compte tenu de l’importance socio-économique de ce secteur pour nos pays, les participants à la conférence débattront de plusieurs questions y afférant, telles que l’accès aux marchés, l’impact des subventions sur le développement du secteur en Afrique en plus de la question de la sécurité alimentaire.
     - Le Maroc, membre fondateur de l’OMC a aussi assuré la coordination du Groupe Africain lors de la dernière conférence ministérielle de Bali. Quels en étaient les résultats?
    - Avant de répondre à cette question, il y a lieu de rappeler un certain nombre de principes fondamentaux qui guident la politique commerciale du Maroc comme son choix irréversible pour une économie libérale et ouverte sur le monde, le renforcement du processus par la libéralisation de son commerce extérieur, la simplification des procédures…Ces réformes ont été accompagnées par une grande implication de notre pays dans les relations commerciales internationales avec l’adhésion au GATT en 1987.
    Dans le cadre de sa participation aux travaux de l’OMC, le Maroc s’est engagé à plaider en faveur des pays africains en assurant la coordination de plusieurs groupes tout au long de ces 20 années (groupe arabe, groupe africain,…). A Bali en 2013, le Maroc a joué un rôle fondamental dans le succès de la dernière conférence ministérielle et qui a abouti à la conclusion d’un Accord sur la facilitation des échanges. C’est le premier accord multilatéral conclu depuis la création de l’OMC avec l’adoption de décisions sur la sécurité alimentaire et sur les questions de développement en faveur des pays les moins avancés. Le Maroc continuera à défendre les intérêts du groupe africain au sein de l’OMC avec l’accent sur l’attachement du groupe au système commercial multilatéral et sur l’importance de conclure le cycle de Doha, sur la base d’un résultat équitable et équilibré.
    - Le cycle de négociations de Doha piétine depuis 2001. Pensez-vous que l’après Bali devrait relancer la machine?
    - En effet, on peut parler d’un véritable retard dans ce processus après plus de dix années de négociations onéreuses pour les pays en développement. Mais on reprend espoir avec Bali. Lors de la conférence en Indonésie-où j’ai représenté notre pays- il y a eu un véritable élan politique dont nous devrions nous servir pour aller de l’avant. Les travaux ne font que commencer et l’année 2015 devrait être consacrée à la remise sur rails du Cycle de Doha et la mise en œuvre des premiers résultats négociés notamment dans le domaine de la facilitation des échanges.
     - L’un des principaux résultats de la 9e Conférence de Bali était l’Accord sur la facilitation des échanges. Quel sera son impact sur les pays en développement?
    - L’accord revêt une grande importance en particulier pour les pays en développement dans la mesure où il leur permettra la simplification des procédures d’importation et d’exportation en vue d’accélérer le mouvement des marchandises et réduire les coûts des transactions commerciales. Ceci étant dit, il est important de signaler que cet accord présente des difficultés majeures de mise en œuvre et soulève de nombreuses inquiétudes de la part de certains pays africains. Il faut également prendre en considération l’impact de la mise en œuvre de cet Accord en matière de baisse de recettes fiscales qu’il peut induire dans certains pays ainsi que la hausse des coûts des réformes réglementaires et opérationnelles qu’il engendre. Pour réussir cet accord, il faut mobiliser les aides et l’assistance technique nécessaires pour assurer sa mise en œuvre dans les meilleures conditions possibles, avec un vrai transfert des compétences et un profond développement des capacités.
    - Comment, à votre avis, l’Afrique peut-elle mieux bénéficier du système commercial international et s’intégrer à l’économie mondiale?
    - Pour l’heure, les pays africains sont loin de tirer profit de la libéralisation des échanges et de s’intégrer dans l’économie mondiale. Le manque d’infrastructures matérielles et «immatérielles» contribue considérablement aux faibles niveaux de compétitivité et de productivité des entreprises africaines et impacte leur participation aux échanges mondiaux. Une situation encore plus aggravée pour les pays africains enclavés où se trouvent d’ailleurs 28 % de la population de l’Afrique subsaharienne. Pour surmonter cette situation, les pays africains sont, notamment, appelés à mener des réformes structurelles, réglementaires et institutionnelles mais aussi adopter une approche régionale pour leur développement. Une telle approche va permettre une intégration régionale intra africaine, qui reste un préalable pour l’intégration de l’Afrique au reste du Monde, en particulier à travers l’intégration des chaînes de valeur mondiales. Il est malheureux de constater qu’aujourd’hui les flux des échanges commerciaux interafricains restent faibles avec une part d’à peine 11% des échanges extérieurs du continent africain, alors que l’Asie a réalisé une part de 50% et l’Amérique latine 21%.

    Propos recueillis par Badra BERRISSOULE

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