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    Economie

    Les premiers barrages privés arrivent

    Par L'Economiste | Edition N°:4498 Le 06/04/2015 | Partager
    Ils sont développés par Platinum Power
    20 milliards de DH d’investissements au Maroc, en Côte d’Ivoire et au Cameroun

    Platinum Power, dirigée par Omar Belmamoun, développe actuellement les premiers barrages privés au Maroc. La filiale de l’américain Brookstone Partners opère également dans l’éolien. Le portefeuille de projets en cours au Maroc et sur le reste du continent totalise 1.000 MW
     

    Omar Belmamoun dirige la branche Afrique du Nord de la société américaine de capital investissement Brookstone Partners. L’institution est l’une des toutes premières à décrocher le statut Casablanca Finance City. Rencontré à Genève lors du Africa CEO Forum (16-17 mars) Belmamoun pilote également la filiale Platinum Power qui a vocation à investir dans des projets d’énergies renouvelables. La société développe actuellement 5 centrales hydroélectrique et intervient aussi dans l’éolien au Maroc. Elle est présente en Côte d’Ivoire et au Cameroun. Les chantiers en cours (plus de 1.000 MégaWatts) totalisent 20 milliards de DH d’investissements.
    - L’Economiste: Avez-vous des marchés prioritaires pour le développement de vos projets?
    - Omar Belmamoun: Le Maroc et la Côte d’Ivoire sont les pays prioritaires pour nous. Nous avons initié le développement d’un grand projet hydroélectrique au Cameroun. Nous avons également créé une filiale au Sénégal où nous avons identifié de bonnes opportunités dans le solaire. Enfin, nous sommes en discussion avec le Gabon pour le développement d’une centrale hydroélectrique.
    - Quels sont les points de vigilance à avoir quand on investit sur des projets aussi longs?
    - La première pour nous est qu’il faut s’assurer de la viabilité du modèle économique. Nos projets sont développés autour de technologies viables économiquement et qui ne nécessitent pas des subventions étatiques. Les investissements que nous réalisons jusqu’ici portent sur l’éolien et l’hydroélectricité au Maroc et essentiellement sur l’hydroélectricité en Côte d’Ivoire et au Cameroun. La gestion active des risques est également un élément essentiel pour assurer la bancabilité des projets, et particulièrement dans des environnements de partenariat public-privé. A ce titre, il est important de souligner que la maîtrise des risques est au cœur du dispositif de développement de Platinum Power, pour chacun des projets développés ainsi qu’au niveau portefeuille. Enfin il est primordial d’instaurer une charte d’éthique aux normes internationales qui s’applique à toute étape du développement et de la réalisation. Ceci est particulièrement important pour assurer une acceptabilité financière. La participation des bailleurs de fonds internationaux en dépend essentiellement. Dans notre secteur d’activité, les questions environnementales et sociales sont tout aussi importantes, sinon plus, que les autres aspects techniques des projets. A cet égard, et pour nous assurer de l’adhésion des différentes parties prenantes, Platinum Power s’est volontairement engagée à développer ses différents projets selon les normes de la Banque mondiale.
    - Faites-vous face à des blocages sur le terrain?
    - Le développement des barrages entraîne des enjeux environnementaux de taille. A cet effet, il est primordial de s’assurer de l’adhésion des parties prenantes au niveau local. Nous collaborons étroitement avec ces dernières, qui apprécient à leur juste valeur nos investissements, notamment en matière d’amélioration d’infrastructures d’accessibilité et de création emplois dans les régions montagneuses où se situent nos projets hydroélectriques.
    De plus, la contribution de nos projets dans l’atteinte des objectifs des politiques publiques relatives à l’augmentation de l’offre énergétique permet une accélération des processus administratifs. A titre d’exemple, au Maroc, il faut noter que l’Etat s’est engagé à atteindre un mix énergétique constitué d’énergies renouvelables à hauteur de 42% (12% d’hydroélectricité) à l’horizon 2020.
    - Que pèse l’Afrique dans le portefeuille de Brookstone Partners?
    - Avec un programme d’investissement de 20 milliards de DH pour la réalisation de plus de 1.000 MW en Afrique, les projets de Platinum Power représentent un poids prépondérant dans le portefeuille de Brookstone Partners. Les bailleurs de fonds internationaux voient en nous un opérateur structuré avec un portefeuille de projets aux normes de développement internationales. Par exemple, la MIGA -branche assurance de la Banque mondiale- nous a octroyé une lettre d’intention à hauteur de 500 millions d’euros de garanties dans les pays où nous opérons sur le continent. Aussi nos projets sont-ils éligibles au financement du programme américain «Power Africa» lancé à l’initiative du président Obama, et dont le budget s’élève à 7 milliards de dollars.
    -Comment jugez-vous les rendements par rapport à d’autres régions?
    -Il est important d’éviter une approche d’investissement spéculative en Afrique: ceux qui recherchent des gains rapides sont souvent déçus. Nous investissons sur le continent depuis six ans, mais il nous faudra encore du temps avant de commencer à générer du revenu. Si l’un des facteurs clés du succès en Afrique est d’avoir une vision à long terme, il faut également avoir une présence locale, c’est-à-dire confier la gestion à une équipe africaine quelle que soit l’origine de l’investisseur. Je tiens à préciser que les perspectives de performance des actifs africains sont les plus élevées parmi le portefeuille de Brookstone Partners.

    Propos recueillis par Franck FAGNON

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