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    Enquête

    Impliquer les éleveurs pour éviter le massacre

    Par L'Economiste | Edition N°:4482 Le 13/03/2015 | Partager
    En leur permettant de chasser, ils pourront contribuer à sauvegarder la ressource
    Eviter le scénario de la Tunisie et l’Algérie, où l’espèce a quasiment disparu

    Khalid Bedhiaf, président de la commission de l’environnement au sein de la Fédération marocaine d’ornithologie, propose de faciliter la tâche aux éleveurs de cette espèce en les dotant d’autorisations lors de la saison de chasse

    - L’Économiste: La chasse illégale ne nuit pas uniquement au chardonneret mais à toute la variété ornithologique...    
    - Khalid Bedhiaf:
    Les gens pensent que la chasse des chardonnerets ne s’exerce qu’à l’ancienne (à la glue). Malheureusement, ce n’est pas le cas.
    La chasse est massive, sans aucun contrôle avec des filets ornithologiques de différentes tailles placés au niveau des cours et  sources d’eau ou espaces naturels à feuillage. Ces braconniers placent un chardonneret femelle à l’intérieur d’une cage pour séduire les mâles qui tombent facilement dans le piège. De plus, ces filets interceptent tous les chardonnerets: mâles, femelles et oisillons. Des prises qui se chiffrent en milliers par jour et nuisent au cycle de reproduction naturelle et  hypothèquent l’avenir de cette espèce menacée. En Tunisie et en Algérie, l’espèce a presque disparu, ce qui explique la connivence entre les braconniers locaux et les réseaux de contrebandiers. Certes, il y a une loi qui punit le braconnage et le commerce des espèces protégées, mais cela ne dissuade guère les contrevenants.

    - Est-ce un commerce qui rapporte gros?
    - Il l’est à plus d’un titre et spécialement pour les réseaux illicites en Algérie. Un chardonneret  adulte, écoulé sur le marché d’Oujda à 70 ou 100 DH, est vendu en Algérie entre 7.000 et 15.000 dinars algériens (600 à 1.400 DH). Le prix des moins jeunes (vendus à Oujda entre 30 et 50 DH)  gravitent autour de 2.000 dinars algériens. Ces chardonnerets arrivent jusqu’en Tunisie et même en France. Le chardonneret marocain est très prisé pour la qualité de son plumage et la singularité de ses gazouillements.
    - Que préconisez-vous pour mettre fin à cette hémorragie?
    - Les amateurs des oiseux sont des passionnés qui trouvent dans les couleurs et les chants de ces passereaux leur plaisir. Souvent, ils contribuent à leur protection. Ils sont les garants de la pérennisation de cette espèce. Malheureusement, ils sont confondus avec les chasseurs qui font cela pour des considérations pécuniaires. L’article 8 de la loi du 9 septembre 2011 sur la chasse préconise la protection du chardonneret. Seulement, il faut l’adapter à la réalité et prendre en considération les propositions des associations et clubs d’amis des oiseaux. La commission de la protection de l’environnement au sein de la Fédération marocaine des oiseaux propose de faciliter la tâche aux éleveurs de cette espèce en les dotant d’autorisations lors de la saison de chasse, pour réaliser huit sorties. Chaque éleveur n’a pas le droit de chasser plus de dix chardonnerets par sortie. Une telle approche est en mesure de protéger cette espèce. Comme elle encouragerait ces amateurs à surveiller les réseaux de trafiquants qui la déciment. Les gardes forestiers ne peuvent à eux seuls protéger la faune. De plus, les campagnes de sensibilisation auprès des écoliers et grand public sont réalisées par ces associations.
    Propos recueillis par
    Ali KHARROUBI

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