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    Culture

    Saïd Taghmaoui
    Les secrets d’une ascension à Hollywood

    Par L'Economiste | Edition N°:4471 Le 26/02/2015 | Partager

    Lorsqu’il ne tourne pas un blockbuster américain ou une série télévisée, l’acteur franco-marocain le plus américain prête son image à des clips vidéos comme pour la série Linear de U2 ou encore plus récemment dans les vidéos de Damian Marley et Skrillex tournées au Maroc

    De passage dans les locaux de L’Economiste, l’acteur international Saïd Taghmaoui se livre sans ambages. Connu pour jongler entre série télévisée et cinéma, mais aussi entre la France, le Maroc et Hollywood, le comédien explique son succès. Les personnages qu’il incarne sont choisis avec soin. De son rôle de Saïd dans le film culte qui l’a propulsé  «La Haine» à celui de prêtre jésuite dans «Touch» ou encore de Breaker dans «G.I Joe» l’acteur d’origine marocaine ne cesse de prouver son talent auprès des grandes stars.

    - L’Economiste : Le public vous à découvert dans le film culte «La Haine» que vous avez d’ailleurs coécrit avec Matthieu Kassovitz.  Une suite du film est prévue. Comptez-vous y participer?
    - Saïd Taghmaoui:
    Matthieu m’a contacté et nous sommes en pleine discussion par rapport à cette question. Cela reste encore un peu flou pour le moment, mais il a déjà mobilisé les troupes pour voir ce qui se passe. On ne sait pas encore quelle forme cela va prendre, s’il s’agira d’une suite directe ou non. Il m’a tout de même communiqué qu’il avait une idée. Je pense qu’indirectement on va être là. Moi je le serais en tout cas puisqu’il ne reste pas grand-monde. Vincent est mort à la fin du film d’une balle dans la tête, et Hubert on ne sait pas ce qui lui est arrivé, la caméra avance et on entend un coup de feu sans savoir ce qui s’est passé.

    -Vous avez joué dans de nombreux blockbusters américains auprès de grands acteurs tels que Clooney, Wahlberg, Mortensen, Kate Winslet… Comment expliquez-vous ce succès  sachant que vous n’êtes pas confiné dans les rôles de «l’arabe de service»?
    -Le travail. Le fait de vouloir faire des choses diamétralement opposées les unes des autres et se battre pour les réussir. Je ne sais pas, tu corresponds à un physique, ou  encore les gens aiment ta façon de jouer. Ce n’est pas une science exacte. Tu fais les choses du mieux que tu peux et tu laisses les gens décider. C’est un métier de rencontres et de désirs, surtout le désir des autres.

    - Après avoir fait partie de casting de séries à grand succès dont «Lost», «Touch» ou encore «The Missing». Quelle aventure vous tenterez dans les séries actuelles?
    - On m’a proposé Game of thrones mais j’ai refusé. Le rôle qu’on me proposait ne me correspondait pas. J’ai une vision de départ que je ne dois pas perdre en chemin. J’ai refusé beaucoup d’autres rôles dans des séries que je n’arrive pas toujours a justifié. Il est important pour moi de jouer des personnages auxquels je peux insuffler quelque chose artistiquement,  qui va transcender et faire que l’on passe au-dessus du rôle de base. Ce sont des mini hold-up subtils que l’on essaye de faire. On gagne cela avec le talent, la sensibilité et la justesse d’interprétation. C’est en tout cas ce que j’essaye d’apporter à mes rôles, j’essaye de me détacher de ce que le rôle nous propose, en étant plus grand, plus vrai ou plus authentique.
    - Entre le cinéma américain, français et marocain, comment faites vous pour vous adapter?
    - C’est la schizophrénie (rires). Je m’adapte tant bien que mal avec les dommages collatéraux que cela peut impliquer. Je ne m’en sors pas toujours indemne, il y a un prix à payer et les gens ne s’en rendent pas compte. Après j’ai mes secrets, comme le sport qui me remet toujours les pieds sur terre, la famille et les valeurs. Je suis né en France ce qui fait que je suis déjà dans un problème d’identité compliqué à la base. Ce que je peux dire c’est que j’apprends en chemin, et je m’applique à ne pas lâcher une branche tant que je n’en ai pas attrapé une autre. L’important c’est d’être en phase avec soi-même et honnête.

    - Avez-vous des projets en cours?
    - Je vais commencer un film qui s’appelle «Infiltrator» de Brad Furman qui a réalisé «Lincoln Lawyer». On va tourner à Londres et à Miami  très bientôt. Tout doucement je réussi mon pari de sortir des personnages stéréotypés et clichés dangereux pour nous et pour ce qu’on représente. Sinon,  la deuxième saison de «The Missing» devrait sortir dans pas longtemps.

    Charlie ou pas Charlie?

    «IL y a un slogan magnifique qui était sorti «Ana Machi chorli» (rires). Je suis pour la liberté d’expression et j’aimerais qu’elle soit totale, mais il y a quelque chose qui m’échappe. L’éducation, la politesse, le respect qui constitue la civilisation et l’humanité manquent à notre société. Ce n’est pas parce que j’ai le droit de t’insulter que je le ferais. Beaucoup de passion s’est cristallisée autour de ce drame. Ce qui m’a le plus touché, c’est le fait que les musulmans ont dû se justifier. En ce qui concerne Charlie Hebdo, ce n’est pas mon humour. Lorsque j’ai découvert les dessins, je les ai trouvés très choquants. Pour moi, il y a d’autres moyens, plus subtiles, plus intelligents, de débattre lorsqu’on n’est pas d’accord avec une religion. En voyant les caricatures je ne comprends pas le message et je n’ai pas envie de comprendre à ce moment-là. Mais cela ne justifie pas le fait qu’on tue des gens pour des dessins».

    Propos recueillis par Aïda BOUAZZA

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