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    Analyse/Education: Tout un plan de bataille

    Par L'Economiste | Edition N°:4459 Le 10/02/2015 | Partager
    Un réseau de coachs pour accompagner les profs dans les classes
    Les directeurs des établissements seront formés
    Des «districts», avec écoles, collèges, lycées et centres de formation

    Rachid Benmokhtar, ministre de l’Education nationale: «Les valeurs et l’éthique à l’école feront aussi partie de nos axes prioritaires»

    L’Education nationale a déjà défini 9 grands thèmes de changement, relatifs à la pédagogie, à la gouvernance, aux ressources humaines,…Avec 23 actions inspirées des meilleures pratiques à l’international, en cours de finalisation. Rachid Benmokhtar ne se fait pas d’illusions. «Ce sera un travail de longue haleine». Les tentatives de réforme du système depuis l’indépendance, on ne les compte plus. Cette fois-ci, sera-t-elle la bonne?
    - L’Economiste: Parmi les 23 actions que vous comptez lancer, quelles sont les plus urgentes?
    - Rachid Benmokhtar:
    L’objectif majeur aujourd’hui, c’est que les élèves des 4 premières années du primaire sachent correctement lire, écrire et calculer, et qu’ils soient éveillés. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui pour la majorité. Nous procèderons à un changement de méthode, de pédagogie, d’outils, … Nous y travaillons avec des experts. Concernant les enseignants, les critères de recrutement seront plus sélectifs. La durée et le contenu de la formation seront modifiés. Nous tâcherons de combler les lacunes des recrues issues des universités. Pour ceux déjà en place, un réseau de coaching sera monté, afin de les accompagner en permanence en classe.
    Par ailleurs, nous ne travaillerons plus en écoles mais en districts, comprenant des écoles primaires, collèges, lycées et centres de formation professionnelle, avec des interactions et de la mobilité. Les valeurs et l’éthique à l’école feront aussi partie de nos axes prioritaires.
    Au niveau de la gouvernance, les directeurs ne seront plus nommés comme ça, ils seront d’abord formés. En matière de langues, leur enseignement sera renforcé dès le collège. Après le bac pro, un parcours professionnel sera proposé aux enfants entre 12 et 15 ans, afin de réduire l’abandon scolaire. Nous nous inspirerons aussi des expériences réussies de la société civile, comme Injaz et Itqane.
    - Pour quand prévoyez-vous ces mesures?
    - Le lancement de tous ces chantiers se fera progressivement. L’année prochaine nous démarrerons avec les problèmes de lecture et d’écriture au primaire, le parcours collégial professionnel et la formation des enseignants.  
    - Vous prônez une nouvelle pédagogie basée sur l’éveil, le travail en équipe,… Mais c’est en fait le principe même de l’approche par compétences qui n’a jamais abouti…
    - Non, l’approche utilisée  aujourd’hui est celle de la discipline par compétence. La notion de discipline devrait se fondre dans une vision beaucoup plus large, car ce n’est pas ce qui va apporter la compétence, mais tout un processus complet, avec des types de comportements en salle, des exercices, des jeux, ... Tout cela sera réalisé progressivement, parce qu’il faut d’abord former les gens, placer des guides, des programmes informatiques, ...
    - Ce projet a-t-il été présenté au Conseil supérieur de l’éducation?
    - Il a déjà été présenté dans sa vision actuelle au Conseil, à sa demande. Il ne faut pas faire d’opposition entre le Conseil et l’Education nationale. D’abord, nous travaillons main dans la main. Ensuite, nos missions sont différentes. Le Conseil doit travailler sur des orientations générales et donner des points de vue. Alors que nous, nous sommes dans l’opérationnel. Pour notre part, nous avons fait la part des choses. Tout ce que nous considérons comme urgent et structurant nous le lançons, indépendamment du Conseil, parce que c’est nécessaire. Nous regardons après les éléments à intégrer afin de répondre aux orientations du Conseil.

    Absentéisme monstre

    La réforme de l’éducation ne peut réussir sans une implication forte des enseignants. Certains pays asiatiques en ont fait la pierre angulaire de leur système, et ça leur a réussi. Comme Singapour qui se classe aujourd’hui à la tête des classements internationaux. Au Maroc, démotivés, ils enregistrent des taux d’absentéisme monstres. 40% des élèves en souffrent, selon le rapport du classement TIMSS 2011, contre une moyenne de 22% dans la région Mena. Par ailleurs, 40% des profs du collège et 54% de ceux du lycée ne dispensent pas le nombre d’heures qui leur est requis, selon la Banque mondiale (Expenditure Review 2013). Mais ce n’est pas seulement de leur faute. Ceci est également dû à «une mauvaise allocation des affectations».

    Propos recueillis par Ahlam NAZIH

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