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    Analyse/Education: L’école, à des années lumière de la génération Z

    Par L'Economiste | Edition N°:4459 Le 10/02/2015 | Partager
    Sa conception est aujourd’hui obsolète, selon le ministre de l’Education nationale
    Les enseignants, de simples instructeurs et non des éducateurs
    L’excellence, loin d’être une question de notes!

    Un modèle, des programmes, et des enseignants appartenant au passé, et des élèves du présent censés être les décideurs du futur. Une formule qui ne pourrait qu’échouer, selon Benmokhtar

    Une vision lucide et «cash». Quand il s’agit de l’école, le ministre de l’Education nationale, Rachid Benmokhar, sait mettre les mots qu’il faut. Le constat est clair, le système d’éducation publique est «malade». Il est même complètement «obsolète». «L’école actuelle est née au 18e  siècle afin de répondre à des besoins du moment. Elle a rempli son rôle, mais maintenant, elle est dépassée», estime le ministre, qui intervenait la semaine dernière dans une conférence organisée par les Rotary Clubs de Casablanca. L’école est, en effet, restée figée, alors que le monde a changé. Elle en est encore à l’ère de la révolution industrielle, alors que l’on est à celle des nouvelles technologies.
    Elle n’a pas non plus su suivre les mutations sociales. «L’école publique marocaine a raté le virage de la transformation sociale», relève l’expert en éducation, Abderrahmane Lahlou, dans son dernier livre, «L’école et l’université à l’épreuve de la transformation sociale». Même si la société lui fait endosser un rôle «éducatif», jadis assumé par la famille, elle se contente toujours de celui de «l’instruction».
    «Les classes ressemblent à des pièces de théâtre dans lesquelles il y a un acteur, l’enseignant, et des spectateurs, les élèves», caricature Benmokhtar. Et c’est là l’un des principaux maux du système. Les enseignants se positionnent en répétiteurs, distillateurs de savoirs que les élèves doivent apprendre par cœur afin de les restituer le jour de l’examen. Ceux qui mémorisent le mieux sont ceux qui récoltent les meilleures notes. Les moyennes des examens sont devenues l’unique mesure de «l’excellence». Les parents ont d’ailleurs fait des mentions une véritable obsession, qu’ils nourrissent à coup de cours de soutien, à outrance.
    Au lieu de favoriser l’éveil des enfants, d’aiguiser leur curiosité, nourrir leur soif d’apprendre, le système les bride dans leurs élans. Il les transforme en machines à apprendre, isolées et portées sur la performance individuelle.
    De par le monde, la tendance est au «learning by doing», au travail de classe en groupe, à l’enseignement par projets que les élèves gèrent eux-mêmes (voir article page II), aux approches ludiques et stimulantes,… autant d’ingrédients aidant les enfants à construire des raisonnements logiques, à développer leur esprit critique, leur sens de l’argumentation, leur créativité, leur sens de la responsabilité, leur confiance en soi… des qualités à même de leur permettre de prendre leur avenir en main, et qui ne peuvent être acquises qu’à travers des actions en groupe. 
    C’est le modèle aujourd’hui prôné par Rachid Benmokhtar, et qui va dans le sens du processus normal d’apprentissage des enfants. Un modèle basé sur l’expérimentation et la construction de «schémas mentaux» que les enfants s’approprient tout au long de leur vie. Dans cette approche, quelques rudiments sont indispensables, à commencer par l’apprentissage des langues nécessaires à la découverte du monde, y compris «celle de la science», les mathématiques, selon le ministre. Il faut également des valeurs, des outils pédagogiques et technologiques appropriés, ainsi que des images. A l’ère des multimédias, l’image devient indispensable pour capter l’attention de la «génération  Z». Sans oublier la «révolution des hommes» du système, les professeurs, directeurs, surveillants,… Ils doivent être préparés à leurs nouvelles missions. Malheureusement, ils enregistrent aujourd’hui des taux d’absentéisme record. Sans formation appropriée, sans référentiel des emplois et compétences, non motivés et non valorisés, ils ne peuvent accompagner le changement.

    Egalité ou équité?

    L’égalité des chances, voilà une phrase qui revient sur toutes les lèvres quand il s’agit d’éducation. Ce fut d’ailleurs l’une des raisons derrière la suppression des «lycées de l’excellence», durant le mandat du ministre Mohamed Louafa (2012-2013), jugés «discriminatoires». Certaines voies s’élèvent aussi actuellement contre le baccalauréat international. «Nous voulons toujours traiter tout le monde de la même manière, or nous avons oublié que la société n’est pas construite autour de l’égalité», estime Rachid Benmokhtar. Afin d’avancer, il faudra opter pour l’équité au lieu de l’égalité, en accordant plus de ressources aux plus défavorisés, notamment dans les centres ruraux et périurbains. Pour le ministre, nous sommes pour l’heure dans un système d’iniquité «totale et complète».

    A.Na

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