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    Régions

    Casablanca
    L’hôtel Lincoln s’effrite de partout

    Par L'Economiste | Edition N°:4459 Le 10/02/2015 | Partager
    Une partie du bâtiment s’est écroulée sur un SDF
    La procédure d’expropriation à son stade final

    L’Hôtel Lincoln, du moins ce qui en reste, continue d’être une menace pour le voisinage immédiat.

    La victime de l’effondrement est un jeune originaire d’Essaouira qui avait trouvé refuge au Lincoln depuis une dizaine d’années à l’instar de beaucoup de SDF dans la zone
     

    Un énième effondrement dans la nuit de dimanche 8 à lundi 9 février a causé le décès d’une personne, et un blessé parmi les SDF qui y trouvent refuge depuis des années. Malgré les structures métalliques censées protéger du risque d’effondrement, une partie de l’édifice s’est écroulée sur les squatteurs de ces lieux, laissés à l’abandon depuis des décennies. La victime est un jeune originaire d’Essaouira qui avait trouvé refuge au Lincoln depuis une dizaine d’année à l’instar de beaucoup de SDF dans la zone. La présence d’agents de sécurité sur place n’a pas dissuadé les squatteurs. «L’hiver, une soixantaine de sans-abri passent la nuit à l’intérieur de l’édifice menaçant ruine», témoigne un habitant du quartier. Certains y ont même aménagé des abris de fortune avec matelas, couvertures, rideaux …
    Sur les lieux, les autorités étaient en train d’évacuer les derniers squatteurs lundi 9 février vers 9h du matin. Quant aux agents de la protection civile, ils devaient procéder avec précaution car le risque d’effondrement de l’ensemble de l’édifice est réel.
    L’immeuble Bessonneau, communément appelé hôtel Lincoln, est l’un des premiers bâtiments du boulevard Mohammed V de Casablanca, ex-bd de la Gare. Il a été conçu en 1919 par l’architecte français Hubert Bride sur une superficie de 2.468 m².
    Fermé et abandonné depuis 1989, l’édifice s’est effondré en février 2009 à la suite de fortes pluies. Depuis, l’opération de rénovation de la bâtisse, inscrite en tant que patrimoine historique et architectural de Casablanca, piétine. «Nous avons essayé de trouver des solutions de rénovation, sans régler le problème du foncier. Ce n’est que dernièrement que l’on s’est rendu compte qu’il fallait commencer par le foncier», avait déclaré à L’Economiste Mohamed Sajid, président du Conseil de la ville. Le maire avait d’ailleurs souligné qu’une opération de rénovation allait être lancée incessamment  (cf. édition du 11 février 2014). Un an plus tard, ce dossier est toujours au point mort.

    C’est l’effondrement de plusieurs dalles qui a causé le décès de l’un des SDF qui squattent le bâtiment en ruine

    En cause, la lenteur des procédures d’expropriation actuellement en cours devant les tribunaux pour fixer le montant des indemnisations au propriétaire. «Les fonds de commerce demandent aussi des indemnisations, ce qui fait traîner davantage les procédures», indique une source auprès de l’Agence urbaine de Casablanca (AUC), qui prend en charge ce dossier. Aujourd’hui, la procédure d’expropriation en est à son stade final. «Elle doit arrêter définitivement le montant d’indemnisation au profit de l’expropriant et statuer sur les demandes d’indemnisation nouvellement introduites par des requérants prétendant détenir des fonds de commerce», poursuit la même source à l’AUC.
    La procédure est non seulement coûteuse en temps, mais aussi sur le plan pécuniaire (frais de la charpente métallique, agents de sécurité …). En effet, un dispositif de protection a été réalisé par une entreprise et un bureau d’études pour protéger les passants contre un éventuel effondrement et un gardiennage est mis en place jour et nuit. Mais au-delà du danger permanent, cet édifice gâche le paysage sur la trajectoire du tramway de Casablanca au niveau du boulevard Mohammed V.
    L’AUC prépare aujourd’hui, en concertation avec le ministère des Finances, le lancement d’un appel à manifestation d’intérêt sur la base d’un cahier des charges, en cours de finalisation avec l’assistance d’un cabinet  juridique. Ce cahier des charges, qui définit les conditions de réalisation, le mode et la durée d’exploitation par un aménageur-développeur spécialisé, sera soumis à l’approbation du prochain conseil d’administration de l’AUC, est-il précisé.
    Aziza EL AFFAS

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