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    Analyse

    Energies renouvelables
    Comment la technologie nous file entre les doigts

    Par L'Economiste | Edition N°:4459 Le 10/02/2015 | Partager
    Le transfert faiblement assuré
    Masen défend le concept «Centrales+Usines»
    A terme, l’agence promet de relever l’intégration industrielle de 30 à 80%

    Sur chacun de ces segments de la chaîne de valeur solaire, le Maroc y a déjà développé de bons acquis. Mais l’absence de valeur ajoutée technologique hypothèque l’émergence de nouveaux métiers

    Nouveaux métiers, export… les ambitions du Royaume dans les énergies renouvelables sont claires, mais les moyens d’y parvenir semblent beaucoup moins évidents. Le Maroc ne bénéficierait même pas de 5% de l’expertise technologique des multinationales engagées dans les différents projets du secteur. Le Plan solaire marocain (PSM) est principalement concerné. Les montages déployés ne permettraient que 30% d’intégration industrielle, constituée globalement de travaux de génie civil, mécanique, câblage et infrastructures. Si Masen promet de relever ce taux au-delà des 50% à terme, la technologie, elle, est encore loin d’être acquise. Cela ferait suite aux exigences de certains bailleurs de fonds, qui ont mis comme condition à la contribution au financement du PSM une clause de non-obligation aux entreprises étrangères de partager leur savoir-faire avec les industriels locaux. Une note de la Banque mondiale, en l’occurrence, serait concernée. L’institution financière est l’un des plus gros bailleurs de fonds du Royaume dans le secteur des énergies renouvelables. Une partie des professionnels du secteur appellent à une renégociation des contrats IPP, pour mieux profiter des retombées d’expertises des grands projets à l’image du complexe Noor de Ouarzazate.
    «Dans la filière solaire, par exemple, la contribution de l’industrie locale se limite aux petits œuvres: génie civil, ouvrages de soudure, fabrication de panneaux et supports métalliques, fourniture d’équipements électriques et câbles, transport de matériels…», relève un expert du secteur. «Dans ce cas de figure, aucune valeur ajoutée n’est possible pour l’appropriation des technologies, d’autant que nous visons les marchés subsahariens à l’export», analyse la même source.
    Dans un contexte de concurrence internationale et de business intelligence, les grandes entreprises sont peu enclines à partager leurs technologies. L’intégration industrielle, telle que déclinée, ne permet que de faire tourner des filières déjà existantes et n’en crée pas de nouvelles. Pour Mustapha Bakkoury, président de directoire de Masen, il est plutôt «tout naturel» que le transfert du know-how ne se fasse pas de façon systématique. «Rien ne se fait de manière spontanée. Cela demande un travail et nous avons déjà quelques résultats dans ce sens. Il faut accompagner cette volonté, l’inciter, la défendre et en démontrer la pertinence. C’est un travail de fourmi qui se fait et qui continuera à se faire pour augmenter à chaque fois cette opportunité», poursuit le dirigeant de Masen. «Les industriels sont dans leur rôle», lance un autre membre du directoire de l’agence. «Dans le cadre des projets à grande échelle, nous privilégions la compétitivité. Pour Noor I, l’offre marocaine, de manière compétitive, ne pouvait contribuer qu’à hauteur de 30%. Pour Noor II et Noor III, nous montons à 35% dans la courbe d’apprentissage. Ce processus-là devrait évoluer ainsi pour atteindre des niveaux potentiels estimés autour de 50 à 80%», poursuit le responsable.
    En tout cas, Masen est bien avancée sur la courbe d’apprentissage sur la base des expériences de développement des premiers projets du PSM. Selon le dernier rapport du ministère des Finances sur les établissements publics, l’agence envisagerait un schéma de développement: «Centrales plus Usines», qui intégrerait, dorénavant, une composante industrielle dans les appels d’offres de développement de centrales par IPP (Independent Power Producers). Le  choix des technologies CSP et photovoltaïque répond au potentiel d’intégration industrielle attendu. Pour Mustapha Bakkoury, il y a encore des axes sur lesquels nous ne sommes pas encore compétitifs dans la chaîne de valeur du secteur». Ce dernier mise justement sur le déploiement du cluster solaire pour mobiliser le tissu industriel national autour des projets du PSM.

    34% d’intégration sur Tarfaya

    Dans le programme éolien national, le taux d’intégration industrielle tourne autour de la moyenne de 34%. C’est le cas par exemple pour l’un des projets phares du programme éolien national, le parc de Tarfaya (300 MW) récemment mis en service. Les mâts des éoliennes qui tournent aujourd’hui sur le site, à Laâyoune, ont été construits par le groupe Delattre Levivier Maroc (DLM), et le groupe Somagec s’est occupé du génie civil. Quant à la nacelle et aux pâles, qui constituent le cœur technologique de ces éoliennes, elles proviennent toutes des unités industrielles du groupe Allemand au Danemark, avec tout ce que cela suppose en chaîne logistique. Dans un récent rapport, la Banque mondiale proposait justement «un compromis entre le déploiement de l’énergie solaire et les objectifs de développement des secteurs manufacturiers nationaux». Cela part surtout du constat selon lequel «les pays imposent souvent aux promoteurs de projets solaires des clauses relatives aux apports locaux, même lorsque cela compromet l’accès à des financements concessionnels ou contrevient aux accords de l’OMC».

    Safall FALL
     

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