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Chronique

Daech et Sissi, les grands marqueurs arabes de 2014
Par Mustapha Tossa

Par L'Economiste | Edition N°:4432 Le 31/12/2014 | Partager

Alors que le monde s'apprête à accueillir la nouvelle année, nombreux sont

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ceux qui s'interrogent sur les grands phénomènes qui ont marqué 2014 dans le monde arabe. Dans le milieu de la  presse, la religion de la rétrospective est très rodée. Une sélection subjective est à l'œuvre pour éclairer une année qui s'évapore et accueillir celle qui s'installe.
Deux événements majeurs ont indubitablement façonné l'année 2014 et configuré presque l'ensemble de sa physionomie. Le premier tourne autour de ce qu'on appelle communément Daech ou l'Etat islamique. Même si son action était déjà à l'œuvre depuis le début de la crise syrienne, 2014 aura été l'année de sa puissance. Ses conquêtes territoriales en Irak et en Syrie, ses ambitions régionales, sa capacité d'attraction qu'il continue d'exercer sur des jeunes arabes et européens ont alerté la conscience internationale. Conséquence immédiate, une mobilisation mondiale et une guerre internationale contre Daech qui est devenue pour l'occasion le cri de ralliement international dans la lutte contre le terrorisme. Russes, Américains, Européens et Arabes ont embarqué dans le même bateau pour conjurer ce sort qui menace la stabilité du monde.
Daech a introduit le monde dans une nouvelle dimension. Son utilisation haute définition des réseaux sociaux pour semer la terreur a donné un sérieux coup de vieux au label terroriste mondialement connu d'Al Qaïda. En provoquant des allégeances successives dans des régions aussi distinctes que le Maghreb ou le Pakistan, Daech a su récupérer la dimension globale qui lui faisait défaut et créer des filiales locales d'une grande dangerosité. Sur le plan des ressources humaines, Daech a su, à travers la toile, diffuser son message et diffuser un argumentaire de recrutement d'une redoutable efficacité. Comme en témoigne l'incroyable nombre des jeunes européens et arabes séduits par les sirènes djihadistes de l'Etat islamique et qui se transforment par la même occasion en cauchemar sécuritaire pour leur pays d'origine.
Le second phénomène qui a marqué l'année 2014 est le président égyptien Abdelfattah Sissi. Sa sortie contre l'islamiste Mohammed Morsi, sa guerre sans merci contre la confrérie des Frères musulmans ont certes changé le cours des événements en Égypte mais a eu un impact au-delà du pays. 

La vague du printemps arabe qui avait porté  les islamistes au pouvoir en Tunisie et s'apprêtait à le faire en Libye et dans d'autres pays du Golfe a connu un  arrêt brusque  à cause du coup de force de Sissi en Égypte. La reprise en main fut violente, autoritaire, reçue comme un coup de massue pour les animateurs de l'aspiration démocratique en Égypte. A cause de la politique de Sissi, la scène politique égyptienne fut clivée entre deux fronts qui se regardent en chiens de faïence. Celui qui pense que la démarche de Sissi est foncièrement liberticide et annonce le retour de l'autoritarisme et du vieux régime. Et celui qui en voit en ce général, devenu maréchal puis président de la République, le sauveur de l'Egypte éternelle menacée par l'idéologie destructrice de l'islamisme triomphant.      
Non content d'avoir donné un coup d'arrêt à l'ascension des Frères musulmans en Égypte, le phénomène Sissi a été à l'origine de la grande mésentente entre les pays du Golfe. Ce fut la grande brouille entre les deux  puissances wahhabites de la région que sont l'Arabie saoudite et le Qatar.  Les divergences furent si vives que la confrontation entre les deux pays a failli sortir de son cadre diplomatique et médiatique déjà effervescent. Sissi fut si important dans ce bras de fer qu'il en est  devenu la monnaie de réconciliation. L'ouverture du Qatar sur Sissi fut d'ailleurs le signe annonciateur de cette réconciliation. Sur un tout autre plan, la victoire de Beji Caïd Essebsi  en Tunisie a des odeurs de revanche qui vient naturellement dans le sillage politique  de la réhabilitation du président  Hosni Moubarak opérée par Sissi comme un signal à multiples significations.
Daech et Sissi ont ceci de particulier, c'est qu'ils peuvent être les facettes antagonistes d'une même pièce. Le monde arabe a vécu cette année 2014 une situation particulière, déchiré par l'enterrement de la tentation démocratique qui avait éclos en 2011.  Et c'est parce que des menaces comme Daech existent que des hommes et des approches comme Sissi sont plébiscités par les opinions arabes.

Issue décisive en 2015

##im2##Deux grandes crises arabes doivent connaître une issue décisive en 2015. La première est la crise syrienne. Des indicateurs politiques laissent penser une accélération dans ce dossier. L’implication des Russes, des Egyptiens, des pays du Golfe sur le point de dépasser leurs divergences politiques, est de nature à favoriser la solution du compromis qui permettrait le retour de la paix en Syrie et par conséquent affaiblir la menace de ce spectre qu’est devenu Daech. La seconde crise arabe touche la Libye. Là, c’est l’effet inverse qui est à l’œuvre. Sa situation s’aggrave et se détériore avec une grande dangerosité. La guerre autour des puits du pétrole fait rage. Devenue un «hub terroriste» pour reprendre l’expression du ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian,  la Libye nécessitera un traitement international auquel la communauté internationale résiste depuis longtemps. Les nombreuses médiations régionales ayant échoué à trouver une solution politique, de nombreux observateurs estiment inévitable une intervention militaire régionale ou internationale en Libye pour stabiliser le pays, désarmer les milices qui favorisent les activités terroristes et qui empêchent qu’un pouvoir central, à vocation nationale, ne s’installe en Libye.

 

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